Je me souviens. Témoignage - DIOCESE DE BOMA, ?· quelques éléments pris comme ligne de conduite…

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    12-Sep-2018

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  • Je me souviens.

    Tmoignage dun jeune prtre sur lAbb Maduka

    Mon souci en prenant parole au cours de cette clbration

    jubilaire de notre an lAbb Pierre Maduka est de faire un bref

    tmoignage. Il sagit pour moi de livrer mes sentiments-souvenirs

    par rapport ce que la rencontre avec ce personnage a produit

    dans ma vie. Cela me parat opportun en cette circonstance. Car

    nous ne devrions pas seulement attendre la mort de quelquun

    pour savoir rendre tmoignage et au besoin lui dire merci de ce

    quil a fait dans la vie de biens des gens.

    De la rencontre denfance lide dtre prtre

    Jai connu lAbb Maduka Pierre depuis mon enfance, la fin de

    ma premire anne primaire. Passant en deuxime anne,

    Maman Pascaline nous emmena en cong au village. Nous

    devrions aller voir une de nos grands-mres, la cadette de notre

    grand-mre maternelle Wedi yaya Lezina (Ma Miziki - Grande

    cantatrice du village, surtout aux matanga. Elle tait marie

    Kungu Mbambi, un membre de la famille yi Bula Matadi.

    Kungu-Mbambi, le village de lAbb Pierre, fut une plaque

    tournante lpoque coloniale. Ce fut un grand centre

    administratif belge avec un imposant et important dispensaire

    (kuna vula), le bureau de ltat civil du secteur de Tsundi sud (Ku

    Ka, actuel sige de lInstitut Matondo), une importante plantation

    de caf avec une usine dexploitation tenue par un mundele

    (Ndima dilata). Kungu Mbambi est proche du march de Tende et

    de Makayi Mvuabi, centre commercial de renom tenu par les

    Phutulukezo. Le village lui-mme tait trs grand (comportant des

    quartiers clbres comme Kiseki dont lentre attirait le

    visiteur avec la rsidence coloniale en tage, aujourdhui rduite

    en briques tombantes et croulantes).LAbb Pierre est donc fils de

    Kungu-Mbambi. Do la clbre appellation lui attribue de

    Makungu-Mbambi.

  • Cest le premier prtre noir que jai vu en face de moi, drap de

    sa soutane noire avec ceinture de chastet alors que jtais

    habitu voir un pre blanc la paroisse (Nous appelions les

    acolytes chez nous Boma II : bana mupere). Je lai rencontr

    donc pour la toute premire fois au village de Kungu Mbambi. Car

    une fois en cong, il visitait quotidiennement les gens. Drap de

    sa soutane noire avec ceinture de chastet, il passait de maison

    en maison, se renseignant sur chacun des membres de la famille.

    Il calculait souvent le retour des gens de la fort pour commencer

    ses visites. Cest souvent autour de 16h00 que lopration

    dmarrait. Et malgr la longueur du village, aucune maison

    nchappait sa prsence. Celle-ci marquait alors tout le village

    et en changeait la physionomie et le rythme: messe quotidienne

    la chapelle (le matin ou le soir), retour tt des plantations,

    prudence dans les conflits chez les adultes, srieux chez les

    jeunes qui ne pouvaient plus se comportaient de nimporte quelle

    faon au risque de subir la loi yi Monsieur lAbb. Car toute

    accusation porte contre un enfant par un parent lillustre hte

    du village tait sanctionne svrement : pas de choix et rien

    faire.

    Passant un soir chez nous, je demandais lAbb Pierre si moi

    aussi je pouvais tre comme lui lorsque je serai grand. Sa rponse

    tait positive. Encourag par lacquiescement du matre

    incontest du coin, je commenais parler comme lui, marcher

    comme lui et suivre srieusement les messes quil clbrait. De

    sa prsence au village, une image mest reste trs frappante et a

    certainement marqu ma conscience : lexemple de lAbb (ku

    mona mumpe ke nata phidi na mukongi to ke tekila khaka

    nandi maza. Diambu yayi kotaka munu mingi mpe ya monisaka

    munu ti kuvuanda mumpe kele mbote samu na kusadisa bantu :

    mumpe unnata teko ki mazi mu phidi) en dpit de lloignement

    de la rivire. Comment ds lors un enfant pouvait-il refuser de

    rendre service ? A dire vrai, chaque arrive de labb au village

    tait une histoire et tout le village respirait au rythme de son

    icne.

  • Sur le chemin du sacerdoce : des modles

    Cette image lie lge enfantin se rvlera plus marquante

    lorsque progressant, je retrouverais aprs lavoir perdu plusieurs

    annes, lAbb Pierre Maduka cur Boma II pendant que moi je

    ttonnais sur le chemin du sacerdoce la colline sacre de

    Mbata-Kiela. Cest ici vraiment la priode dempreintes qui maura

    fascin et dtermin porter un choix dcisif. Lors de mon

    anniversaire de cinq ans de sacerdoce, je relisais mon cahier des

    notes personnelles intitul Carrefour de la pense. Et, la page

    8 du tome 1, jai retrouv des lignes intressantes qui constituent

    la base de ce petit tmoignage que jaimerais partager avec vous.

    Cette page est consacre aux personnes qui ont exerc une

    influence positive et mme dcisive dans ma croissance vers le

    sacerdoce. De chacune de ces personnes, jai eu le soin de noter

    quelques lments pris comme ligne de conduite une fois devenu

    prtre.

    Et de lAbb Pierre Maduka, jai retenu trois lments:

    1. La jalousie de son identit : cest la fiert dtre ce que lon

    est et la force de le dfendre tout prix par un

    comportement digne et modle. Il faut dire que labb Pierre

    nous a laiss limage du prtre compagnon de Jsus et ami

    de la cour royale ( du Christ). Cest la noblesse de lidentit

    sacerdotale. Monsieur lAbb vuandaka tubilaka betu kuna

    na cure ti Nganga-Nzambi kele tala-tala(miroir) yina

    banionso fuana tadila. Pidina yandi fuanaka sala keba samu

    ya pasuka ve sinon bantu me zanga nsika ya kutadila diaka.

    On le sentait vraiment un signe qui soit la fois une

    prsence et une rfrence pour les paroissiens. Sa

    prsence engendrait le respect de la cure. Il tait mme

    craint des grands gangs de cette paroisse.

    Paradoxalement, tout en fuyant dentrer la cure, les gens

    souhaitaient y rencontrer lAbb Pierre pour lcouter et

    bnficier de ses conseils.

    2. Lamour de son travail. Il ntait pas difficile et compliqu

    de le constater la paroisse Boma II. LAbb Pierre

  • sinvestissait bien soigner son travail de prtre, ne

    ngligeant rien, allant jusquaux dtails. Trs svre par

    ailleurs, nous lavons vu assurer la formation permanente

    aux acolytes (il les visitait dans leur salle de runion et des

    rptitions, il leur parlait, il veillait beaucoup sur leur faon

    de faire). Tantt on le voyait assister aux rptitions des

    chorales pour corriger les chants. Yandi vuandaka zona

    kukatusa banzimbala na into na yawu. Kansi bambala

    mingi pia yandi vuandaka fukusaka na ntala baacolyte yina

    vuandaka zitisa ve bansiku to kubengana chorale yina

    vuandaka zona ve kulanda bansiku.

    3. La passion et la rigueur liturgiques. Il faut dire que la

    paroisse Boma II aura vcu un style de faire et dtre durant

    le mandat de lAbb Pierre. Qui de lpoque peut oublier sa

    manire de clbrer et ses prdications ? Qui pourra nier

    sont tact liturgique ? Oui, rigueur dans lapplication des

    normes liturgiques, srieux dans lorganisation des

    clbrations et autres activits lies la liturgie, formation

    permanente sur cette question de la liturgie (mme ses

    vicaires). Tenez :

    - Un dimanche matin, un de ses vicaires clbre la

    messe dans lancienne glise. LAbb Pierre est

    conclbrant. Dans lassemble se trouvent aussi les

    abbs-sminaristes Jos-Claude Mbimbi Mbamba Nzola

    (tudiant en thologie/2e anne) et Pamphile Mbadu

    Kumbu, Pakan (finaliste ensoutan de Ngidi), en ministre

    des vacances Boma II. Les deux sminaristes sont en

    soutane avec ceinture de chastet. Le thologien est

    lautel avec surplis et le philosophe trs proche de lautel.

    Un autre grand sminariste est prsent mais il est

    vraiment dans la nef, non visible il na mis que sa

    croisette-. Il sagit de labb Lon-Paul Mbikila

    Mavinga, dheureuse mmoire. Il venait de terminer la

    thologie Jean XXIII. Venu le moment de la communion,

    labb prsident, une fois communi aux deux espces,

    remet les ciboires aux deux jeunes sminaristes en

    ministre et lui regagne son sige de prsidence. Aussitt

  • labb cur Pierre retire le ciboire au jeune philosophe et

    fais signe son vicaire de se lever et lui le remet pour

    aller distribuer la communion. Cet acte suscite un toll

    dans lglise mais tout se passe bien et la messe se

    termine sans problme. Aussitt sortis, et comme le

    voulait la tradition, le cortge de petits sminaristes, se

    rendit la cur saluer le vnrable cur et les autres

    prtres. Le thologien Pierre profita pour nous instruire

    tous :

    Je nai pas voulu que Pamphile distribue la communion

    car il nest quun pieux lac. Quant Jos-Claude, jai

    tolr. Le seul habilet le faire est Lon-Paul . A

    lpoque, je ne sais pas quels sentiments prouvait

    labb Pakan ? Nous ny comprenions rien. Cest bien

    aprs seulement et surtout en ces moments prcis en

    nous appliquant ltude systmatique des normes

    liturgiques que nous y percevions quelque chose.( Lire

    ce propos les rubriques dans des diffrents missels

    Romains , la Prsentation gnrale du Missel Romain,

    Linstruction Redemptionis sacramentum)

    - Une autre fois encore, toujours dans lancienne glise.

    Ctait lui-mme qui prsidait. Une chorale (dont je tais le

    nom) entonna le chant dentre. Ctait exactement Aaa

    Mfumu nge ikele ya kusonga mpe banzengolo, banzengolo

    ya nge ya ke ya kusonga. La chorale avait tellement

    prolong le chant que lAbb prsident na pas hsit de

    commencer la messe par le signe de croix : Na zina et

    toute lassemble rpondit. La chorale reut sur place sa

    leon de ne pas tirer les chants en longueur, surtout que

    labb en avait dj parl il y a peine quelques

    semaines.

    - Je vois aussi labb Pierre un dimanche expliquer dans

    lglise le sens du baiser de paix et comment cela devait

    se raliser.

    Ces quelques exemples montrent suffisance que lAbb

    Pierre accordait beaucoup de srieux aux clbrations.

  • Yawu yina Boma II vuandaka paruase mosi ya nginga na

    yina me tadila mutindu ya kusambidila. Nani yina

    vuandaka zona zanga misa ya mpipa ya Nowele to ya

    Paska ke sadisa Abb Maduka ? Nge meka zanga yawu

    neti kuandi nge sambila ve mvula nionso ya mvimba.

    Bosi diaka, na yina me tadila kubuongimina Ukaristia ya

    santu na misa ya kilumbu ya tanu yantete ya ngonde,

    nani lenda zimbana yawu ti Boma II vuandaka na kifulu

    yannene. La clbration de ladoration pour le premier

    vendredi du mois paraissait comme une spcialit de

    Boma II.

    Kana Abb Maduka ke sadisa misa, nge ke mona ti lokola

    mutindu yankaka yawu me lutila. Na kumonaka mutindu

    yina, mu zuaka lukanu ti mu meka kuma Nganga-

    Nzambi, mu ke banda sambisilaka lokola yandi na Mgr

    Joachim Mbadu. Effectivement, si lAbb Antoine Ngimbi

    Phaka Nkubmeso, vicaire chez nous, jouant aussi la

    guitare, ma lanc sur la voie de prtre-chanteur ou

    musicien, lAbb Pierre Maduka et Mgr Joachim Mbadu

    ont veill ma soif de la pratique liturgique correcte et ont

    aiguis ma passion lart de bien clbrer.

    Je suis convaincu que leur action en moi porte du fruit

    aujourdhui pour le bien de lensemble de tout le peuple

    de Dieu qui est Boma. Merci Monsieur lAbb Pierre,

    Merci De Jeannot muana Kin. Ad multos annos.

    Abb Jean-Claude Diaki. Prtre de Boma.

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