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La causalité des maladies dans la Médecine Darwinienne

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La Médecine Darwinienne est une nouvelle approche que a comme but l’application de la biologie évolutionniste à la médecine, en particulier la théorie de la sélection naturelle pour répondre à la question « pourquoi on tombe malade ». Cette nouvelle perspective se propose comme une pathologie générale avec des implications en clinique et en santé publique. Historiquement, il y a eu un précédent bien délimité dans les années entre 1880 et 1940, période dans laquelle beaucoup des médecins en Amérique et Europe ont essayés de utiliser la théorie Darwinienne pour justifier leur typologies raciales de la maladie. Il est clair que ces deux tentatives, nommées Darwinisme Médicale (1880-1940) et Médecine Darwinienne (1990 jusqu’au présent) sont profondément diverses. Un analyse de respectifs concepts de causalité des maladies peut donner certains éléments sur ces différences et sur la spécificité et fécondité de l’approche contemporaine.

Text of La causalité des maladies dans la Médecine Darwinienne

  • La causalit des maladies dans la Mdecine Darwinienne

    Fabio Zampieri

    University of Padua Medical School Dept. of Diagnostic Medical Sciences and Special Therapies

    Section of Medical Humanities [email protected]

    Rsum:

    La Mdecine Darwinienne est une nouvelle approche que a comme but

    lapplication de la biologie volutionniste la mdecine, en particulier la thorie

    de la slection naturelle pour rpondre la question pourquoi on tombe

    malade . Cette nouvelle perspective se propose comme une pathologie gnrale

    avec des implications en clinique et en sant publique. Historiquement, il y a eu

    un prcdent bien dlimit dans les annes entre 1880 et 1940, priode dans

    laquelle beaucoup des mdecins en Amrique et Europe ont essays de utiliser la

    thorie Darwinienne pour justifier leur typologies raciales de la maladie. Il est

    clair que ces deux tentatives, nommes Darwinisme Mdicale (1880-1940) et

    Mdecine Darwinienne (1990 jusquau prsent) sont profondment diverses. Un

    analyse de respectifs concepts de causalit des maladies peut donner certains

    lments sur ces diffrences et sur la spcificit et fcondit de lapproche

    contemporaine.

    Mots-clefs: Darwinisme Mdicale, Mdecine Darwinienne, volution, slection

    naturelle.

    Abstract:

    The causality of illness in Darwinian Medicine

    Darwinian Medicine is a new discipline whose aim is to apply evolutionary biology

    to medicine, in particular the theory of natural selection for answering to the

    1

  • 2

    question of why we get sick. This new perspective proposes itself such as a

    general pathology with some implications in clinic and public health. Historically,

    there has been a precedent well delimited in the decades from 1880 to 1940,

    period in which some doctors in America and Europe tried to use Darwinian

    theory in particular for justifying their racial typologies of disease. It is clear that

    these two attempts, named Medical Darwinism (1880-1940) and Darwinian

    Medicine (1990 to now) are profoundly different. An analysis on the respective

    concepts of disease causation can give some clear insights about these

    differences and the specificity and fecundity of the contemporary approach.

    Keywords: Medical Darwinism, Darwinian Medicine, Evolution, Natural Selection.

    Date of reception: September 2009

    Final version: December 2009

  • 3

    Le Darwinisme en Mdecine: Darwinisme Mdicale (1880-1940) et Mdecine

    Darwinienne (1990-2009)

    La mdecine occidentale a essay en plusieurs reprises de semparer du Darwinisme et

    plus en gnral de la thorie de lvolution, en essayant de les appliquer ltude et au

    traitement de la maladie. Pourtant, lhistorie des rapports entre mdecine et Darwinisme est

    lhistoire dun amour difficile, dans la forme peut-tre dun relation extraconjugale avec des

    haut et de bas, des interruptions et des rconciliations, et jamais, jusqu maintenant, il est

    arriv une complte maturit, ni produit une progniture saine et fconde cest--dire un

    mouvement de pense et un pratique scientifique capable de simposer comme une discipline

    autonome. Seulement partir de quelques annes en arrire, on est en prsence dune

    tentative qui promette beaucoup, nomm Mdecine Darwinienne.

    En se basant sur les sources bibliographiques mdicales, on peut soutenir que il y a eu

    deux priodes distinctes dans lesquelles le Darwinisme fut particulirement populaire parmi les

    mdecins.

    La premire se droule entre 1880 et 1940 et il a t nomm Darwinisme Mdicale

    (Zampieri, 2006, 2007, 2009a, 2009b). Cest une longe priode historique, dans laquelle la

    culture occidentale subit des normes transformations, les socits et la politiques furent

    profondment changes par des guerre et rvoltes.

    En particulier, la mdecine change son statut pistmologique, en portant terme un

    processus qui la voit devenir, au moins dans son aspect extrieur, une science tout cour, fidle

    au paradigme exprimentale, aux pratiques de laboratoire, la formalisation mathmatique, et

    la promotion des nouvelles techniques et technologies mme si ce processus na pas t

    exempt des critiques et des nouvelles rflexions (Lichtenthaeler, 1978; Premuda, 1998).

    Bactriologie, microbiologie, physiologie exprimentale et pathologie cellulaire, en France et en

    Allemagne, sont t les disciplines plus reprsentatives de ce mouvement avec ses hros

    nationaux: Magendie, Bichat (nanmoins son vitalisme), Bernard et Pasteur pour la France,

    Mller, Schwann, Kock et Virchow pour lAllemagne (Holmes, 1998; Fantini, 1998).

    La mdecine vive aussi la redcouvert de lindividu lindividualisme de la culture fin

    de sicle, sa valorisation contre toutes formes des superstructures thoriques, idologiques et

    sociales. La clinique mdicale, surtout, revendique limportance de lindividualit du patient

    malade, le fait que sa pathologie est irrductible le concept de maladie comme une entit

    mesurable, autonome et toujours gale elle mme (Ackerknecht, 1957; Grmeck, 1995, 1998).

    Au mme temps la mdecine, en plusieurs cas, essaye de construire une science de

  • 4

    lindividualit. Beaucoup des cliniciens, physiologistes et psychiatres commencent mesurer les

    corps, ses ractions physiologiques et psychologiques, et analyser le fluides en essayant de

    construire des types biologiques fondamentaux avec lesquelles mieux dfinir les dispositions

    individuelles la sant et la maladie (Grmeck, 1998; Bear, 1993; Zampieri, 2007, 2009b).

    Le Darwinisme sinsinue en cette changement dune manire trs complexe et

    multiforme, parfois en faveur et parfois contraire la validit du paradigme exprimental,

    parfois en faveur et parfois en direction contraire au lindividualisme. Au mme temps, le

    Darwinisme mme, entre le 1880 et le 1940, change profondment, jusqu se redfinir comme

    Neo-darwinisme, grce la redcouvert des lois des Mendel et lapplication de lanalyse

    mathmatique aux changements gntiques.

    Cependant, on pense que lon peut tenir ensemble la priode entre 1880 et 1940 dans

    une dfinition unique, parce que travers cette soixante ans on trouve, dans les sources

    bibliographiques, une surprenant unit problmatique (mme si les problmes sont parfois

    rsolus dune manire oppos) et on trouve, notre avis, un caractristique commun de fond,

    relatif, comme on verra, lexplication de la persistance des maladies humaines travers

    lhistoire volutive (Zampieri, 2006, 2007).

    Tout dabord, le Darwinisme Mdical a explor principalement trois areas

    problmatiques: la disposition hrditaire les maladies, lvolution des maladies infectieuses,

    et les maladies de la civilisation.

    La disposition hrditaire a t explore par les concepts de diathse et de constitution.

    La diathse est une ide mdicale qui a eu une longue histoire, partir dj dHippocrate et de

    Galien, mais il a eu son priode de majeure popularit dans le XIX sicle. Les diathses vont

    combler lespace vide laiss par le dfinitif dclin de la thorie des Tempraments au dbut de

    cette sicle, parce que se rfrrent la conformation structurelle et fonctionnelle de lindividu

    (comme les Tempraments) qui le rende vulnrable une certaine famille des maladies (Lery,

    1912; Ciocco, 1936; Ackerknecht, 1982; Bynum, 1983). Par exemple, il y avait la diathse

    rhumatode, qui tait la prdisposition individuelle, hrditaire ou acquise, souffrir des toutes

    sortes des inflammations des jointures (Hutchinson, 1884). Dans la deuxime moiti du XIX

    sicle, en suivant le mouvement exprimental de la mdecine, aussi la thorie des diathses

    essaye de se fonder sur une quelque base scientifique, et elle trouve son appui sur la thorie de

    lvolution Darwinienne (Bynum 1983; Zampieri 2006, 2007). Ainsi, les diathses sont

    interprtes comme des caractristiques biologiques qui dpendent de lvolution dun

    particulier system organique, principalement hrditaires dune manire pure, ou acquises par

    les habitudes de vie et puis transmises par voie hrditaire. La diathse rhumatode par

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    exemple, dpendait de lvolution, dans la famille des mammifres, du squelette interne, dans

    le fait que la squelette a des jointures quils peuvent tre vulnrables les inflammations

    (Brakenridge, 1869 et Hutchinson, 1884).

    partir de la fin du XIX sicle, le concept de diathse fut absorb par le

    constitutionalisme, un mouvement de pense mdicale active surtout en Angleterre, Allemagne,

    Italie et Etats-Unis (en partie, aussi en France, avec, en particulier, Claude Sigaud [1862-1921])

    (Federspil, 1989; Tracy, 1992; Olby, 1993; Burgio, 1995; Porter, 1996; Lawrence et Weisz,

    1998; Grmek, 1998; et Zampieri 2007). Le constitutionalisme se proposait de tudier les

    constitutions individuelles des malades, soit dun point de vue des proportions et dimensions

    corporelles, soit dun point de vue des caractristiques fonctionnelles et psychologiques. Le but

    de cette enqute tait didentifier des constitutions fondamentales avec lesquelles ordonner la

    variabilit humaine, catgories qui impliquaient des prdispositions typiques la sant et la

    maladie qui, leur tour, pouvaient aider les mdecins dans la prvention, lindividualisation des

    maladies et dans la cure individuelle du malade. Une des premiers (et plus controverse)

    constitution typique individue par divers cliniciens, par exemple, fut la constitution

    tuberculeux, diffremment nomme par les divers auteurs, caractrise par haut stature,

    maigrisse et poitrine pas bien dvelopp (voir, par exemple: De Giovanni, 1891). Controverse,

    parce que les cliniciens constitutionalistes arrivaient soutenir quun individu de constitution

    tuberculeux pouvait, pour le simple fait de possder ce type de constitution, contracter la

    tuberculose mme sans avoir t expos la prsence du bactrie (De Giovanni, 1891; Brown,

    2001).

    Aussi dans le cas du constitutionalisme, le Darwinisme fut la perspective fondamental

    travers laquelle prsenter les divers constitution comme volutions des types biologiques

    hrditaires (Ghigi, 1925). Dans le cas du constitutionalisme, les caractristiques positives, ou

    adaptatives, de chaque type constitutionnel, taient considres comme produites par la

    slection naturelle (Kretschmer, 1925 et Zampieri, 2009a, 2009b).

    La thorie des diathses et le constitutionalisme disparatraient dans la mdecine aprs

    la Deuxime Guerre Mondiale par divers raisons qui sont trop complexes et nombreuses pour

    tre traites ici. En rsumant, on peut cataloguer trois divers raisons: a) la mdecine devienne

    dfinitivement une science exprimentale compose par divers disciplines trs spcialises, ce

    qui rendait impossible continuer dans lapproche holistique sur lequel se basaient les concepts

    de diathse et constitution (Lawrence et Weisz, 1998; Corbellini, 2002); b) on dcouvrait la

    cause spcifique dun grand partie des maladies considres comme diathsiques ou

    constitutionnelles (Burgio, 1995; Porter, 1996); c) certains ides du constitutionalisme furent

  • 6

    utilises par leugnisme aux Etats-Unis et les nazi-fascistes en Italie et Allemagne (Bynum,

    1983; Grmek, 1998).

    La discussion propos de lvolution des maladies infectieuses (deuxime thme

    principale du Darwinisme Mdical ancien) commenait avec lexplosion de la bactriologie et de

    la microbiologie en France et en Allemagne. Au dbut, la thorie Darwinienne fut utilise par les

    cliniciens et le pathologiste pour contrecarrer limportance que venait donne de plus en plus

    la thorie des germes (Fantini, 1998).

    Dun cot, le cliniciens contestaient lexcessive importance que, a leur avis, venait

    donne la cause externe de la maladie infectieuse, cest--dire au micro-organisme, en

    soulignant le fait quil tait galement important le terrain individuelle, la constitution, ou la

    capacit de raction de lorganisme face linvasion bactrien, comme on a dj soulign

    propos de la constitution tuberculeux (De Giovanni, 1891; Bynum, 1983). Dans ce cas, le

    bactrie tait conu comme la cause excitante de la maladie, tandis que la constitution tait la

    cause prdisposant (Bland-Sutton, 1890; Hurst, 1927; Burgio, 1995)

    Dun autre cot, certains pathologistes contestaient lide de la spcificit de linfection

    comme consquence de la spcificit de lespce bactrienne responsable. La rgle un

    bactrie, un maladie infectieuse fut mise en discussion en soutenant quil ny avait pas des

    espces stables des bactries, parce quils voluent dun manire tellement vite quil tait

    impossible la fixation des types. Pour cela, les bactries responsables dun type de maladie

    pouvaient tre responsables aussi des autres types des pathologies au cours dun mme

    infection individuelle (Millican, 1893; Aitken, 1885; Adami, 1918). Ce conclusion tait soutenue

    par lobservation clinique, selon laquelle on voyait souvent un individu tomber malade de

    scarlatine et tout de suite aprs aussi de diphtrie (Anonyme, 1886; Zampieri, 2006).

    Seulement partir du XX sicle Darwinisme et microbiologie trouvaient un accord, en

    refusant lide de la transformation continue des espces bactriennes (Nicolle, 1930, 1933) et

    en posant les bases pour lactuelle dveloppement dune microbiologie volutive.

    En fin, le concept des maladies de civilisation a t le troisime argument principal du

    Darwinisme Mdicale. Ce concept est ancien comme celui de diathse, parce quil se rapporte

    aux maladies causes par les caractristiques du milieu externe, comme la qualit de lair, des

    eaux, de la nourriture, etcetera. Pourtant, cette problmatique est devenue prpondrante dans

    la rflexion mdicale surtout partir de la deuxime moiti du XIX sicle, quand les problmes

    de la pollution industrielle et du surpeuplement des mtropolies commenaient causer des

    pidmies de plus en plus importantes. Lvolutionnisme Darwinienne fournit une srie des

    concepts pour mieux dfinir et fonder cette problmatique. Tout dabord, il fournit lide que les

  • 7

    maladies, comme les espces, voluent dans lhistoire (Paget, 1882). En autre, fournit un

    modle hrditaire pour expliquer la diffusion des maladies de la civilisation, bas

    principalement sur le concept de dgnration (Ackerknecht, 1957). La dgnration des

    certaines classes sociales urbaines tait considre comme cause par la diffusion par voie

    hrditaire des caractristiques pathologiques acquises par laction de la pollution et du

    surpeuplement. En autre, la dgnration tait explique par le fait que dans lespce humaine

    la slection naturelle avait moins force que dans les autres populations naturelles, parce que la

    civilit permettait de faire survivre aussi les individus plus faibles qui seraient morts dans une

    situation plus naturel ou sauvage (Tait, 1869). Les concepts eugniques commenaient ainsi

    pntrer dans tous les secteurs de la culture, en contribuant lmergence dune mdecine

    prventive qui fut un de plus tristes chapitres de lhistorie du Darwinisme, de lart mdical e de

    la culture en gnral (Kevles, 1985).

    Entre Darwinisme Mdicale (1880-1940) et Mdecine Darwinienne (1991-2009) il y a eu

    un priode doubli du Darwinisme par la mdecine. Les raisons de cette processus vont au de l

    des finalits de cet articles (voir Zampieri, 2006).

    Lacte de naissance de la Mdecine Darwinienne contemporaine se trouve dans un

    article de George Williams, clbre biologiste volutionniste amricaine, et Randolph Nesse,

    psychiatre de lUniversit du Michigan, paru en mars 1991 dans The Quarterly Review of

    Biology (Williams et Nesse, 1991). Les autres textes fondamentaux sont la monographie sur la

    Microbiologie volutionniste de Paul Ewald du 1993 (Ewald, 1993), la monographie gnrale de

    Nesse et Williams mmes, apparue en 1994 (Nesse et Williams, 1994), la monographie sur la

    Psychiatrie Darwinienne de McGuire et Troisi (McGuire et Troisi, 1998), et les textes dits

    respectivement par Stephen Stearns (Stearns, 1999; une nouvelle dition est apparue en 2008:

    Stearns et Koella, 2008) et les anthropologues Wenda Trevathan, James McKenna et Euclid

    Smith (Trevathan, McKenna et Smith 1999; ici aussi on a une deuxime dition, publie en

    2007). Rcemment a t ouvert aussi un portal Internet sur lequel on peut trouver toutes les

    derniers nouveauts de la discipline: www.evolutionandmedicine.org.

    Sur la nature de la Mdecine Darwinienne actuelle le dbat est encore ouvert. On est

    mme pas sure du nome, parce que certains auteurs lappelle Mdecine Darwinienne (Nesse,

    en particulier) et des autres prfrent le terme Mdecine Evolutionniste. Nesse la concevais

    comme une discipline autonome fonde sur la thorie de la slection naturelle et sur le concept

    de vulnrabilit, des autres la vois comme le rsultat de linteraction des divers disciplines et

    divers concepts sans une structure unique profonde.

  • 8

    Quoi quil en soit, on crois quon peut trouver une unit thmatique assez dfinie dans

    la Mdecine Darwinienne (nous, on prfre cette dfinition). Tout dabord, la thorie de

    lvolution est applique avec le but commun de trouver des traits ou des aspects adaptatives

    quils puissent expliquer la persistance des maladies dans lhistoire humaine. Ainsi, par exemple,

    le cancer est expliqu par la ncessit davoir un mcanisme de rparation des tissues bas sur

    un spcifique prolifration cellulaire. Le cancer, donc, peut tre vu comme le cot dun bnfice

    fonctionnel (Buss, 1987; Williams et Nesse, 1991; Williams, 1998; on ne peut pas entrer en

    dtail sur cet argument spcifique qui, dailleurs, est loin de trouver une bonne solution; notre

    but ici tait seulement de donner un exemple du type de raisonnement de la Mdecine

    Darwinienne).

    Deuxime, les adaptations pathologiques sont recherches travers trois perspectives

    principales, nanmoins la grand varit des disciplines impliques dans ce processus.

    La premire perspective est anthropologique. On cerce dans lhistoire de la formation

    de lespce humaine et de son rapport avec le milieu les raisons des plusieurs maladies lies

    substantiellement la diffrence entre le milieu o lespce humaine cest forme

    (essentiellement la Savannah du Plistocne cet concept est plutt controvers, mais il nest

    pas possible ici dentrer dans le dtails du problme) et le milieu actuelle celui commenc

    avec lagriculture et llevage, pour nous entendre. Par exemple, dans le milieu prhistorique,

    pauvre des sources de sucre et de gras, il tait adaptif davoir un mtabolisme qui conservait

    ces substances dans lorganisme le plus longtemps possible, tandis que ce mme

    caractristique, dans le milieu actuelle, il semble tre parmi les causes qui prdisposent

    lobsit et au diabte (Neel, 1982).

    La deuxime perspective fondamentale de la Mdecine Darwinienne est gntique. On

    cherche les gnes impliqus dans les maladies et on essaye de trouver des interactions des

    gnes, la base des pathologies, avec des fonctions adaptatives pour expliquer leur

    permanence dans lespce humaine. On a propos lide, par exemple, que certains gnes quils

    favorisent des maladies dgnratives comme artriosclrose ou Alzheimer aient des effets

    positives, en terme de vitalit et de fcondit, dans la jeunesse de lorganisme (Williams, 1957;

    Williams et Nesse, 1994) ide trs intressante, fonde sur des modles mathmatiques et

    sur le bien vrifi concept de pliotropie gntique, mais quil na pas encore trouve une

    prouve exprimentale. Ou bien, on explique la permanence des gnes pathologiques pour le

    fait que leur actions se droulent seulement aprs la priode reproductive, en chappant ainsi

    la maximale pression slective adverse, comme dans le cas de la Core de Huntington (maladie

    dgnrative mortelle que se manifeste aprs la quarantaine).

  • 9

    La troisime perspective est celle de la microbiologie volutive. Vu que grand part des

    maladies sont causes par des bactries ou des virus, il faut expliquer pourquoi lorganisme

    hte (dans ce cas: nous humains) na pas volu des dfenses contre toutes sortes des micro-

    organismes. Les explications sont plusieurs, partir du simple fait que les microorganismes se

    reproduisent plus vite que nous, et donc ils ont la possibilit de sadapter toutes les nouvelles

    dfenses quon peut mettre en place (Ewald, 1993). En plus, lvolution de la virulence dpend

    de plusieurs facteurs, et en prsence dun bon vecteur la virulence peut augmenter dune

    manire exponentielle (Ewald, 1994).

    Ces trois perspectives ne sont pas mutuellement exclusives, ni sont attaches une

    seule discipline, mais elles collaborent rciproquement en crant des nouveaux programmes

    exprimentales transversales entre disciplines biologiques et mdicales, avec lapproche

    volutive comme structure de rfrence.

    Ainsi, part beaucoup dautres diffrences plus superficielles, on croit quentre

    Darwinisme Mdicale et Mdecine Darwinienne il a une diffrence de fond substantielle. Quil

    traite des maladies de la civilisation, des maladies infectieuses ou de diathse et constitution, le

    Darwinisme Mdical justifiait la nature et la persistance des traits pathologiques dans lvolution

    humaine par le fait que certains caractres ngatifs chappent la slection naturelle. Le

    raisonnement cl est le suivant: puisque la slection naturelle passe par llimination des traits

    ngatifs et la conservation des traits positifs pour la vie et la reproduction de lindividu, un trait

    ngatif ne se maintient de gnration en gnration quen chappant cette mme slection.

    Comme on la vu, la Mdecine Darwinienne contemporaine soutient un raisonnement oppos: si

    les caractristiques pathologiques humaines ont traverses les sicles sans disparatre, cela

    signifie que ces caractristiques ont t constitues et maintenues au moins en partie par la

    slection naturelle. En fait, le but principal de la Mdecine Darwinienne est prcisment de

    comprendre lventuelle signification adaptative de chaque pathologie humaine.

    La causalit des maladies dans le Darwinisme Mdical (1880-1940)

    Larticle Cause, du clbre Dictionnaire des science mdicales dit par Panckouke

    Paris entre 1812 et 1822, nous fournit un expos trs intressant de la question, sign par le

    docteur tienne Pariset (1770-1847), quil se preste bien le fil du raisonnement quon veut

    suivre. Les points cruciaux sont les suivants:

  • 10

    1) Lide de cause est une ide de pure relation (Pariset, 1813, p.356). Se rfrant

    la philosophie naturelle du 18e sicle, et selon un position Humienne, Pariset admet que cause

    et effet sont deux vnements que lesprit humain lie seulement sur la base dune succession

    temporel, sans pouvoir approcher les mcanismes profonds qui dterminent cet mme

    succession. Ce qui reste inconnu est donc le pouvoir lorigine de la production dun effet

    par une cause, mme si cela nimplique pas limpossibilit de construire une science positive.

    2) Dans la nature, la srie des causes et des effets est linaire et on peut, tant donn

    un certain effet, remonter jusqu la premire cause selon un ordre temporel et vice versa.

    Par contre, dans lconomie des animaux (Pariset, 1813, p.359), la srie des phnomnes est

    dispose en cercle, dans le sens o chaque phnomne est en mme temps cause et effet et

    que toutes les phnomnes sont sur le mme plan et dpendent les uns des autres. Causes et

    effets, dans les phnomnes vitaux, ne sont pas constants, parce quune mme cause peut

    produire des effets diffrents diffrents moments dans le mme organisme, ou bien des effets

    diffrents dans des organismes diffrents.

    3) Dailleurs, Pariset fait une distinction en mdecine entre ltat maladif et lacte

    maladif. Le premier est un tat de lorganisation matriel ou de lexercice des proprits

    vitales qui est plus ou moins loign de ltat de sant parfait. Le second, en revanche, est un

    ordre nouveau qui drive du premier qui est caus par le premier et qui le modifie pour

    arriver la gurison, ou une autre tat maladif, ou la mort.

    4) [] Pour qui veut porter aussi loin que possible la recherche des causes dans les

    maladies, il y a toujours au-del de celles qui se manifestent, une dernire cause que les sens

    ne peuvent atteindre, que lesprit ne peut saisir, et que par une hyperbole emprunte du

    langage ordinaire, Hippocrate appelait surnaturelle et divine (Pariset, 1813, p.363). La cause

    ultime de la maladie nous reste donc inaccessible.

    Il semble que ce point de vue puisse saccorder avec la conception contemporaine selon

    laquelle le concept de condition a t substitu concept de cause.1 En effet, Pariset nie la

    possibilit de concevoir la cause comme un pouvoir de production des phnomnes; il met en

    vidence la circularit des causes et des effets dans les organismes, et parle dun tat

    1 partir de la deuxime moiti du XX sicle, le concept de cause en maladie a t substitu par le concept de

    condition, parce que est devenu clair que dans chaque maladie individuelle il y a plusieurs conditions qui dterminent

    la pathologie dun faon si complexe qui rsulte impossible dterminer un priorit. Il y a donc, dans les maladies, des

    conditions ncessaires pour son dveloppement, mais il est impossible de dterminer a priori la condition suffisante

    (Grmek, 1998, p. 244-245).

  • 11

    maladif trs complexe et compos par un grand varit dlments causant lacte maladif en

    de milliers des combinaisons diffrentes.

    Au cours des dcennies suivantes larticle de Pariset, surtout partir du 1870 et

    jusquaux annes 1940, on note une sorte de pas en arrire, mais qui a t d aux progrs de

    la science mdicale e biologique, dans le sens quon revient la conception de la cause comme

    pouvoir de produire des effets. Ainsi, dans la 13e dition du Dictionnaire de mdecine de Littr

    et Robin de 1873, la cause est dfinie comme [] ce qui produit un effet (Littr et Robin,

    1873, p.244) et on parle aussi des causes dterminantes spcifiques comme des causes qui

    [] donnent lieu une maladie quelles seules peuvent produire, comme la rage, la variole

    [] (Littr et Robin, 1873, p.244). La rfrence la microbiologie est absolument claire. En

    effet, la naissance de la microbiologie avait suscit lide que le micro-organisme tait la cause

    ncessaire et spcifique de lmergence de la maladie. Si cette ide tait correcte, elle

    conduisait concevoir le micro-organisme comme lentit ayant le pouvoir de causer la maladie

    et comme le seul responsable de la manifestation pathologique, donc comme une cause

    spcifique, ncessaire et suffisante. Mais cette interprtation tait toute thorique parce quil

    ny avait pas un mdecin, entre 1880 et 1940, qui ne reconnaissait pas limportance du terrain

    biologique en ce qui concernait le dveloppement de linfection, ou qui refusait le fait quun

    micro-organisme navait pas toujours le pouvoir de causer une maladie. Lattention porte par

    les microbiologistes aux causes externes de la maladie fut contrecarre par des cliniciens et

    pathologistes qui, se rfrant au Darwinisme, ont propos des thories volutives des maladies

    dans la perspective du Darwinisme Mdical prcdemment dfini. Ici revient la question de la

    cause ultime de la maladie, mais avec un fondement biologique: lvolution. En ralit, les

    mdecins Darwinistes parlaient de cause lointaine oppose la cause prochaine mais on

    peut parler de cause ultime parce quelle tait considre comme lorigine des toutes les autres.

    Si les micro-organismes taient ncessaires lapparition des infections, les mdecins

    Darwinistes soutenaient que plus importantes encore, comme on a vu, taient la diathse et la

    constitution de lindividu, parce que ces dernires dterminaient les susceptibilits la maladie

    et la force de la raction contre lagent pathognique.

    Entre 1880 et 1940, ces deux concepts, diathse et constitution, sont au centre dun

    grand dbat mdical concernant le rle de lhrdit dans la causalit des maladies. La

    diathse, comme on a dj vu, tait considre comme une condition corporelle hrditaire ou

    acquise qui prdisposait lindividu souffrir dune maladie ou dune famille de maladies

    (Hutchinson, 1884, p.3), tandis que la constitution tait la conformation corporelle et

    psychologique hrditaire de lindividu qui dterminait sa sant en contrlant sa capacit

  • 12

    ragir aux stimuli internes et externes (Draper, 1924, p.431). Mme si la diathse pouvait tre

    acquise au cours de la vie individuelle, elle tait considre, jusquaux annes 1920, comme

    une tendance hrditaire, parce beaucoup des mdecins croyaient lhrdit des caractres

    acquises.2 Ensuite, la diathse devint aussi une caractristique hrditaire senso stricto

    mendlienne et elle fut considre comme une cas spciale de constitution (Zampieri, 2006).

    Selon cette conception, diathse et constitution sont responsables: 1) du cours

    spcifique des processus pathologiques gnraux, comme, par exemple, linflammation (Paget,

    1875). Dans ce sens, elles ntaient pas la cause de lapparition de la maladie, mais la cause de

    son dveloppement spcifique; 2) de la prdisposition certaines maladies et donc de favoriser

    leur apparition; 3) et lorsque la prdisposition est trs forte, elles pouvaient dterminer

    lapparition dune certaine maladie sans la prsence de la cause excitante.

    Mais, avant tout, quelle tait la cause des diathses et des constitutions ? Comme on a

    vu, la cause tait lvolution, cest--dire, pour le darwinisme mdical, le processus de

    conformation de lespce, de la race et de la famille pour utiliser les mmes catgories

    utilises cette poque pour signifier une homognit de descendance. Lhrdit est

    comprendre comme la transmission fidle des caractres dune gnration lautre et la

    production des variations accidentelles, tandis que lvolution impliquait le changement des

    caractres et la fixation des nouvelles variations accidentelles. Chaque diathse et constitution

    pathologique tait considre comme une variation ngative que parvenait se fixer dans une

    espce, une race ou une famille, en tant que corrle avec une caractristique positive (selon la

    loi Darwinienne de la corrlation, voir par exemple: Garrod 1927), ou comme la convergence de

    diverses tendances hrditaires neutres qui aboutissaient, dans une gnration donne, une

    tendance ngative, ou comme le rsultat dun changement de milieu qui rendait ngative une

    caractristique variante latente (Campbell, 1889).

    Diathse et constitution dpendaient du systme nerveux et du systme nutritionnelle

    (surtout de la qualit du sang) car, tant des caractristiques gnrales des individus, elles

    devaient avoir pour substrat des systmes organiques qui parvenaient toutes les parties du

    corps. La faiblesse ou la force du systme nerveux dterminait de faon importante des

    diathses et constitutions pathologiques qui ntaient pas seulement de nature physique. Par

    2 Prosper Lucas, un mdecin franais qui avait crit un texte sur lhrdit (surtout acquise), t encor lu la fin du

    sicle, par exemple, par Darwin mme (Lucas 1847-1859). Voir aussi, par exemple: Hutchinson (1884) et Adami (1918)

    en Angleterre, De Giovanni (1891) en Italie. La croyance des caractres acquises tait donc rpandue en tout Europe

    jusqu la redcouvert des lois de Mendel.

  • 13

    exemple, une thorie trs en vogue cette poque soutenait une origine nerveuse de la goutte

    (Duckworth, 1889): une dysfonction nerveuse tait lorigine de laccumulation dans le sang du

    poison responsable de la maladie. Les dysfonctions du mtabolisme, de labsorption et de la

    transformation des aliments, taient au centre de beaucoup dautres diathses et constitutions,

    comme celles lies au scrofule, au rachitisme, etcetera. Garrod a fond ce propos le clbre

    concept d erreur inn du mtabolisme en soulignant lorigine volutive des diathses et des

    maladies constitutionnelles (Garrod, 1909).

    Lvolution est donc responsable des diathses et des constitutions en tant quelle

    dtermine la structure des systmes organiques fondamentaux, comme le systme nerveux et

    le systme nutritionnel. Jonathan Hutchinson (1828-1913), par exemple, parlait de la diathse

    catarrhale comme une prdisposition universelle, en ce quelle tait prsente potentiellement

    dans tout tre humain; elle consistait dans la prdisposition aux inflammations dues au contact

    avec le froid. Elle tait due lvolution du systme nerveux. Chaque organisme dot dun

    systme nerveux crit Hutchinson doit tre considr comme tant capable de la manifester

    [la diathse catarrhale] parce que son essence consiste dans la disposition aux congestions

    inflammatoires excites, dune faon rflexe, par laction du froid applique sur les surfaces. Les

    susceptibilits du systme nerveux cette disposition, dailleurs, sont trs diffrentes, comme

    on le sait bien, dun individu lautre. Ces diffrences sont hrditaires et peuvent trs

    facilement devenir la caractristique dune famille ou dune race (Hutchinson, 1884, p.122;

    traduction par moi mme).

    Ainsi, lvolution devenait la cause lointaine/ultime des maladies, parce quelle

    dterminait les caractristiques diathsiques et constitutionnelles pathologiques. Ces

    caractristiques, leur tour, taient ce qui venait avant toutes sortes de stimuli pathologiques

    ou pathogniques. Les causes externes ntaient pas nies, mais elles avaient une importance

    lgrement mineure par rapport aux diathses et constitutions, par le simple fait que seulement

    ces deux dernires pouvaient, en rponse un stimulus, dcider de lmergence dune

    maladie. On peut rsumer ainsi le problme: diathse et constitution correspondaient

    clairement ltat maladif de Pariset et donc taient les causes de lacte maladif. Enfin, si

    la microbiologie donnait une extrme importance la cause excitante de la maladie, qui tait

    toujours un micro-organisme, le Darwinisme Mdical donnait la priorit au concept de cause

    prdisposant, une priorit non seulement temporelle, mais aussi substantielle, parce que, tant

    donne une mme cause excitante pour plusieurs individus, seule la cause prdisposant pouvait

    dterminer lapparition de la maladie chez un ou plusieurs dentre eux. Dans le Darwinisme

  • 14

    Mdical, donc, la cause ultime des maladies tait le processus volutif, qui son tour

    dterminait les diathses et les constitutions, qui leur tour taient les causes prdisposant.

    Un texte de Harry Campbell, publi Londres en 1889, est significatif cet gard: The

    causation of Disease. An exposition of the ultimate factors which induce it (Cambpell, 1889).

    Ici, on trouve dans le titre mme lancien concept de cause ultime, mais insr dans une

    perspective biologique et pistmologique nouvelle. La cause des maladies, tout dabord, est

    lensemble de [] conditions matrielle en vertu desquelles apparat la maladie (Campbell,

    1889, p.5; toujours traduction par moi mme, aussi les suivantes). Ces conditions sont la

    structure des cellules et le milieu environnant les cellules (Campbell, 1889, p.16) et chaque

    maladie consiste dans une interaction impropre (cest--dire pathologique) entre cellules et

    milieu (Campbell, 1889, p.19). La structure des cellules et du milieu extracellulaire est

    dtermine par lhrdit, parce que [] la structure de chaque individu dpend [] de la

    structure des ses anctres les plus immdiats (Campbell, 1889, p.36), mais lhrdit seule

    nest pas suffisante, parce quil existe des facteurs qui interfrent avec elle et donnent lieu

    des variations entre fils et parents en produisant de la diversit parmi individus sains et

    malades. Ces facteurs, dans la conception de Campbell, font partie du milieu externe et interne

    des cellules (Campbell, 1889, p.37). Linteraction entre cellules, individus et milieu donne lieu

    lvolution de lespce et la fixation diffrentielle des caractres nouveaux. Dun ct, la

    slection naturelle maintient les caractres adaptatifs, dun autre elle tend liminer les

    variations ngatives qui produisent les maladies. Les diathses et les constitutions

    pathologiques sont alors des variations qui, une fois apparues, tendent disparatre par laction

    de la slection naturelle. Elles demeurent seulement si elles sont en corrlation avec des autres

    caractres positifs, ou si elles ne sont pas trop nuisibles et permettent la reproduction et la vie

    (Campbell, 1889, p.96-97).

    En rsum: organismes et milieu interagissent en formant des nouvelles structures

    organiques dans lesquelles se trouve lorigine de la maladie et de la sant. La maladie dpend

    en premier lieu de la structure la structure dpend de lvolution les structure

    potentiellement malades dpendent des structures qui ne sont pas limines, pour diverses

    raison, par la slection naturelle. Ce que nous propose Campbell peut sans doute tre considr

    comme paradigmatique pour tout la priode du Darwinisme Mdical.

    Entre 1920 et 1940, tous ces concepts furent labors ultrieurement dans ce qui a t

    un grand courant de pense mdicale active en Europe et aux tats-Unis: le constitutionalisme

    (pour la bibliographie secondaire, voir le premier paragraphe). Toutes les versions du

    constitutionalisme, comme on a dj vu, ont eu en commun la tentative de construire un

  • systme de constitutions fondamentales de lhomme qui puisse aider lart mdical, pour le

    diagnostic et pour la thrapeutique. Les deux mthodes fondamentales sont lanalyse

    anthropomtrique, travers laquelle on mesure les diffrentes proportions du corps et du

    visage humain en essayant de trouver des constantes corrles aux prdispositions et maladies

    (cf, par ex., Draper, 1924), et la mthode biochimique (cf. par ex., Hurst, 1927), avec laquelle

    on essaye de trouver des voies mtaboliques et hormonales caractristiques de chaque

    constitution. Laspect psychologique est aussi trs important et, dans les systmes

    constitutionnalistes, on trouve souvent chaque constitution dcrite tant dun point de vue

    matriel que mental (cf. Kretschmer, 1925). En ce sens, ces auteurs se rfraient lancienne

    doctrine des Tempraments, fonde par Hippocrate et rendue canonique par Galien, que

    divisait lhumanit en quatre tempraments fondamentaux (bilieux, flegmatiques, mlancoliques

    et sanguins) o, comme on peut le deviner par les dfinitions mmes, chaque temprament

    tait reprsent par une somme des caractristiques physiques et mentales. La diffrence

    fondamentale entre la thorie des tempraments et le constitutionalisme se trouve surtout dans

    la mthode. La premire tait lie la doctrine philosophique des humeurs et se fondait sur la

    pure observation des cas individuelles et linsertion de ces cas dans une thorie de la

    prdisposition, tandis que le constitutionalisme se fondait sur la doctrine Darwinienne de

    lvolution et sur la mthode statistique, pour ce qui concerne lanthropomtrie, et la mthode

    exprimentale pour lanalyse des mtabolismes et des hormones. Lide de base est somme

    toute la mme: tempraments et constitutions sont les causes ultimes des maladies et leur

    connaissance est fondamentale pour la mdecine (cf. Pearl, 1933).

    On peut rsumer lide de causalit dans le Darwinisme Mdicale, notre avis, dans le

    schma suivante:

    VOLUTION DIATHSE/CONSTITUTION STIMULUS

    cause ultime/loigne terrain: cause prdisposant cause excitante/prochaine

    Comme on la dj dit, partir de la deuxime moitie du 20e sicle, le concept de cause

    en mdecine est abandonn au profit du concept de condition. En effet, la querelle entre

    15

  • 16

    microbiologie et clinique constitutionaliste a eu comme rsultat la prise de conscience quon ne

    peut pas trouver une cause principale tous les processus pathologiques. La faillite du projet

    constitutionaliste a probablement t en partie responsable de cette transformation et surtout

    de labandon de la recherche de la cause ultime. Le constitutionalisme proposait que la cause

    ultime des constitutions et donc des maladies tait lvolution parce que cette dernire tait la

    responsable de la fixation, au fil des gnrations, des types constitutionnels spcifiques. Si cette

    ide tait plausible, elle fut politiquement travestie, travers les thories eugniques qui

    attribuaient diffrentes valeurs aux races humaines, chaque race ayant une certaine

    constitution typique; et il y avait des constitutions, donc des races, meilleures que les autres

    comme la tristement clbre race aryenne, qui tait considre la meilleure de toutes. Selon

    leugnisme, lvolution avait fait progresser certaines races et dgnrer des autres. Ce

    processus pouvait tre contrl par lhomme avec llimination des dgnres et le croisement

    des individus plus volus (cf. Kevles, 1985). Ici il ny a pas lespace pour traiter cette

    argument mdical et sociale trs dlicat. On est en train de rechercher les relations entre

    labandon du Darwinisme par la mdecine entre 1940 et 1990 et on crois que limplication du

    constitutionalisme avec leugnisme et la politique raciale fut parmi les causes principales de cet

    oubli, mais, pour le moment, cest encore un hypothse au travail.

    La causalit des maladies dans la Mdecine Darwinienne

    Parmi les auteurs de la Mdecine Darwinienne, Williams et Nesse sont t les plus

    attentifs la dfinition de laspect thorique de la nouvelle discipline, soit dans le point de vue

    de la dfinition des concepts et problmatiques principales, soit dans le point de vue de la

    collocation de la discipline entre les sciences de la sant.

    Le problme de la causalit est centrale dans llaboration thorique de Williams et

    Nesse et il a t trait plusieurs reprises au cours de leurs majeures publications.

    Tout dabord, la caractristique principale de la Mdecine Darwinenne est de fournir

    une explication des causes volutives, historiques ou loignes, de la maladie. Cette ide se

    base sur la clbre distinction entre cause prochaine et loigne prsente dans la biologie

    volutive depuis Darwin. En particulier, Williams et Nesse se rapportent llaboration de cette

    distinction par Ernst Mayr (1904-2005), une des figures majeures de la biologie volutive

    Neodarwinienne. Mayr soutiens que la biologie nest pas une science uniforme et unifie, mais

  • 17

    quelle peut tre divise en deux champs bien distingues par mthodes et concepts de base:

    biologie fonctionnelle et biologie volutive (voir, par exemple: Mayr, 1983a).

    La premire tude lactivit et linteraction des lments structurelles, partir des

    molcules jusqu les organes et lindividu entier. La question cl de cette approche est:

    comment ? ; comment quelque chose agis et fonctionne ? Le biologie fonctionnelle, comme

    la physiologie, lanatomie, ou lembryologie, essaye disoler llment en question et contrler

    dans son analyse toutes les variables. La technique principale est lexprience et les mthodes

    sont celles de la physique et de la chimie.

    La question cl de la biologie volutive, au contrarie, est pourquoi ? et elle se

    rapporte lhistoire que a port la formation des molcules, organes et organismes: pourquoi

    un tel structure ou fonction est ainsi et pas autrement ? Les mthodes de cette approche sont

    historiques, mathmatiques et comparatives: on cherche les explications en essayant de trouver

    des lments du pass quils puissent tre ordonns en chane, ou bien on construit des

    modles mathmatiques, comme on fait en gntique, pour simuler un certain parcours

    historique, ou enfin on compare les formes vivantes actuelles pour essayer de comprendre

    quelles sont les plus anciennes en terme de formation.

    Ainsi, la biologie fonctionnelle tude le cause prochaine des phnomnes, cest--dire la

    srie des conditions immdiates de lmergence dune structure ou dun fonction. La biologie

    volutive, par contre, tude les causes loignes des phnomnes, cest--dire la srie des

    conditions historiques pour lesquelles un structure ou un fonction est ainsi et pas autrement.

    Williams et Nesse transfrent lapproche volutive ltude des structures et fonctions

    quils ont un liaison avec la maladie. En un mot, ils cherchent dutiliser les mthodes de la

    biologie volutives pour analyser les causes volutives des structures et fonctions vulnrables

    la maladie. Selon Williams et Nesse, les concepts dadaptation et slection naturelle sont les

    plus aptes ce type dexplication (Williams et Nesse, 1991).

    Comme on vois tout de suite, lanalyse de conditions immdiates de la maladie reste le

    domaine de la mdecine traditionnelle, mme si les mthodes volutives puissent tre utiles

    aussi dans ce type dtude, par exemple quand on essaye de reconstruire la phylognie des

    bactries ou des virus dans une infection individuelle ou dans une pidmie (Maynard Smith,

    Feil et Smith, 2000). Lanalyse volutive, par contre, soccupe plus en particulier des

    vulnrabilits structurelles ou fonctionnelles qui sont le patrimoine de tout lhumanit, comme,

    par exemple, la vulnrabilit de lpine dorsale aux douleurs cervicales et du dot, vulnrabilit

    quest le cot payer de la stature bipde, son tour grand conqute adaptative (Williams et

    Nesse, 1994). Comment enseigne lapproche populationnelle, dailleurs, tudier les

  • 18

    caractristiques communes dans une population implique aussi ltude des variations

    individuelles (Mayr, 1983a, Zampieri, 2009b). Ainsi, ltude de la vulnrabilit implique la

    comprhension soit du pourquoi on est tous gales, soit du pourquoi il y a des diffrences

    dans ce cas, diffrences entre qui tombe malade et qui no (Nesse et Stearns, 2008, p.32).

    Normalement, on pense que la slection naturelle soit la responsable, au moins en

    partie, des adaptations, cest--dire de la formation des caractristiques travers lesquelles les

    organismes rsoudrent les problmes poss par le milieu tout en favorisant sa propre survie et

    la reproduction de se propre type (voir, par exemple: Dobzshansky, 1956, Lewontin, 1978). La

    slection naturelle est simplement laction du milieu qui limine ou conserve toutes les

    modifications spontanes de lorganisme selon leur compatibilit avec le milieu mme. Vu ainsi,

    il semble que les adaptations sont des caractristiques parfaites pour la vie de lindividu en

    harmonie avec le milieu, mais cette interprtation a t refuse par Darwin lui mme, mme si

    elle a t utilise en plusieurs reprises dans lhistoire du Darwinisme, par les biologistes, les

    philosophes, les sociologues, les thologiens ou les politiciennes, soit pour soutenir que pour

    dnigrer la thorie Darwinienne.

    Quoi quil en soit, Williams et Nesse se rapportent une version spcifique du

    Neodarwinisme, lie au concept de programme adaptationiste (Gould et Lewontin, 1979, Mayr,

    1983b) et aux thorisations de la Sociobiologie (Wilson, 1975, Dawkins, 1976, voir aussi:

    Zampieri 2003), mais propose en premier lieu par Williams mme, dans un texte clbre du

    1966: Adaptation and Natural Selection (Williams 1966). Tout dabord, la slection naturelle

    nagis pas sur les individus, mais sur les gnes qui ont des effets dans les phnotypes.

    Deuxime, ladaptation nest pas une caractristique parfaite, mais optimale, et elle nest pas en

    relation directe avec les individus, mais avec les gnes. Dans cette version, la slection

    naturelle agit seulement sur lefficacit de reproduction des gnes, sans se proccuper de la

    flicit ou de la sant des individus ou des groups des individus (Williams, 1966, voir aussi la

    version actuelle plus extrme de ces concepts: Dawkins, 1976). Si un gne trouve un moyen

    daugmenter sa capacit de reproduction sans interfrer avec lefficacit des gnes en relation

    avec lui-mme, ce gne est automatiquement slectionn. Pour cela, les gnes qui augmentent

    la fcondit seront slectionns mme sils sont la base des graves pathologies dans la

    priode post-reproductive. Dans ce sens-l, aussi ladaptation change son significat ultime:

    chaque adaptation nest plus une structure ou une fonction que favorise la survie et la

    reproduction du phnotype, mais elle est chaque structure et fonction que favorise la

    reproduction dun gne ou dun group des gnes. Cela dit, cest clair que, en moyenne,

  • 19

    seulement un succs reproductif du phnotype peut garantir un gal succs au gnome du

    mme phnotype.

    Sur la base de cette structure thorique, on peut comprendre comment Williams et

    Nesse peuvent soutenir que la slection naturelle et ladaptation sont les concepts principales

    pour tudier les causes volutives de la maladie, de quelque chose, donc, que nest pas

    vraiment avantageuse pour lindividu. La slection naturelle, en fait, travail seulement sur

    lefficacit reproductive des gnes, en balanant les cots et les bnfices de la prsence dun

    gne dans un organisme. Si les bnfices, en termes defficacit reproductive gntique, sont

    majeures des cots, le gne pourra persister dans les gnrations. Ainsi, les cots sont souvent

    des vulnrabilits structurelles ou fonctionnelles qui rendent un organisme prdispos un

    maladie. Au mme temps, ladaptation, en tant que structure ou fonction modele en

    consquence de la reproduction gntique, nest jamais quelque chose doptimale pour

    lindividu, mais elle cache presque toujours des dfauts, au niveau du phnotype, quil rendent

    lorganisme vulnrable aux maladies.

    La discours, bien sur, nest pas si simple. Pour un pleine comprhension de la

    vulnrabilit pathologique volutive, il faut prendre en considration aussi les limites de la

    slection naturelle, comme le fait que 1) la slection ne peut pas inventer rien de nouveau

    abstraction fait de matriel prexistante, et que 2) la slection ne peut pas aller au de l des

    certains conditions et des limites dtermines par les structures organiques des bases quont

    caractrises lentire histoire dun famille ou dun taxa suprieur.3 Pour ce qui concerne le

    premier point, un exemple peut tre instructif. Le corps humain (et celui de tous les vertbrs

    suprieures) a le conduit qui porte la nourriture lestomac quil croise le conduit qui porte

    laire aux poumons, tout en causant chaque dglutition le risque de suffoquer. Cette

    imperfection est due au fait que lanctre des tous les vertbrs tait un organisme aquatique

    quil avait quun sol conduit pour la digestion et il respirait par diffusion passive dans le corps

    des gaz prsents dans leau. Quand il y a eu la ncessit dun system de respiration, la slection

    naturelle na pu que partir de ce quil y avait dj, dans ce cas le conduit pur la digestion, en le

    modifient petit petit en crant un nouveau conduit mais encore li au premier. Limage

    suivante, de ldition italienne du Why We Get Sick de Williams et Nesse (Nesse et Williams,

    3 Il y a aussi des critiques plus fondamentales quon pourrai adresser au concept de slection naturelle des gnes, soit dun point de vue du rajustement du concept mme de slection, soit du point de vue de rajustement de limportance ou de la centralit des gnes dans les organismes. Ces argumentations, mme si sont trs intressantes, ne peuvent pas entrer dans le mrite de cette article parce que elles appartiennent plutt la biologie thorique.

  • 1994, trad. it. 1999, p. 156), montre le diagramme des conduites respiratoires et digestives, en

    section horizontale, de lhypothtique anctre teint de toutes les vertbrs:

    Limage successive, dans la mme source (Nesse et Williams, 1994, trad. it. 1999, p.

    156), montre la section verticale de ltat volutif du systme respiratoire et digestif des

    vertbres suprieures. Les lignes hachures montrent le progressive dplacement de la

    communication entre narines et gorge dans les mammifres.

    Pour ce qui concerne le deuxime point, on peut dire tout dabord que tous les

    organismes dun taxa suprieur partagent un mme plan structural fixe. Les arthropodes, par

    exemple, ont un squelette externe, tandis que les cordtes, comme nous, ont un squelette

    interne. Ce plan il semble avoir t trs fixe dans lhistoire volutive, partir de lapparition des

    premier organismes multicellulaire de la terre (lainsi nomm explosion du Cambrien) et la

    slection naturelle semble navoir pas eu le pouvoir de le modifier dans ces structures

    fondamentales. galement, vue la vulnrabilit du coeur des mammifres, qui souvent, pour

    une raison ou lautre (fatigue, motion, etcetera), cause la mort dun organisme autrement

    saine, on pourrais penser que serait meilleur avoir deux coeurs, comme on a deux reins. Mais il

    20

  • 21

    ny a rien faire pour la slection, pour le simple fait que le premier vertbr avait un seul

    coeur et deux reins, et cette structure est rest tout au long de lhistoire volutive nanmoins

    sa fragilit (Williams et Nesse, 1994, trad. it. 1999, p. 164).

    Pour ces raisons, Franois Jacob, clbre biologiste molculaire actif dans les annes

    soixante et septante du XX sicle, crivait un livre, intitul La logique du vivant , en

    soutenant que la slection naturelle se comporte comme un bricoler, cest--dire comme

    quelquun que construit quelque chose en rutilisant, souvent pour nouveaux buts, vieux

    matrielles prexistantes et qui reste limit par le type et la disponibilit de ces mmes

    matriels (Jacob, 1970).

    Ainsi, soit dans le point de vue du fait que la slection agit sur la reproduction des

    gnes, soit dans le point de vue des limites de la slection, le concept cl est celui de

    compromis adaptative. Dun point de vue de la causalit, les causes historiques des maladies

    sont les fruit dun compromis parmi ladaptation de lindividu en termes des fonctionnalits,

    survie et reproduction, et ladaptation des gnes, en termes de succs reproductive, ou plutt,

    succs rplicatif. Ainsi, dans la monographie de Williams et Nesse sur la Mdecine Darwinienne,

    les deux scientifiques nous disent du dbut que tout la discussion se base sur le concept

    dadaptation par slection naturelle appliqu quatre catgories des phnomnes (Nesse et

    Williams, 1994, trad. it. 1999, p.4):

    1) Adaptation avec lesquelles nous combattions les pathognes. Le systme

    immunitaire est la notre arme adaptive majeure contre les micro-organismes. On parle dun

    systme extrmement raffin, mais quil peut aussi causer les maladies auto-immunes. Ou bien

    la fivre, que est une dfense contre les pathognes, mais que, au mme temps, au del dun

    certain limite, peut arriver tuer lhte mme.

    2) Adaptation des pathognes contre nous. Un exemple est lmergence des souches

    virales rsistantes aux antibiotiques, pour le simple fait que les pathognes ont des cycles

    reproductives trs rapides en respect de notre capacit de rpondre. La vaccination de masse,

    par exemple, peut causer lmergence des souches plus virulente dans une population (Ewald,

    1993).

    3) Cotes maladaptatives des adaptations ncessaires. Un exemple peut tre la

    restriction des pelvis pour favoriser la bipdie, mais que a eu le cot de rendre laccouchement

    plus difficile et risque pour les femmes.

    4) Mismatch maladaptatives entre le projet de notre corps et les conditions du

    milieu actuelles. Un exemple, comme on a dj brivement vu, semble tre le diabte de type

    II: notre corps (et notre structure psychologique aussi, on pourrais dire) est encore projet

  • 22

    pour la vie prhistorique, que, mme si elle aussi a chang beaucoup pendant les temps, a

    probablement maintenu des caractristiques constantes, comme, dans ce cas, le type de

    rgime. En tout la prhistoire on peut raisonnablement soutenir que les homme taient adapts

    un rgime pauvre des gras et des sucres, ce qui a favori, par slection naturelle, les individus

    qui avaient un mtabolisme conservatif , qui tait capable de garder ces substances le plus

    au long possible dans le corps. Cette adaptation, maintenant, est devenue maladaptative, parce

    que, en se nourrissant des aliments trs sucrs, qui sont disponibles, dans le milieu

    contemporaine, en mesure presque illimit, certains individus dveloppent des formes

    diabtiques. La slection naturelle na pas encore eu le temps de modifier cette caractristique,

    mais on ne peut pas prdire si elle serait modifi, parce que a dpend des bnfices qui peut

    avoir le pool gntique de la population pour cette modification (Neel, 1982).

    propos de prvision, Williams et Nesse, dans leur premier article sur la Mdecine

    Darwinienne, disent que la thorie de la slection naturelle est une thorie prdictive de la

    biologie humaine (Williams et Nesse, 1991, p. 2). La prvision gnrale quon peut faire

    regarde le fait que chacun trait organique, pour le simple fait dtre parvenu, travers les

    temps, jusqu nous, peut avoir un aspect adaptative, directement ou indirectement li au trait

    mme.

    The relentless operation of mutation pressure disent Williams et Nesse Mendelian

    genetics, selection and other Darwinian factors for hundreds of milions of years in every

    lineage means that organisms must have certain features and not others. The most

    universally reliable expectation is of a near maximum for a genes ability to get itself

    replicated (Williams et Nesse, 1991, p. 2).

    partir de cette supposition de base, en analysant le trait en question, on peut proposer

    des hypothses adaptatives. On peut successivement vrifier les hypothses avec lobservation,

    la comparaison et lexprience, et elles peuvent porter des dcouvertes inconcevables sans

    lanalyse adaptative. Williams et Nesse portent lexemples des ampullae de Lorenzini , qui

    sont des organes qui se trouvent dans la tte des squales. Les hypothses adaptatives ont

    port la dcouvert que ces organes ont la fonction des dtecter lgres courant lectriques

    qui proviennent du battement cardiaque des potentielle proies caches sous la sable au fond de

    la mre (Williams et Nesse, 1991, p.3).

    Cette thorie prdictive peut tre applique aussi les causes des maladies, qui tout au

    long des publications des deux auteurs deviennent plus nombreuses et prcises.

  • 23

    Dans le premier article du 1991, les causes sont quatre: 1) Infections, 2) Blessures et Toxines,

    3) Facteurs gntiques, 4) Environnements anormales (Williams et Nesse, 1991, p. 1).

    Dans la monographie du 1994, les causes deviennent six: 1) Dfenses, 2) Infections, 3)

    Nouvelles milieux, 4) Gens, 5) Compromises de projet, 6) Suites volutives, ou Evolutionary

    Legacy (Nesse et Williams, 1994, trad. it 1999, pp. 12-16).

    Enfin, dans un article du 1998 de Randolph Nesse, centr sur les trubles psychiques,

    lauteur dresse une liste de huit catgories: 1) Dfense ce que nous considrons une maladie

    ou un dfaut est en ralit une adaptation, 2) Linfection et autres aspects du milieu biologique

    en volution parallle, 3) Nouveaux aspects du milieu physique, 4) Anomalies gntiques qui

    rsultent nuisibles seulement dans des nouvelles conditions du milieu, 5) Trade-offs

    (compromises) au niveau des gnes, 6) Trade-offs au niveau des caractres hrditaires, 7)

    Dpendance du parcours volutif, 8) Facteurs casuels (Nesse, 1998, p. 60).

    La premier cause propose en 1991, Infection , est successivement subdivise en

    deux sub-catgories: Infection et Dfense . Comme on a dj montr, la fivre,

    normalement cause par une infection, peut tre considre sous la catgorie de la dfense,

    parce que est une mcanisme physiologique de rponse linvasion micro-organique que est

    adaptatif, mme si, dans certaines cas, peut causer des dommages lhte mme. Dans le

    1998, sous la catgorie Infection on trouve aussi tous les [] autres aspects du milieu

    biologique en volution parallle (Nesse, 1998, p. 60). Ici on parle des toxines produites par

    les plantes, par exemple, qui voluent en rponse aux notre choix alimentaires et

    lagriculture.

    Aussi les Environnements anormales et les Facteurs Gntiques du 1991 sont

    ultrieurement labores dans les textes successives.

    Les environnements anormales devient plutt Nouveaux aspects du milieu

    physique , et se rapportent, comme nous explique Nesse mme, tous les aspects produits

    par lhomme aprs linvention de lagriculture. La slection naturelle narrive pas modifier

    notre corps la mme vitesse avec laquelle nous modifions notre milieu physique. Cela a

    comme cause le fait qui certains nouvelles aspects du milieu peuvent contribuer lmergence

    de dtermines pathologies dans une partie de la population. Les maladies de la nutritions et

    les dpendances toxicomaniaques sont parmi les exemples que Nesse et Williams proposent

    partir du 1991, et parmi les thme plus discuts dans tout la Mdecine Darwinienne. En bref,

    notre corps et systme motivationnel ne sont pas construits pour un milieu si riche des

    substances psychotropes et de nourriture pleine de gras et des sucres, tout en causant un

    prdisposition en certains individus labus de ces lments, parce que dans le milieu

  • 24

    prhistorique, pour divers raisons, tait avantageuse ou, la limite, neutre, davoir une forte

    prdilection pour les gras, les sucres et les drogues (Williams et Nesse, 1991, p.14-16; Nesse et

    Williams, 1994, trad. it 1999, p. 180-187; Nesse, 1998, p. 73-76; Lende et Smith 2001; Hill et

    Newlin 2001).

    La catgorie causale Facteur gntique est subdivise en deux catgories

    principales: Anomalies gntiques qui rsultent nuisibles seulement dans des nouvelles

    conditions du milieu et Trades-offs au niveau du gne . La premier catgorie est

    assimilable la prcdente regardante les nouveaux aspects du milieu psychique, parce que le

    raisonnement de base est le mme, seulement, dans ce cas, concentr sur laspect gntique.

    Se rapportent cette catgorie, en effet, toutes les maladies lies aux gnes qui varient

    beaucoup lintrieur de la population et qui navaient pas des effets nuisibles dans la

    prhistoire. Ainsi, les dpendances peuvent trouver une place aussi dans cette catgorie,

    pourvue la dmonstration de lexistence dune polymorphisme gntique la base des

    rcepteurs crbraux impliques dans les toxicodpendances (Nebert, 1997). Nesse propose

    aussi les facteurs gntiques la base du diabte, ou des pathologies coronaires (Nesse, 1998,

    p. 63). En fin, les trades-offs, ou compromises au niveau du gne, se rapportent aux cas des

    individus qui possdent gnes bnfiques pour leur sant, mais au prix dune majeure

    vulnrabilit certaines maladies. Les hmoglobinopathies sont parmi les exemples plus

    connues. Elles correspondent des situations pathologiques dans lesquelles il y a des

    hmoglobines dfectueuses dues linsuffisant production dune protine par un gne ou la

    totale inaction dun gne mme. Parmi les hmoglobinopathies, la Thalassmie (dans la quelle

    on a une production dhmoglobine infrieure au valeur optimal) et les syndromes falciformes

    (dans lesquelles on a des dfauts structurelles dues la fonctionnalit dun seul des gnes

    impliqus dans la construction de lhmoglobine) ont dmontrs de donner aux individus une

    protection contre la malaria, et donc les dfauts gntiques impliqus sont t slectionns

    dans les zones endmiques de malaria nanmoins le fait quils sont la base au mme temps

    dun hmoglobinopathie (voir, par exemple: Allison, 1954; Clegg et Weatheral, 1999).

    Dans la dernier version de Nesse du 1998, on trouve deux ultrieures catgories

    nouvelles en rapport la monographie du 1994: les compromises de projet sont subdiviss en

    compromises au niveau de gnes (quon vient de discuter) et compromises au niveau de

    caractres. En plus, aprs la catgorie Evolutionary Legacy , prsent aussi en 1994, on

    trouve Facteurs casuels .

    Les compromises au niveau des caractres se rapportent au fait que tous les caractres

    du notre corps sont lis lun lautre et que la modification dun caractre a des effets aussi

  • dans des autres parts de lorganisme. Lexemple classique est celui dj cit des pelvis: la

    stature bipde a caus la modification de tout une srie des parties anatomiques, comprise une

    restriction des pelvis que a eu comme cot le fait que les femmes de notre espce ont un

    chouchement difficile.

    Les evolutionary legacies se rapportent a ce quon a dj brivement discut, propos

    de lventualit davoir deux cur comme on a deux reins; la slection, en effet, ne peut pas

    aller au de l des certains conditions dtermins par les structures organiques de base quont

    caractriss lentire histoire dune famille ou dun taxa suprieur. En se referant plus

    particulirement la maladie, Nesse soutien que la structure dfectueuse des certains

    caractres hrditaires ne peut pas tre corrige parce que les ventuelles formes

    intermdiaires parmi la structure actuel et une suprieure pourraient provoquer une

    aggravation de la sant. Lexemple propos est celui de la structure inverse des yeux des

    vertbrs, qui ont les nerfs et le vas sanguines qui traversent la rtine tout en causant un point

    aveugle et la vulnrabilit de la rtine mme se dtacher de sa sige naturelle. Dans limage

    suivante, prise encore de ldition italienne du Why We Get Sick de Williams et Nesse, on vois,

    gauche, lil humain comme il devrait tre (structure similaire aux yeux des calamars, avec le

    nerve optique qui enveloppe la rtine par derrire sans la perforer) et droit lil humain pour

    ce quil est (Williams et Nesse, 1994, trad. it. 1999, p. 158).

    Enfin, les facteur casuelles sont proposs comme importantes dans le parcours volutif

    et dans le dveloppement individuel (li la famille, lducation, la culture, etcetera). Les

    frquences des gnes, dis Nesse, sont dtermines par la slection naturelle et par les facteurs

    casuelles, parmi lesquelles il y a les mutations, les drives gntiques et les changement

    25

  • 26

    cologiques (comme les catastrophes). Ces facteurs casuels sont suffisances aussi expliquer

    la majorit des maladies gntiques rares, qui dpendent des simples mutations (Nesse 1998,

    p. 65).

    On vois donc que le travail conceptuel de Williams et Nesse est trs bien centr sur la

    question de la causalit des maladies, au point que les deux auteurs augmentent les catgories

    causales dans leur successives publications pour mieux les adapter aux explications volutives.

    Ce qui peut tre intressant aussi, est le fait que soit dans larticle du 1991 soit dans la

    monographie du 1994 on parle directement des causes des maladies, tandis que, dans la

    dernire version de Nesse du 1998, on parle des catgories dexplication volutive de la

    vulnrabilit la maladie (Nesse 1998, p. 60). En effet, il semble que Nesse et Williams

    deviennent plus conscientes du fait que lvolution ne peut pas expliquer le pourquoi des

    maladies en elles mmes. Les causes des maladies restent causes immdiates: gnes qui ne

    fonctionnes pas correctement, blessures, lsions des organes ou des molcules, toxines,

    infections.

    Dans un article du 2007, Nesse raconte: Williams and I began by trying to find

    evolutionary explanation for disease. We soon recognized that this was a mistake; with a few

    exception, natural selection does not shape disease. Progress came when we shifted the focus

    to shared traits that leave all members of a species vulnerable to disease traits such as the

    appendix, the narrow pelvic outlet, and the limitations of the immune response. We began

    posing questions about vulnerability to disease in the form: Why has natural selection left this

    species vulnerable to this disease ? (Nesse, 2007, p.422).

    La thorie volutive, donc, nexplique pas les causes des maladies, mais elle explique

    les causes historiques qui ont modeles notre corps en le laissant vulnrable certains

    maladies dtermines. La vulnrabilit, de son tour, est la condition, plus ou moins essentielle

    selon les cas, pour lmergence dune maladie en face dune cause immdiate.

    Dans ce cas, il semble que la Mdecine Darwinienne soit assez proche de lancienne

    approche du Darwinisme Mdicale. Aussi lancien Darwinisme Mdicale, en se basant en grand

    partie sur les concepts des diathse et constitution, tait concentr sur la morphologie du corps

    humaine que le prdispose aux maladies. Mais il y a trois diffrences fondamentales.

    Tout dabord, le Darwinisme Mdical essayait de construire un systme de types

    humains (diathsiques ou constitutionnels) fondamentales. Ces types taient conues comme

    combinaisons anatomiques, physiologiques et psychologiques idales, stables dans le temps,

    forms au dbut de la formation de lespce humaine et presque immutables. La Mdecine

    Darwinienne, au contraire, parle de vulnrabilit en la rapportant des caractres particuliers,

  • 27

    comme la conformation des pelvis, qui sont partages par tout lespce humaine. On pourrait

    dire que, selon la Mdecine Darwinienne, il y a une seule constitution, la constitution typique de

    notre espce prise dans les structures particuliers et dans son ensemble. Mais, encore plus

    importante, la Mdecine Darwinienne se fonde sur un approche populationnel, selon lequel

    chaque individu est unique, parce que constitu dun combinaison gntique unique et dune

    historie personnelle autant unique. Chaque caractre est conu en tant que distribution de

    frquence des varits et la moyenne statistique, le caractre moyen, ou typique, est vu

    seulement comme une abstraction. La vulnrabilit, donc, a une valeur universelle abstraite, et,

    au mme temps, se rapporte chaque individualit unique. Il y a donc autant types des

    vulnrabilits que dtres humains.

    La deuxime diffrence consiste dans la conception de cause mme de maladie. Le

    Darwinisme Mdicale proposait la diathse ou la constitution comme cause directe de la

    maladie. Directe, mais, au mme temps, historique, en tant que diathses et constitutions

    taient produits volutives. La Mdecine Darwinienne propose la vulnrabilit pas comme

    cause, mais comme condition de la maladie. Le concept de cause historique, dans ce cas, ne se

    rapporte pas la maladie, mais la vulnrabilit. La vulnrabilit, cest--dire, est cause par la

    slection naturelle.

    La troisime diffrence est relative la relation entre cause historique des maladies et

    slection naturelle. Le Darwinisme Mdicale ancien justifiait les prdispositions pathologiques

    des diathses et des constitutions, comme on a dj vu, comme traits ngatifs qui se maintient

    de gnration en gnration en chappant la slection naturelle. Ces traits taient le fruit de

    la variabilit naturelle spontane des organismes. Chaque gnration prsentait des variations

    positives, qui la slection tendait maintenir, et des variations ngatives, qui la slection

    tendait liminer, mais, une fois limins, ces variations pouvaient se reprsenter dans la

    gnration successive juste pour une gale et spontane variation naturelle (Garrod 1927).

    Lide est analogue le concept de mutation: la slection peut liminer les mutation ngatives

    de chaque gnration, mais elle ne peut pas liminer la mutabilit mme du matriel

    hrditaire. La Mdecine Darwinienne, au contraire, se fonde presque entirement (au moins

    lapproche de Williams et Nesse) sur le concept de slection naturelle, dans le sens que la

    slection est la cause, directe ou indirecte, de la vulnrabilit. Le schma suivante propose par

    Nesse dans un article du 2005 montre, comme mme, que cet approche ne signifie pas donner

    la slection un pouvoir suprme sur la construction volutive des organismes (Nesse 2005, p.

    67):

  • Comme on voit, la vulnrabilit humaine aux maladies dpend de la faiblesse de la

    slection naturelle, plutt que de la sienne efficacit, mais cela ne veut pas dire que, dans

    ltude des origines des maladies, on doit ngliger ce mcanisme. Pour ce quil semble, cest

    vrai plutt le contraire.

    Conclusions

    La mdecine est une science pratique que mesure son succs sur son efficacit. Son

    but est de soigner, et possiblement, prvenir les maladies de lhumanit. Pour soigner une

    maladie, on ne peut pas se limiter la rpression des symptmes. Il faut liminer la cause de la

    maladie.

    Si on analyse lhistorie de la mdecine occidentale, on peut se surprendre en voyant un

    processus paradoxal: au fur et mesure que les thories sur les causes des maladies sont

    devenues plus simples, la mdecine a augment la propre efficacit.

    Dans quel sens, on parle ici de simplicit ? En effet, on pourrait dire le contraire: les

    anciennes thories, comme celles des humeurs, ou les homopathies, ou les excitabilits, par

    exemple, proposaient une tiologie trs simple, parce que dans ces systmes il y avait comme

    postulat un seul type de cause, gnralement reconductible un quelque sorte de dsquilibre

    28

  • 29

    fonctionnel, structurel ou mental. De consquence, aussi les thrapies taient assez simples

    parce que, normalement, elles consistaient dans une seule mthode universelle pour rtablir

    lquilibre, qutait vue comme synonyme de sant. linverse, la mdecine moderne et

    contemporaine est commence exactement quand on a ni lide dune cause universelle, ou de

    cause gnrale des maladies, et lon a commenc chercher les diverses causes spcifiques

    pour chaque pathologie. Ainsi, on a vu se multiplier les causes au fur et mesure que les

    analyses empiriques avanaient. Lon a vu aussi la mdecine mme se dsagrger en diverses

    spcialits chacune destine un secteur structural ou fonctionnel de plus en plus spcifique,

    et lon a vu chaque spcialit soutenir, de fois en contradiction avec les autres, un propre type

    de cause.

    O il est, dans ce processus, une volution de la simplicit ? On croit que la simplicit

    drive dune ide mthodologique de base quaccompagne toutes les diverses spcialits,

    nanmoins leur diffrence. Lide est que pour comprendre la cause des maladies il faut arriver

    trouver des lsions structurelles visibles ou fonctionnelles analysables par lil nue, le

    microscope, ou les examens de laboratoire. Il y a donc une infinit des causes possibles, mais

    un seul type causal: la lsion, une lsion qui lon peut toucher dans une quelque manire, et

    que donc soffre notre action, la possibilit de lliminer pratiquement et concrtement.

    On sait trs bien que ce type de discours peut heurter la sensibilit de la majorit des

    pistmologues et mme dune partie de scientifiques et de mdecins. Lide que la cause des

    maladies dois tre reconductible une lsion, nous renvois en arrire, au moins, la fondation

    moderne de lanatomie pathologique par Gianbattista Morgagni (1682-1771), donc quelque

    chose comme plus de deux sicles sans parler de lanatomie hellniste. Cest une ide

    grossire que a t dj critique et presque dmantele par diverses gnrations des

    mdecins, biologistes, philosophes et historiens.

    Cependant, lanatomie pathologique reste la pierre angulaire de la mdecine

    contemporaine. Si on veut vrifier une diagnostic, donc la cause dune maladie, ou certifier la

    cause dun dcs, on doit se rapporter un des secteurs de lanatomie pathologique. En partie,

    les mmes succs de la microbiologie, grce auxquels sont t presque ou totalement dfaites

    maladies infectieuses comme la peste, la variole, la tuberculose et la syphilis, sont dues ce

    type grossier de raisonnement: les micro-organismes provoquent des lsions visibles qui lon

    peut tudier et partir desquels on peut agir contre le micro-organisme mme ou en

    modifiant la capacit de ragir de lhte.

    On ne veut pas dire que la recherche dune cause de la maladie la plus tangible,

    localise et matrielle soit la meilleure thorie possible pour la mdecine. Nous aussi partagent

    lavis quest une ide grossire, mais nous ne pouvons pas ngliger le fait que cette thorie a

  • 30

    dmontr dtre la plus pratique et efficace au mois jusqu maintenant. Praticit et efficacit

    que sont le but essentiel de la mdecine, que nest pas une thorie, mais une pratique, laction

    de soigner, que peut se fonder sur diffrentes thories selon leurs potentialits concrtes.

    Sur la base de ce discours, on peut soutenir que lancienne Darwinisme Mdicale a t

    une thorie volutive de la maladie trs peu efficace. Et en effet elle na pas port aucun

    avancement de la mdecine. Diathses et constitutions, considres comme produits volutives,

    correspondaient une ide de cause gnrale de la maladie qui ne donnait pas des grandes

    possibilits la thrapeutique. Pour soigner toutes les maladies, lide de base tait, au fond,

    quil fallait renforcer la constitution. Ou, pire encore, quil fallait liminer les individus de

    constitution faible pour amliorer la qualit gntique de la population et la rendre plus

    rsistante aux maladies.

    La Mdecine Darwinienne, au contraire, multiplie le nombre des facteurs analyser

    pour comprendre la cause dune maladie. Plus des causes immdiates, elle propose danalyser

    aussi les diverses vulnrabilits volutives qui peuvent contribuer lmergence ou au cours de

    la maladie. Dj cette contribution mrite dtre pris en considration. Il nous donne une

    perspective plus ample quil semble vraiment avoir le pouvoir de donner quelque chose en plus

    la thrapeutique. Lexemple classique, que nous reportent ici parce quil est le plus intuitif

    comprendre, est celui de la fivre. La fivre, si est cause par un micro-organisme, est en

    ralit une dfense, une adaptation. Le mdecin, si la fivre ne super pas un certain limite, ne

    dois pas donner des mdicaments pour lliminer, parce que en faisant ainsi il touche une

    dfense naturelle de lorganisme et il risque de ralentir la gurison.

    notre avis, la Mdecine Darwinienne a un autre mrite, li, dans ce cas, la

    pathologie gnrale. Cette approche nous propose en effet un programme exprimental trs

    simple. Simple parce que bas sur une seule hypothse de dpart: chaque pathologie peut

    tre lie directement ou indirectement un aspect ou un mcanisme adaptive. La vrification

    systmatique de cette hypothse pour chaque pathologie a la potentialit de porter la

    dcouverte de quelque nouvel aspect dune pathologie donne, comme il a t arriv en

    biologie volutive pour le susnomm ampullae de Lorenzini .

    Cest certain que la Mdecine Darwinienne a plusieurs faiblesses et risques. Tout

    dabord, elle reste une approche encore trs spculative. Deuxime, il porte le risque de justifier

    toutes les maladies ou le symptmes dplaisantes pour le patient. Si une maladie a une origine

    volutive, on risque darriver dire quelle est ncessaire. De la mme manire, si la douleur,

    par exemple, est considre comme une dfense modele par la slection naturelle, on risque

    de soutenir que le patient doit souffrir. Troisime, par rapport au programme exprimentale

    adaptationiste, il y a le grave risque de vouloir trouver tous les cots un aspect adaptatif

  • 31

    dune pathologie, mme sil nexiste absolument pas.

    Il reste que la Mdecine Darwinienne est une approche encore jeune et encore en

    pleine expansion. Laissons le encore un peu de temps pour essayer de dmontrer son efficacit.

  • 32

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