Les effets de la ritaline sur les plans du comportement et du fonctionnement mental chez l’enfant hyperactif

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  • Neuropsychiatrie de lenfance et de ladolescence 58 (2010) 298305

    Article original

    Les effets de la ritaline sur les plans dfonctionnement mental chez le

    The effects of the ritalin: A point of view of the behaviohyperactive child

    R. Combret aa Psychologie scolaire Havre Nord, cole Jules-Guesde, 20, rue de la Vivandire, 76620 Le Havre, France

    Rsum

    Lhyperacenfants tantdes approchpsychanalyt ltablissehension dedes symptmdinale, amnmental. 2009 Else

    Mots cls : T

    Abstract

    The infanwell at the hAnglo-Saxotherapies. Thhyperactivitby being intpresenting aand of the m 2009 Else

    Keywords: T

    Adresse e

    0222-9617/$doi:10.1016/jtivit infantile est aujourdhui un des centres de proccupation de la socit au regard des difficults grer le comportement de cesau niveau familial que scolaire. Sur un plan thorique, le dbat apparat conflictuel quant la gense du trouble entre les partisanses anglo-saxonne et francophone avec en toile de fond la proposition de soins sappuyant sur des thrapies mdicamenteuses ouiques. Ce travail de recherche prsente dans un premier temps un groupe de 22 enfants et retrace leur parcours mdical aboutissantment du diagnostic de trouble dficitaire de lattention avec ou sans hyperactivit (TDA/H). Dans un second temps, notre compr-linstabilit psychomotrice est donne, partir de notre formation de psychologue-clinicien, en sintressant au sens et la valeur

    es dans les conomies psychiques familiales et individuelles de ces enfants. La dernire partie, prsentant une approche longitu-e se questionner sur les effets de la ritaline, tant sur le plan des symptmes de lhyperactivit que sur celui du fonctionnement

    vier Masson SAS. Tous droits rservs.

    DA/H ; Ritaline ; Effets thrapie mdicamenteuse ; Fonctionnement mental ; Pathologies limites ; Degrs de mentalisation

    tile hyperactivity is today a matter of concern to the society in relation to the difficulties to manage the behavior of these children, asouse as at the school. From a theoretical point of view, the debate is conflicting on the genesis of the disorder between the partisans of then and French-speaking approaches within the background the proposition of treatment with the prescription drug or psychoanalyticalis research work presents at first a group of 22 children and reports their medical examination in order to establish the attention deficit

    y disorder (ADHD). Secondly, our understanding of the psychomotor instability is given, from our psychologists training clinician,erested in the sense and in the value of the symptoms in the family and individual psychic savings of these children. The last part,longitudinal approach, brings the question of the effects of the ritaline, both from the point of view of the symptoms of the hyperactivityental functioning.vier Masson SAS. All rights reserved.

    DA/H; Ritalin; Effects medicinal therapy; Mental functioning; Limit pathologies; Degrees of mentalisation

    -mail : remi.combret@wanadoo.fr.

    1. Introduction

    la lecture des diffrents travaux de recherche traitant delhyperactivit infantile, deux courants de pense peuvent tredistingus.

    Lun, anglo-saxon, sappuie sur lorganogense du troublepour dfinir un syndrome nomm trouble dficitaire delattention avec ou sans hyperactivit (TDA/H). Ces diffrents

    see front matter 2009 Elsevier Masson SAS. Tous droits rservs..neurenf.2009.11.005u comportement et dunfant hyperactifr and the mental functioning in the

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    travaux de recherche posent alors des hypothses lies unehyperactivit constitutionnelle avec pour cause un dysfonc-tionnementthrapie mladministr

    Lautre,motrice enpsychomot sinterroglenfant enextrieur [4chanalytiqupsych ces

    Le but dtion thoriqmen par lSOS. Cetteau servicegier lappro[9]. Laffaidune ptitnant alors lmainmise d[10].

    Il sagitpar le miliepuis sontrouble lfois cette cla ritaline,pose.

    2. Mthod

    Ce travalier o un gconstitu. Lenseignantdu groupe sre sur uneinfantile.

    Le diaglhpital psychologilogues scolde Connersque sur leafin de vali

    Ces deutmes prenlinattentio

    Une foila passatiosintressertionnementpreuves dperceptivo-

    encore projectives avec le Thematic Apperception test (TAT)[16] ou le scno-test [17] sont proposes.

    ilane, libec lamepar

    ns psans eapiesi, decheondine s.

    sent

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    de las pros leue aifficcturartirs reteensels de

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    reprrs [1s etis ve], lere Cnneenv.r les

    nnerst clama

    danou une anomalie crbrale [13]. Le recours ladicamenteuse est alors propos avec notammentation de la ritaline.francophone, propose le terme dinstabilit psycho-rfrence la psychogense du trouble. Linstabilitrice est alors envisage comme acquise et amne alorser sur les causes du dveloppement de ce trouble chezlien avec son mode de relation lenvironnement8]. Le traitement propos est alors la thrapie psy-e en vue de comprendre et de rendre tolrable lasymptmes.e cet article nest pas de revenir sur cette opposi-ue, parfois strile, comme en tmoigne le combat a puissante association suisse Hypsos-hyperactivit

    dernire, par presse interpose, reproche en effetmdico-psychologique (SMP) de Genve de privil-che freudienne au dtriment des aspects biologiques

    re est alors porte au parlement de Genve, lappuiion de 7000 signatures, mais restera sans suite ame-association promettre de revenir et de regretter lae Sigmund Freud sur la psychothrapie Genve

    ainsi plus dclairer le lecteur sur les outils propossu mdical en vue daboutir au diagnostic du TDA/H,traitement, avant de proposer nos hypothses sur ceappui de nos outils de psychologue-clinicien. Unelarification effectue, la question de lefficacit deen termes de cot et bnfice pour le sujet, est alors

    ologie

    il de recherche [11] sest droul en milieu hospita-roupe de 22 enfants, gs de 6,7 ans 12,2 ans, a torigine de la demande provient des parents ou des

    s avec pour particularit une constitution trs rapideuite une mission tlvise passe en dbut de soi-grande chane publique et traitant de lhyperactivit

    nostic du TDA/H est pos par le neuropdiatre departir de lexamen mdical mais aussi de bilans

    ques raliss par des neuropsychologues ou psycho-aires. Le mdecin sappuie aussi sur le questionnaire[12], distribu aux familles et aux enseignants, ainsi

    manuel de psychiatrie amricaine, le DSM-IV [13],der le trouble.x outils proposent une cotation de diffrents symp-ant en compte les trois versants du TDA/H que sontn, lhyperactivit et limpulsivit.s le diagnostic pos, ces enfants sont recus pourn dun examen psychologique approfondi afin de

    aux aspects relationnels ainsi qu leurs fonc-s tant sur le plan cognitif que psychique. Desefficience intellectuelle comme le WISC-III [14],motrice telle la figure complexe de Rey [15] ou

    Le bhommpuis av

    Comtementexame

    des bilde thr

    Aincette run sec

    la ritalmental

    3. Pr

    3.1. U

    Unetu saAinsi,nellescelleschiffre

    Danclassiqleurs dde la le

    pcritrepour l

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    ceslh

    3.2. U

    EnConneparentles troIV [13du critfonctiotypes dmaison

    Poude Coraissenfamilletementest complt par les preuves de dessin (famille, bon-re) ainsi que par des entretiens mens avec lenfantfamille.

    convenu avec le neuropdiatre de lhpital, le trai-la ritaline est programm aprs la passation des

    ychologiques afin de pouvoir comparer les donnesntre un avant sans ritaline et un aprs en coursmdicamenteuse.eux annes plus tard, lapproche longitudinale derche consiste proposer lensemble de ces enfantsbilan psychologique amenant valuer les effets deur les plans du comportement et du fonctionnement

    ation et analyse des donnes

    opulation htrogne

    nde htrognit apparat au sein du groupe consti-ace de marqueurs environnementaux particuliers.ituations familiales, les catgories socioprofession-

    encore socioconomiques apparaissent proches derpartition de la population nationale au regard desposs par lInsee.mme temps, le parcours scolaire de ces enfants estvec pour trois dentre eux une anne de retard lie ults dapprentissage scolaire notamment au niveaue.de cette prsentation du groupe et de ces quelquesnus, il apparat donc difficile de dresser un profil typemble de ces enfants.ux points de convergence apparaissent :

    eprsentation du sexe masculin, soit 20 garcons poures, mais qui se retrouve classiquement dans la plupartes portant sur lhyperactivit [13] ;nts sont tous diagnostiqus par le neuropdiatre decomme atteints du TDA/H.

    onne abilit des chelles comportementales

    enant notre compte lutilisation de lchelle de2], notre perception est trs proche de celle des

    des enseignants et ce pour 17 enfants du groupe orsants du TDA/H se retrouvent. lappui du DSM-trouble est donc valid avec notamment le respectncessitant la prsence dun certain degr de gne

    lle lie aux symptmes dans deux ou plus de deuxironnement diffrents, par exemple lcole et la

    cinq enfants restants, lanalyse des questionnaires[12] montre que les symptmes du TDA/H appa-

    irement soit en milieu scolaire soit au sein de lais ne sont pas cots avec la mme intensit conjoin-s les deux milieux. Le diagnostic du TDA/H ne tient

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    alors pas en raison de linvalidit du critre C du DSM-IV[13].

    Cette dipoint de vuet amne suite au coscolaire etlenvironnealors se po

    Suite cIV [13] etdiagnostiqu22. Cette areflte ainstrouble estjacente lidlexamen mconstitutionmdicamen

    3.3. La qu

    Pour cosymptomatinfantile esmique. Il set de consilien avec leet de prendcognitive o

    Concernnes permsuite la p

    pour 15entre lescul dunune rpacourbe dniveauxse situetuelle, sizone nor

    pour lesintellectcomprisQIT de22 enfanune dysh[19].

    Concernau regard22 enfantslenfance d

    En effet, une distorsion apparat nettement concernant lesquatre supports de la vie mentale suivants :

    dfaisconchediffidfa

    nalyses desatios pe

    i onymtre ei oe avsivesi oau d

    a va

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    misedesn aun duou,

    e mo

    gitats, pecom

    de. Ceomm

    c [2luttvergence de perception se retrouve aussi de notree lors de la passation des examens psychologiquessinterroger sur la prsence dun trouble ractionnelmportement diffrent de lenfant dans les milieuxfamilial. Les questions de la relation et de la part dement extrieur dans le diagnostic du TDA/H peuvent

    ser.ette premire analyse des donnes, les outils DSM-

    Conners [12] sont donc dune bonne fiabilit afin deer le TDA/H et ce pour 17 enfants sur le groupe depproche propose par le neuropdiatre de lhpitali le courant de pense anglo-saxon o la cause duprsente comme dorigine organique avec sous-e dun dysfonctionnement crbral objectiv pardical. Lhyperactivit est alors considre commenelle et le traitement propos passe par la thrapieteuse avec la prescription de la ritaline.

    estion de lorganisation mentale

    mplter cette approche anglo-saxonne, axe sur laologie du trouble et sa quantification, linstabilitt aborde sous langle de lapproche psychodyna-agit alors de sintresser la psychogense du troubledrer linstabilit psychomotrice comme acquise ens interactions de lenfant avec son monde environnantre en compte ses dimensions relationnelle, psychique,u encore affective.ant le fonctionnement cognitif, lanalyse des don-

    et de rpartir ces 22 enfants en deux sous-groupesassation du WISC-III [14] :

    enfants, lhomognit des quotients intellectuelschelles verbale et de performance permet le cal-quotient intellectuel total (QIT) fiable et amne

    rtition classique en rfrence la distribution de lae Gauss. Ainsi, lappui de la classification desdintelligence propose par lOMS [18], un enfantdans la zone normale forte de lefficience intellec-x enfants dans la zone moyenne, sept enfants dans lamale faible et un enfant dans la zone limite ;sept enfants restants, lhtrognit des quotients

    uels entre les chelles verbale et de performance,e entre 16 et 25 points, ne permet pas le calcul dunmanire fiable. Ainsi, prs dun tiers du groupe dets prsente un style cognitif particulier marqu pararmonie des fonctions cognitives au sens de R. Miss

    ant lapprciation du fonctionnement psychique, etdes grands traits psychopathologiques reprs, cesentrent dans le cadre des pathologies limites defini par R. Miss [19].

    desla d

    des des des

    Laregistrorganigroupe

    celusyno(qua

    celutiqumas

    celunive

    3.4. L

    Depsychoson se

    aux m

    tout auLe

    de M.apparalidentrepration de

    Cerence a

    lobjetdans lament cla ralainsi s

    Lasationrelatiolisatiodaidepar un

    Laenfantpar letravailinternenous c

    G. Swe cetteuts dinvestissements libidinal ou narcissique lis tinuit des processus de soins maternels ;cs dans lavnement de lespace transitionnel ;cults dlaboration de la position dpressive ;illances narcissiques.

    e plus fine des donnes montre une diversit desfonctionnement psychique au sein de cette grande

    n des pathologies limites de lenfance o trois sous-uvent tre distingus :

    dominent une restriction et une inhibition de la pensees dune faiblesse des possibilits de mentalisationnfants) ;sont reprables des lments coloration prpsycho-ec une alternance entre affects massifs et dfenses

    ou avec un registre plus labile (14 enfants) ;la frange nvrotique est plus prsente renvoyant une mentalisation plus abouti (quatre enfants).

    leur des symptmes

    e point de vue, et en lien avec les diffrents traitsologiques reprs, lhyperactivit motrice prend touttant que lutte contre la perte de lobjet et participe

    ismes de dfense connotation maniaque reprablesg de lanalyse des donnes.rs des mcanismes de dfense maniaques, au sens

    n [20,21] dcrivant la position paranode-schizode,core frquent. Les lments du clivage, du dni, detion projective ou encore de lisolement sont ainsi la lecture des rcits du T.A.T ou lors de la construc-narios au scno-test.

    ept de dfense maniaque peut aussi tre repris en rf-avaux de D.W. Winnicott [22] lorsque la relation avecrieur est utilise pour tenter de diminuer la tensionlit intrieure. Lors des preuves proposes, notam-renvoyant la confrontation labsence, le dni deterne, associ la fuite dans la ralit externe, estnt prsent. distance des sollicitations latentes lors de la pas-

    preuves projectives passe aussi par le recours lapsychologue-clinicien renvoyant alors une externa-conflit dans la relation. Il sagit souvent de demandes dautres moments, de tendances au refus marquesnte des mcanismes dopposition et de provocation.ion motrice, trs prsente pour la majorit de cesrmet aussi de lutter contre labsence. La dchargeportement est alors immdiate et court-circuite lela pense en limitant la confrontation au monderecours lagir et au mouvement est entendre selone procds auto-calmants tels quils sont dcrits par3] en tant que mcanisme de rassurance participante contre la perte de lobjet. Cette mise en avant du

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    corps amne alors une rassurance contre les fragilits narcis-siques et apparat comme source de gratification pour lenfanten sollicitant et en se rappelant lenvironnement extrieur.

    Cela tant, ces dfauts dintriorisation et de constitution despremiers objets privilgis, freinant lengagement d...

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