Intérêt et limites du diagnostic sérologique des mycoses

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    17-Sep-2016

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<ul><li><p>Analyses serologiques sp6cifiques au cours de processus infectieux : int~r#ts et Iim#es </p><p>INTI RI T ET LIMITES DU DES MYCOSES </p><p>DIAGNOSTIC SEROLOGIQUE </p><p>Marie-Helene Bessi~res a,*, Marie-Denise Linas a, Sophie Cassaing a </p><p>R~sumd </p><p>Dans le cadre du depistage des mycoses profondes, aspergilloses, </p><p>candidoses et cryptococcoses ou des pneumopathies d'hypersen- </p><p>sibilite, le diagnostic serologique est indispensable. La fr6quence </p><p>des examens et les methodes &amp; preconiser varient en fonction </p><p>des pathologies. La mise en evidence d'anticorps specifiques </p><p>et d'antigenes circulants est necessaire pour depister les mycoses </p><p>invasives souvent fatales chez les patients fortement immuno- </p><p>d6primes. Cela impose un suivi serologique regulier des patients </p><p>&amp; risque. Les resultats positifs doivent ~tre confrontes aux donnees </p><p>biocliniques. En particulier, des faux positifs sont observes dans </p><p>la detection d'antig6nes circulants Iors du diagnostic d'aspergillose </p><p>invasive. Du fait de leur sensibilit6, les methodes immunoenzyma- </p><p>tiques ont amelior~ ce diagnostic. Le diagnostic serologique doit </p><p>6tre associe au diagnostic mycologique. II peut, en effet dans cer- </p><p>taines situations pathologiques, authentifier une mycose profonde </p><p>alors que I'agent pathogene est difficile &amp; isoler en culture. II per- </p><p>met, dans ce cas, une mise en traitement precoce par des antifon- </p><p>giques. </p><p>D~pis tage des mycoses profondes - aspergi l loses - candi- </p><p>doses - cryptococcoses - pneumopath ies d 'hypersensib i - </p><p>lit(~ - d iagnost ic sdro log ique - ant icorps - ant ig~nes circu- </p><p>lants. </p><p>Summary : In teres t and l imi ts o f invas ive funga l </p><p>in fec t ions d iagnos is </p><p>For diagnosing invasive fungal infections, aspergillosis, candi- diasis and cryptococcosis or extrinsic allergic alveotitis, immu- nological diagnosis is essential. The frequency of samples and tests recommended for this diagnosis differ in function of pathology. The detection of specific antibodies and cffculating antigens is required for the diagnosis of invasive mycosis fre- quently fatal in immunocompromised patients. A serological fol- low-up of these patients is necessary. Positive results must be compared with clinical signs. Particularly, false positive tests for Aspergillus antigenaemia were observed in the diagnosis of invasive aspergillosis. </p><p>a Laboratoire de parasitelogie-rnycologie Centre hospitalier universitaire Rangueil 1, av. Jean-Poulhes - TSA 50032 B1059 Toulouse cedex 9 </p><p>* Correspondance bessieres.rnh@chu-teulouse.fr </p><p>article re~:u le 8 avril, accept(~ le 23 ao,~t 2004. </p><p> Elsevier SAS. </p><p>Enzyme-linked immunosorbent assays have improved this dia- gnosis because they are more sensitive. Serological diagnosis must be used in association with mycological diagnosis. It can be positive even when fungal cultures were negative. It allows, in that case, an early antifungal therapy. </p><p>Invasive fungal infect ions - aspergi l los is - candidias is - </p><p>cryptococcosis -ext r ins ic a l lergic a lveol i t is - immuno log i - </p><p>cal d iagnos is - specif ic ant ibod ies - c irculat ing ant igens. </p><p>1, Introduction </p><p>D ans le cadre du depistage des mycoses profondes ou des pneu- mopathies d'hypersensibilite, le diagnostic serologique est indis- </p><p>pensable. Aspergilloses, candidoses et cryptococcoses sont les prin- cipales mycoses profondes observees en France. Nous n'aborderons pas le cas des mycoses tropicales. </p><p>Ces affections s6v6res sont souvent fatales chez les patients immu- nodeprim6s, seropositifs au VlH, greffes de moelle, transplantes, ceux atteints d'hemopathies malignes, ou ceux sous chimiotherapie, cor- ticotherapie mais egalement chez les patients des services de soins intensifs et de r6animation. Le diagnostic s6rologique par la mise en 6vidence dans le serum d' anticorps specifiques ou d'antig6nes cir- culants contribue au diagnostic de ces mycoses. II peut dans certaines situations authentifier une mycose profonde, alors que I'agent patho- gene est difficile &amp; isoler. Ce diagnostic exige des qualit6s de sensi- bilit6 et de sp6cificite excellentes pour un diagnostic precoce et une mise en traitement rapide. Les resultats de la s6rologie ne peuvent 6tre interpretes qu'apr6s confrontation du contexte clinique, du statut immu- nitaire, des th6rapeutiques instituees et des examens mycologiques r6alises chez ces patients. </p><p>2. Methodes de diagnostic serologique </p><p>2.1. Prelevements </p><p>Chez les patients pour lesquels une serologie mycosique est pres- crite, la detection des anticorps et des antigenes solubles est rea- lis6e sur le s6rum. II est possible de rechercher des antigenes darts d'autres pr616vements : LCR, LBA et urines. Les echantillons doivent ~tre conserves &amp; +4 C moins d'une semaine. IIs sent ensuite congel6s et conserves au moins un an &amp; -30 C (arrete du 25/04/1 995). </p><p>La frequence des pr616vements et les m6thodes de diagnostic &amp; pra- tiquer sont fonction des pathologies et du statut immunitaire du patient. </p><p>2.2. Detection des anticorps </p><p>2.2.1. Antig~nes utilis~s Des antigenes solubles et figures sont utilises pour ce diagnostic. La majorite sont commercialises, mais certains sont encore prepares au </p><p>Revue Frangaise des Laboratoires, octobre 2004, N 366 61 </p></li><li><p>Analyses s#rologiques specifiques au cours de processus infectieux : inter~ts et limites </p><p>laboratoire. Les antigenes somatiques proviennent du surnageant de broyats de myceliums ou de blastospores de cultures jeunes. Les anti- genes solubles metaboliques extra-cellulaires sont obtenus &amp; partir de filtrats de cultures &amp;gees de champignons en milieu liquide. </p><p>2.2,2. Techniques de d6tection des anticorps </p><p>De nombreuses techniques sont utilisees dans le diagnostic immu- nologique des mycoses : techniques d'immunoprecipitation, immu- nofluorescence, methodes immunoenzymatiques, hemagglutination. </p><p>Techniques d' imrnunoprbcipitat ion [9, 10] </p><p>Ces methodes introduites pour le diagnostic des mycoses depuis plus de 30 ans sont toujours pratiquees. La technique d'Ouchterlony ou double diffusion en gelose (IDD), I'electrosynerese (ELS), I'immuno- electrophorese (IELP) et I'immunoempreinte lIE) permettent la detec- tion d'anticorps precipitants. </p><p>La technique d'Ouchterlony est realisee sur des plaques de verre recou- vertes d'un gel d'agarose. Les antigenes et le serum, deposes dans des puits proches, diffusent dans la gelose pendant 24 &amp; 48 h. La presence d'anticorps seriques se traduit par I'apparition d'un ou plusieurs arcs de precipitation situes dans la zone de gel separant les deux puits. Ces arcs sont visualises par une coloration du gel. Cette methode qualitative a comme inconvenient de foumir un resultat tardif (4 &amp; 5 jours) et de plus exige une quantite importante d'antigenes. </p><p>Ainsi, de nombreux laboratoires preferent utiliser I'electrosynerese (ES), ou immuno-electrodiffusion, methode qualitative, sensible et rapide effec- tuee en moins de 24 h. Elle consiste a faire migrer dans un champ elec- trique antigenes et anticorps, ce qui accelere la migration. Les anticorps charges negativement migrent vers la cathode et les antigenes vers I'anode. Une reaction positive se traduit par la detection d'un ou plusieurs arcs de precipitation. L'ES peut tre realise sur un gel d'agarose ou sur membrane d'acetate de cellulose. </p><p>Lorsqu'un des deux tests, IDD ou ES est positif, une IELP ou une coelec- trosynerese (CoES) dolt etre realisee pour confirmer le resultat. L'IELP, technique de reference, combine I'electrophorese de la suspension anti- genique &amp; une double diffusion dans la gelose des antigenes et des anti- corps. L'interpretation repose sur le nombre et la position des arcs de precipitation, leur forme et leur epaisseur. Elle est moins sensible que les methodes precedentes, mais specifique, car elle permet une ana- lyse qualitative et une Iocalisation des arcs de precipitation. Ainsi, un seul arc de precipitation en IDD peut se traduire en IELP par I'apparition de plusieurs arcs. </p><p>L'IELP a comme inconvenient d'avoir un delai de reponse long. Une modification de la methodologie a ameliore ces performances. C'est I'im- munoelectrophorese rapide (IER). Les resultats sont obtenus dans les 24 h avec des performances identiques &amp; I'IELR Cette methode appli- quee au diagnostic des parasitoses et des mycoses est pratiquee dans notre laboratoire depuis plus de 15 ans (reactif commercialise Paragon Beckman Coulter) [14, 18]. </p><p>En introduisant un serum de reference, la coelectrosynerese permet de valider un test de depistage positif. Un arc est considere comme posi- tif si une identite entre les arcs du serum a. tester et du serum de refe- rence est revelee, ce qui se traduit par une continuite dans les arcs de precipitation. </p><p>En ES, IDD ou IELP, les arcs sont visualises apres coloration par le Bleu de Commassie ou I'amido-Schwartz ou le violet acide. En CoES comme en I ELP, I'activite enzymatique d'un antigene peut 6tre raise en evidence en ajoutant le substrat adequat. La valeur et la qualite des reactions par precipitation cornpensent largement leur manque de sensibilit&amp; </p><p>D'autres techniques peuvent ~tre pratiqu~es pour ne depistage [11] </p><p>[] L'immunofluorescence (IFI) est une de ces techniques, Pour le dia- gnostic des candidoses, les antigenes sont des blastospores obtenues </p><p>62 </p><p>&amp; partir d'une culture de Candida albicans fixes sur des lames. Dans le cas des aspergilloses, les lames sont preparees &amp; partir de coupes &amp; congelation d'organes d'animaux infestes (lapin) par Aspergillus fumi- gatus. Ces preparations sont conservees congelees &amp; -20 C. </p><p>[] La technique d'hemagglutination indirecte (HAGG) est basee sur l'utilisation d'hematies sensibilisees par des antigenes solubles. Elle est de realisation facile et rapide. </p><p>[] Les techniques immunoenzymatiques (EIA) ont une meilleure sen- sibilite que les precedentes. Elles ont comme autre avantage d'etre quantitative, de lecture objective et automatisable. </p><p>En cas de positivite d'un de ces tests ou de discordances entre eux, une technique de confirmation parmi les suivantes COES, IELP ou IE dolt 6tre pratiquee (arrete du 25/04/95). </p><p>Techniques de d#.tection des antig~nes circutants </p><p>Chez les patients profondement immunodeprimes, la mise en evidence d' anticorps seriques est souvent defaillante. La recherche d'antigenes solubles, circulants, relargues dans le sang, les urines, le LCR est dans cette situation plus adaptee. L'objectif est de depister precocement une mycose profonde, aspergillose, candidose ou cryptococcose. IIs peuvent etre recherches par des methodes immunoenzymatiques ou des tests d'agglutination de particules de latex. Les methodes immu- noenzymatiques, tres sensibles, permettent la detection d'antigenes circulants meme s'ils sent excretes en faible quantit&amp; </p><p>3, Applications au diagnostic des mycoses </p><p>3.1. D iagnost ic sero log ique de la c ryptococcose </p><p>La cryptococcose, infection opportuniste due &amp; Cryptococcus neoformans survient generalement chez les patients atteints de sida, de lymphomes, de sarcdr'dose ou sous corticotherapie ou chez les transplantes d'organes. La primo-infection pulmonaire est le plus souvent asymptomatique. Elle est &amp; I'origine de la dissemination du champignon dans I'organisme, en particulier au niveau du systeme nerveux central, &amp; I'origine d'une meningo-encephalite subaigu~, forme clinique la plus frequente. La cryptococcose est observee chez les patients seropositif au VlH dont le nombre de lymphocytes T CD4 est inferieur a 100/mm 3 [4]. </p><p>Le diagnostic serologique de la cryptococcose est un des elements du diagnostic. II repose sur la recherche d'un antigene soluble circulant polysaccharidique de Cryptoceccus neoformans. Au cours de I'infection, un relargage important d'antigenes capsulaires est observe. L'antigene est recherche dans le serum et dans d'autres liquides, LCR, plus rarement LBA ou urines. Plusieurs reactifs permettent la detection de cet antigene. Les techniques les plus utilisees sont des tests d'agglutination de particules de latex sensibilisees par des anticorps polyclonaux diriges contre les antigenes polysaccharidiques, Kit Crypto-LA test (Fumouze), Cryptococcal Antigen Detection System GALAS TM (Meridian Bioscience) et Latex- Crypto Antigen Detection System (Immy) ou par des anticorps monoclonaux, Pastorex Cryptococcus Plus (Biorad). Une technique immunoenzymatique en microplaque est 6galement disponible (Premier Cryptococcal antigen (Meridian Bioscience) [3]. Dans le cadre d'une cryptococcose neuromeningee, il est imperatif d'effectuer une recherche en parallele dans le serum et le LOR. Si le test de depistage est positif, il faut effectuer un titrage. La specificite de ces tests est bonne. La sensibilite est de plus de 95 % dans le serum et proche de 90 % dans le LCR [10]. </p><p>Les tests au latex, faciles b. executer, d'une bonne sensibilite et specificite peuvent etre realises en urgence. IIs sont d'un grand apport dans le diagnostic de cette infection. IIs sont positifs tres </p><p>Revue Frangaise des Laboratoires, octobre 2004, N 366 </p></li><li><p>Analyses s#rologiques specifiques au cours de processus infectieux : int~r~ts et limites </p><p>precocement, en particulier chez les patients atteints de sida. L'EIA a comme inconvenient d'etre difficile &amp; realiser en urgence, alors qu'elle est utile Iorsqu'on traite un hombre important d'echantillons. </p><p>La cinetique de I'antigenemie et de I'antigenorachie est &amp; suivre. II faut effectuer un titrage en utilisant le meme reactif et le realiser dans la meme serie de tests. La diminution des titres indique une reponse positive &amp; la therapeutique. En revanche, I'augmentation des titres temoigne d'une infection en evolution. La detection d'anticorps n'est pas pratiquee pour le diagnostic de cette infection. </p><p>3.2. Diagnostic serologique des candidoses systemiques </p><p>Les infections dues &amp; Candida sont au premier rang des infections nosocomiales fongiques [7]. Les candidoses systemiques sont de plus en plus frequentes et les facteurs favorisants leur survenue mieux definis. L'infection est Nee a la colonisation de differents organes par des levures du genre Candida qui sont habitueNement des commensaux chez les sujets sains. Jk partir de la colonisation, il peut y avoir dissemination dans tout I'organisme [16, 23]. L'infection peut avoir deux origines : soit endogene a partir d'un foyer digestif, I'antibiotherapie a dans ce cas une grande importance car elle induit une croissance de Candida dans le tube digestif, soit exogene a partir d'un acte therapeutique impliquant un traumatisme vasculaire, par exemple la pose de catheter. Chez les patients hospitalises dans les services de cancerologie, la granulocytopenie, consequence de la chimiotherapie, est le facteur de risque le plus important de survenue d'une candidose systemique. Dans les services de reanimation, ces infections surviennent chez des sujets immunodeprimes mais egalement immunocompetents, les facteurs de risque sont la pose de catheter, de sonde urinaire, I'hemodialyse. II en est de meme pour les patients de soins intensifs sou...</p></li></ul>

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