[eBook.fr]Investir en Bourse

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A la tte du Fidelity Magellan Fund, la plus grande SICAV amricaine, Peter Lynch a fait toucher 20 fois la mise des millions d'Amricains dans les annes quatre-vingts. Il a t jusqu'en 1992 le gestionnaire de fonds le plus connu et le plus mdiatis des Etats-Unis. Ces dernires annes, il est devenu l'ambassadeur itinrant des fonds de Fidelity, la premire socit de gestion de fonds du pays.

Peter Lynch

ET SI VOUS EN SAVIEZ ASSEZ POUR

GAGNER EN BOURSETraduit de l'amricain par Anne Poniatowski

Et si vous en saviez assez pour gagner en Bourse 1999 Valor Editions, 82B avenue des Mimosas, 64700 Hendaye Tel Pans 01 48 78 07 77. Le Journal des Finances, 10 Place du Gnral Catroux, 75017 Paris Simon & Shusler, Simon & Shusler Building, Rockfeller Center, 1230 Avenue of the Americas, New York. New York 10020. COPYRIGHT 1989 BY PETER LYNCH Photographie de Peter Lynch, en couverture Agence Gamma La loi du 11 mars 1957 interdit tes copies ou reproductions destines une utilisation collective Toute reprsentation ou reproduction intgrale ou partielle faite par quelque procd que ce soit, sans consentement de l'auteur ou de ses ayant droits, est illicite et constitue une contrefaon sanctionne par les articles 425 et suivants du Code Pnal ISBN 2-909356-14-0

GAGNER EN BOURSEPrologue: Note d'Irlande Introduction PREMIRE PARTIE : Se prparer investir 1. Comment dnicher les bonnes actions 2. Les Oxymorons de Wall Street 3. S'agit-il d'un jeu de hasard ou non ? 4. Le test du miroir 5. Le march est-il bon ? Soyez gentils, ne posez pas la question DEUXIME PARTIE : Trouver les Gagnants 6. Traquer les 10-Baggers 1, Je l'ai, Je l'ai ! Qu'est-ce que c'est ? 8. L'action parfaire 9. Les actions que j'vite 10. Des bnfices, toujours des bnfices, encore des bnfices 11. Un exercice de deux minutes 12. Trouver les faits 13. Ces fameux chiffres 14. Une nouvelle vrification de l'histoire 15. Les vrifications finales TROISIME PARTIE : Vision long terme 16. Constituer un portefeuille 17. Le meilleur moment pour acheter et vendre 18. Les douze choses les plus btes que l'on dit sur les actions 19. Options, futures et ventes dcouvert 20. Ne faites pas comme tout le monde VII XI 1 3 11 23 33 39 47 49 57 75 91 101 111 119 133 155 159 165 167 175 187 197 203

ET SI VOUS EN SAVIEZ ASSEZ POUR

PROLOGUE

NOTE D'IRLANDEOn ne peut plus aujourd'hui voquer la bourse sans analyser les vnements survenus entre le 16 et le 20 octobre 1987. Ce fut une des semaines les plus tranges de mon existence. Une anne plus tard, un regard plus impartial en arrire me permet de discerner le battage sensation des incidents marquants. Voici dans l'ordre chronologique ce qui vaut la peine d'tre retenu : - le 16 octobre, un vendredi, ma femme, Carolyn, et moi passions une merveilleuse journe parcourir le comt de York en Irlande. Je prends rarement des vacances, et le fait que je voyage est dj extraordinaire par lui-mme. Je ne me suis mme pas arrt pour visiter le sige d'une socit cote. En gnral, je fais un dtour de 160 kilomtres pour obtenir les derniers chiffres des ventes, des stocks, et des bnfices, mais il n'y avait pas l'ombre d'un rapport du Standard & Poor's ou d'un bilan dans un rayon de 250 kilomtres. Nous allmes Blarney Castle, o la lgendaire pierre de Blarney est malencontreusement niche sur un parapet en haut du monument, quelques tages au-dessus du sol. Il faut s'allonger, se tortiller sur une passerelle mtallique au-dessus d'un prcipice fatal et enfin, en agrippant une rambarde rconfortante, embrasser la pierre. L'motion est telle qu'on la dcrit, surtout celle que l'on ressent en y survivant. Nous nous sommes remis de notre expdition Blarney en passant un week-end tranquille jouer au golf - Waterville le samedi et Dooks le dimanche - et nous promener le long du superbe Ring de Kerry. Le 19 octobre, je relevai l'ultime dfi, qui exigea toute l'intelligence et la rsistance dont j'tais capable - les dix-huit trous du parcours de Killeen dans le Killarney, l'un des plus difficiles du monde.VII

Aprs avoir rang mes clubs dans la voiture, je partis avec Carolyn pour l'htel Sceilig, au bord de la mer, sur la pninsule de Dingle. Je devais tre fatigu. Je n'ai pas quitt ma chambre d'htel de tout l'aprs-midi. Ce soir l, nous avons dn avec des amis, Elizabeth et Peter Callery, chez Doyle, un fameux restaurant de poissons. Le lendemain, le 20, nous sommes rentrs.

CES PETITS BOULEVERSEMENTS Bien entendu, j'ai omis quelques petits bouleversements. Aprs coup, ils semblent tout juste dignes d'tre mentionns. Un an aprs, vous tes censs vous souvenir de la chapelle Sixtine, et non pas de l'ampoule que vous avez rcolte en arpentant le Vatican. Mais pour ne rien vous cacher, je vais vous dire ce qui me tracassait : Jeudi, en fin de journe, au moment ou nous partions pour l'Irlande, l'indice Dow Jones des valeurs industrielles avait perdu 48 points, et le vendredi, jour de notre arrive, il perdait encore 108,36 points. Je me suis demand si nous devions vraiment tre en vacances. Je pensais au Dow Jones et non pas Blarney, mme au moment o j'ai embrass la pierre. Durant le week-end, entre deux parties de golf, je partais la recherche de tlphones pour appeler mon bureau et leur indiquer quelles actions il fallait vendre et lesquelles acheter bon prix si le march continuait baisser. Lundi, jour o j'ai jou sur le golf de Killeen Killarney, l'indice mentionn plus haut chutait de 508 points supplmentaires. Grce au dcalage horaire, je finissais ma partie quelques heures avant l'ouverture de Wall Street, sinon j'aurais jou beaucoup plus mal. De la journe de vendredi subsistait un sentiment de mlancolie et de sort funeste qui explique peut-tre (1) que j'ai putt encore plus mal que d'habitude, c'est-dire de faon terrible dans le meilleur des cas, et (2) que je n'ai pas retenu mon score. Le score qui a attir mon attention plus tard ce jour l fut qu'un million d'actionnaires du Magellan Fund venaient de perdre 18 % de leurs avoirs, soit 2 milliards de dollars pendant la sance de lundi. Obsd par ce contretemps, je n'ai pas admir le paysage sur la route de Dingle J'aurais pu me trouver au carrefour de la quarante-deuxime et de Broadway, c'eut t la mme chose. Cet aprs-midi l, je ne faisais pas la sieste l'htel Sceilig comme on pouvait le croire. J'tais au tlphone avec mon bureau, en train de dciderVIII

lesquelles des 15 000 actions de mon fonds devaient tre vendues pour trouver des liquidits et rembourser le nombre exceptionnel de vendeurs. Nous avions assez de liquidits pour des circonstances normales mais insuffisamment pour celles du 19 octobre. Je n'arrivais pas trancher. Etait-ce la fin du monde, allions-nous vers une dpression, ou bien les choses n'taientelles pas aussi graves, et seul Wall Street tait-il au bord de la faillite ? Avec mes associs, nous avons vendu ce que nous avions vendre. Nous nous sommes d'abord dbarrasss de quelques actions britanniques sur le march de Londres. Lundi matin, les cours taient dans l'ensemble plus hauts Londres que sur le march amricain, grce une tempte exceptionnelle qui, le vendredi prcdent, avait oblig le march fermer, lui pargnant ainsi la forte baisse de ce jour l. Puis nous avons vendu New York, surtout l'ouverture, alors que le Dow Jones bien parti pour perdre 508 points, n'avait chut encore que de 150. Ce soir l chez Doyle, je n'aurais pas pu vous dire ce que j'ai mang. Je n'aurais pas distingu un cabillaud d'une crevette alors que notre fonds venait de perdre l'quivalent du PNB d'un petit pays. Nous sommes rentrs le 20 car tous ces vnements me poussaient dsesprment retourner au bureau. C'tait une ventualit que j'avais envisage ds le premier jour. Franchement, j'ai fini par me laisser gagner par ces bouleversements. LES LEONS D'OCTOBRE J'ai toujours t convaincu que les investisseurs devaient ignorer les hauts et les bas du march. Heureusement la grande majorit d'entre eux n'a gure prt attention aux vnements que nous venons de relater. Si on peut considrer cela comme un exemple, moins de trois pour cent du million de dtenteurs de comptes dans le Magellan Fund l'ont quitt pour se rfugier dans des OPCVM (organismes de placements collectif de valeurs mobilires : sicav et fonds communs) montaires durant les moments de dtresse de cette semaine. Vendre, pouss par le dsespoir, revient toujours vendre mal. Mme si le 19 octobre a sem l'inquitude dans votre esprit, vous n'tiez pas oblig de vendre ce jour l - ni mme le suivant -. Vous auriez pu progressivement rduire votre portefeuille d'actions, et sortir du peloton des vendeurs paniques car, partir de dcembre le march repartait. En juin 88 il avait rcupr 400 points, c'est--dire plus de 23 %. Aux nombreuses leons que nous sommes censs avoir tir de cetteIX

semaine d'octobre, j'en rajouterai trois : (1) ne laissez pas de flaux gcher un bon portefeuille; (2) ne laissez pas des ennuis ruiner vos vacances; (3) ne voyagez jamais l'tranger si vous n'avez pas beaucoup de liquide. Je pourrais continuer sur ce sujet pendant plusieurs chapitres mais je ne veux pas vous faire perdre votre temps. Mieux vaut crire sur quelque chose qui vous paratra plus prcieux : comment identifier les meilleures socits. Que ce soit une chute de 108 points ou de 508, les meilleures socits finissent toujours pas russir, les mdiocres chouer, et leurs investisseurs respectifs tre rcompenss en consquence. Mais ds que je me souviendrai de ce que j'ai mang chez Doyle, je vous le dirai.

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NTRODUCTION

LES AVANTAGES DE L'ARGENT BTE C'est l o l'auteur, un investisseur professionnel, promet au lecteur que dans les prochaines pages, il partagera les secrets de son succs. Rgle numro un : n'coutez plus les professionnels ! Vingt ans de mtier m'ont convaincu que toute personne normale utilisant les trois pour cent des capacits de son cerveau pouvait choisir des actions aussi bien, si ce n'est mieux q