La Garde Montante

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Le Colonel André DJOHOUN est face à sa destinée, qu’il a commencé à construire dans les Forces Armées Béninoises au cours de ses 35 années au service de la Nation. Il y a achevé sa carrière en qualité d’Inspecteur Général des Armées, avec rang de Chef d’État-major Général. Il a fait ses adieux aux armes, le 01 Octobre 2013, étant doublement Commandeur dans l’Ordre National du Bénin et dans l’Ordre du Mérite.Dorénavant, ayant fendu l’armure, il s’engage résolument en politique, en prévision des prochaines échéances électorales au Bénin dont la présidentielle, prévue en 2016.Il expose ici sa volonté et son ambition de conduire la remise en ordre du Bénin autant que de combler les attentes des Béninois.Après avoir dressé, sans complaisance, l’état des lieux caractérisé par une gouvernance pervertie, le Colonel André DJOHOUN, pour qui, il n’y a rien d’inéluctable, pourvu que la volonté soit réaffirmée, dit non au déclin du pays, et prône le Renforcement de l’Etat de Droit, la Normalisation de la vie publique, et une Nouvelle Politique d’Investissement et de Grands Travaux.Il appelle toutes les forces vives, jeunes, femmes, paysans, cadres, diaspora, retraités, artistes, artisans, opérateurs économiques, agents de l’Etat, société civile, et tous autres citoyens, à se réunir à lui, et à construire ensemble, autour du projet de société qu’il a articulé en dix LIGNES DE FORCE appelées ses REFERENTS STRUCTURANTS, le Bénin debout qui relève la tête.

Text of La Garde Montante

  • 1

    Colonel Kokou Andr Cyriaque DJOHOUN Expert certifi en stratgie, scurit et dfense nationales

    Collection Avidea

    LA GARDE MONTANTE

    Projet de socit

  • 2

    Ouvrage autodit sous le label

    Tous droits rservs pour tous pays

    @ditions Romar, 2015

    ISBN 978 99919 0 -146 - 6

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  • 4

  • 5

    SOMMAIRE

    Prologue

    POURQUOI JE MENGAGE07

    Premire partie

    ETAT DES LIEUX : LA MEDIOCRITE TUE !17

    Deuxime partie

    LES RAISONS DESPERER..31

    Troisime partie

    MON AMBITION POUR LE BENIN...47

    Epilogue

    UN HOMME, UN JOUR.135

  • 6

  • 7

    PROLOGUE

    POURQUOI JE MENGAGE

  • 8

    Au deuxime semestre de lanne 1978,

    aprs la formation commune de base au camp de

    Ouidah, alors que jtais jeune recrue, je fus

    dsign de garde la poudrire de la caserne,

    pour la toute premire fois de ma carrire

    militaire.

    En ce lieu qui me paraissait alors recul et

    lugubre de la caserne, il fallait grimper

    lchelle, et se positionner haut perch sur le

    mirador pour avoir une grande capacit

    dobservation. Ce poste de surveillance, non

    seulement permettait une trs bonne vue, mais

    aussi dviter la sentinelle une vulnrabilit.

    Les deux heures de mon tour de faction

    honores, je mattendais tre relev mais

    personne ne vint. Dans le silence assourdissant

    de la nuit, au milieu dune verdure touffue, je

    descendis de l-haut, sous la rose du petit matin

    et commenai comme il nous a t appris

  • 9

    quelques semaines plus tt, de crier gorge

    dploye: Relve ! Relve ! Relve ! Ce que je

    fis, peu aprs deux heures du matin jusquaux

    environs de trois heures et demi, avant de voir

    apparatre le grad de quart, celui-l mme qui

    avait pour tche dassurer la bonne excution de

    la relve. Il sest vu oblig, gn quil ft, de

    marmonner quil stait assoupi.

    Bien quayant le sentiment que la scurit

    de la garnison incombait ma modeste

    personne, en mon tat de jeune recrue peine

    sortie de formation, et que le poids dune si

    lourde responsabilit pesait sur mes frles

    paules, javais tout de mme envie de rendre le

    tablier la fin de mon tour de faction, lheure

    fixe. Chacun devait jouer son rle pour quil en

    ft ainsi.

    Le soldat qui va prendre son tour de

    faction doit sy apprter ; et le grad de relve,

  • 10

    lui, se faire le devoir, puisquil en a la

    responsabilit, de veiller la prparation de la

    rotation et son excution en temps et en heure,

    par un soldat frais.

    En tant que grad de quart, il doit

    sassurer que le tour de faction seffectue dans

    les temps et quen consquence, la rotation par

    la sentinelle descendante et la montante se fait

    en respectant chacune des priodes de deux

    heures conscutives.

    Toute lopration, base sur la stricte

    application du rglement du service de garnison,

    pendant le service de garde de vingt-quatre

    heures, se fait sous lautorit et lil vigilant du

    Chef de poste, que coiffe un sous-officier

    immdiatement subordonn l officier de

    permanence, celui-ci tant dlgu du

    commandant de garnison, commandant darmes

    de la place.

  • 11

    Cest ainsi quil doit en tre lchelon

    national et au sommet de lEtat. La garde

    montante devrait assurer, en dpit des

    vnements, la permanence, lquilibre des

    institutions, et le moment venu, organiser

    bonne date lalternance de la gouvernance de la

    nation. Cest une question de bon sens et de

    responsabilit ; et aucune structure, aucune

    institution charge du suivi et/ou du contrle de

    la relve au sommet de lEtat ne doit se

    donner un temps de repos, ni de complaisance,

    encore moins dassoupissement.

    Pendant longtemps, jai obi aux ordres

    de ma hirarchie. Cest en effet, le devoir sacr

    de tout citoyen engag sous les drapeaux. Obir

    aux ordres peut tre parfois gratifiant, ou

    ventuellement frustrant. Mais, le rglement

    militaire fait obligation dexcuter les ordres

    sans tat dme, sauf le cas manifeste dun ordre

    illgal.

  • 12

    Je dois la vrit de dire quil mest

    arriv dexcuter certains ordres avec

    enthousiasme ; mais il y eut galement des cas

    o jai d me plier par loyaut au rglement

    militaire.

    Il ny a pas lieu dvoquer, ici, le contenu

    de cette seconde catgorie dinstructions reues

    et excutes, sous peine denfreindre le secret

    professionnel auquel je suis tenu, en ma qualit

    dofficier suprieur, avec le grade de Colonel,

    ayant occup en fin de carrire le poste

    dInspecteur Gnral des Armes avec rang de

    Chef dEtat-major Gnral des Forces Armes

    Bninoises, du 02 janvier au 30 Septembre

    2013, avant de faire mes adieux aux armes le

    lendemain, 1er

    Octobre .

    En revanche, pendant mes longues annes

    dactivit (35 ans), les dernires notamment

    lEtat-major Gnral partir de 1999, jai pu

  • 13

    constater les imperfections, voire certaines

    perversions de la gouvernance de notre beau

    pays. Jajouterai que jy ai t parfois confront

    en raison mme de ma proximit, au regard de

    mes fonctions, avec les dcideurs de la nation.

    Mais, en tout tat de cause, je tiens

    affirmer ici que je ne ressens aucune aigreur ; et

    que tout au contraire, mon enthousiasme servir

    mon pays au travers des Forces Armes

    Bninoises a nourri lambition que jai

    dsormais de me mettre la disposition du pays

    pour encore mieux le servir.

    Etant lEtat-major, jai anim quatre

    diffrents bureaux, avant dtre, partir de Mars

    2009 au 31 Dcembre 2010, Conseiller aux

    oprations du Chef dEtat-major Gnral des

    Forces Armes Bninoises ; puis Sous-chef

    dEtat-major Gnral charg des oprations, de

    Janvier 2011 Dcembre 2012.

  • 14

    Au cours de cette priode, jai t affect

    deux reprises au Ministre de la Dfense

    nationale, sjours entrecoups par des missions

    ltranger :

    - la premire, pendant vingt mois, en

    qualit dobservateur militaire de lUnion

    Africaine au sein du mcanisme conjoint

    de contrle et de vrification des

    allgations entre la Rpublique

    Dmocratique du Congo et le

    Rwanda (Avril 2005- Dcembre 2006);

    - la seconde, pendant une anne, en

    qualit de Commandant de la brigade

    multinationale du Katanga, au sein de la

    MONUC (Mission de lOrganisation des

    Nations Unies pour le Congo), incluant

    un contingent bninois (Juillet 2007-

    Juillet 2008).

  • 15

    Ayant fait mes adieux aux armes le 1er

    Octobre 2013, jai dcid, dornavant, en mon

    me et conscience, dans un esprit de

    responsabilit, dapporter ma contribution

    citoyenne et dmocratique ltablissement

    dune garde montante et dune relve la

    tte de mon pays.

    Cette ambition requiert une remise en

    cause et un renouvellement de nos mthodes de

    travail, de nos ides souvent plombes par nos

    pesanteurs et dviances comportementales trop

    longtemps entretenues.

    Mais avant tout, encore faut-il repenser

    nos ttes, ce qui doit nous conduire examiner

    ltat du pays, ce que nous en avons fait, pour

    dterminer sil ny a pas lieu daller plus loin et

    en mieux.

    Ma conviction est que notre pays, le

    Bnin, a imprativement besoin dune remise

    en ordre : cest lessence de mon combat.

  • 16

  • 17

    PREMIERE PARTIE

    ETAT DES LIEUX : LA MEDIOCRITE TUE !

  • 18

    La gouvernance du Bnin est tombe

    dans la mdiocrit, telle enseigne que ltat

    actuel du pays est la chronique dune dchance

    annonce, dfaut de sursaut.

    Nous sommes aujourdhui en face dun

    peuple qui entend, mais ne voit pas souvent et ne

    croit plus en ce quon lui dit ; un peuple qui

    souffre parfois de laction des responsables

    politiques et administratifs, pourtant investis de

    la mission de son dveloppement ; un peuple qui

    exprime souvent le sentiment dabandon ; un

    peuple qui exprime des sentiments

    dincomprhension et de dception, face la

    multiplication des actes et des scandales de

    corruption et de malversation, et face

    linaction apparente des responsables et services

  • 19

    comptents; bref, un peuple au moral trs bas et

    qui semble perdre confiance en lui-mme et en

    ses acteurs et dcideurs politiques

    Laction politique, qui devrait lui

    procurer le mieux-tre, est mene avec des

    moyens et des mthodes perfectibles et de plus,

    celle-ci est souvent marque par dimportants

    actes de corruption et de gaspillage de fonds

    publics chrement acquis, et par limpunit

    permanente. Nos concitoyens des villes et des

    campagnes en parlent entre eux et avec leurs

    dputs. Ils dsenchantent et semmurent parfois

    dans la prison du silence. La presse sen fait

    souvent lcho.

    La reprsentation nationale reste trs

    sensible ces critiques et ces attentes du

    peuple. Elle crie et tire la sonnette

    dalarmeafin dtre plus coute. Elle veut

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    tre mieux entendue afin de contribuer

    corriger, avec le Gou