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MELRAND (56). Village de Lann Gouh. Rapport de fouille ...bibliotheque.numerique.sra-bretagne.fr/files/original/0b...LANN GOUH MELRAND RAPPORT DE FOUILLE 1987 N du site : 56 128 002

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  • SOMMAIRE

    pages

    Introduction 4

    1 L'équipe 5

    2 Présentation du site 7

    2.1. Le village 7

    2.2. L'environnement du village 11

    -3- Buts poursuivis en 1987 15

    3.1. La consolidation des murs 15

    3.2. Le secteur ouvert en 1987 17

    3.2.1. Le décapage 18

    3.2.2. Description des structures étudiées 19

    3.2.2.1. Les strucutres appareillées ... 19

    3.2.2.2. Les structures en creux 25

    3.2.3. Le matériel 34

    3.2.4. L'organisation de l'espace notions d'ensembles 39

    Conclusion 41

    Plans

    Annexes

  • LANN GOUH MELRAND

    RAPPORT DE FOUILLE 1987

    N° du site : 56 128 002

    Cadastre : 1986 YI 13, 17

    Coordonnées Lambert : zone II Bx = 192,5 ; By = 344,4

    Altitude : 110 m

    Responsable : Joëlle CHALAVOUX

  • LANN GOUH MELRAND 1987

    Lann Gouh Melrand est un site d'habitat, fouillé et publié

    pour la première fois par Aveneau de la GRANCIERE en 1902, puis repris

    par Patrick ANDRE de 1976 à 1980. Considéré comme un "oppidum du temps

    des Celtes" par A. de la GRANCIERE, il a été réétudié par Patrick ANDRE

    et défini, grâce à la céramique et à une date radiocarbone, comme vil-

    lage médiéval déserté : P. ANDRE, Archéologie médiévale, T XII, 1982

    P 155-173. Il s'inscrivait alors dans le programme de recherche sur

    les villages médiévaux désertés, lancé par La Direction des Antiquités de Bretagne.

    Il a été acquis, depuis 1985 par la Commune de Melrand, et

    il est l'objet d'une opération de mise en valeur (consolidation des

    vestiges, ouverture au public et création d'un centre d'archéologie

    expérimentale), dont le maître d'ouvrage est le Syndicat Intercom-

    munal d'Aménagement Touristique de la Vallée du Blavet, avec la par-

    ticipation du Ministère de la Culture, de la Direction des Antiquités

    de Bretagne, de la Région, du Département, de la Commune et de la

    Fondation des Pays de France. Les premiers travaux de débroussaillage

    ont permis de révéler une aire d'occupation plus étendue que celle que Patrick ANDRE avait publiée.

    En 1986, un sauvetage lié aux travaux de nettoyage et de

    consolidation avait permis d'identifier des structures de bois anté-

    rieures à l'une des maisons construites en pierre. Une campagne de

    fouille-a donc été décidée pour 1987.

    Elle s'est déroulée du 1er juillet au 15 août 1987, complétée

    par quelques interventions en automne.

  • - 5 -

    1. L'EQUIPE :

    La demande d'autorisation de fouille prévoyait une équipe permanente d'une quinzaine de bénévoles. Elle a été beaucoup plus réduite pour deux raisons :

    - une certaine difficulté de recrutement des bénévoles,

    - les crédits de fonctionnement alloués à cette campagne n'auraient pu permet-tre de prendre en charge 15 personnes pendant 45 jours.

    tier a varié entre 5 et 7 d'un bout à l'autre de la campagne. Les bénévoles

    étant presque tous sans expérience de fouille, et le terrain étant relativement difficile, ce nombre était correct pour réaliser un bon encadrement.

    Le nombre de fouilleurs présents simultanément sur le chan-

    Ont donc participé à la campagne de fouille 1987 (par ordre alphabétique) :

    Philippe BODIN

    Monique BONDON

    Thierry CALLEC

    Agnès MATIGNON

    Thierry OLIVO

    Renaud PERSON

    Stéphane PION

    Evelyne PROTET

    Dominique DEROUT

    Anne GEBHARDT

    Eric GAUME Bruno REMACLE Emmanuel JOURDREN Léone RENAUD Christophe LE CLAINCHE

    Gildas LE PRIELLEC

    Véronique LE SAUX Jean-Pierre VAN STAËVEL

    Gaelle SAILLE

    L'ensemble des stagiaires ont participé aux relevés, du mo-bilier et des structures. Leur enregistrement était assuré par le responsable de la fouille (J. CHALAVOUX).

  • - 6 -

    Quelques études présentées en annexe ont été prises en charge par :

    - Sylvie TICOT "Carte des sols" (Annexe 1),

    - Dominique DEROUT "Carte de la végétation" (Annexe 2),

    - Loïc LANGOUET (D. MARGUERIE, B.BIGOT) "Prospection électrique" (Annexe 3),

    - Dominique MARGUERIE et Bernard BIGOT "Analyses chimiques et palynologiques" (Annexe A),

    - Anne GEBHARDT "Prélèvements micromorphologiques" (Annexe 5),

    - Eric GAUME, Evelyne PROTET "Analyses des parements internes des murs de la mai-v, son M (Annexe 6) ;

  • - 7 -

    2. PRESENTATION DU SITE :

    2.1 le village :

    Il a été construit sur le sommet d'un plateau dominant un

    affluent de la Sarre, sur une pente douce exposée au sud (de 6,7 % environ). Il

    couvre actuellement 1,2 ha et a probablement atteint une superficie plus impor-tante (photo de couverture).

    Le plan que publiait Aveneau de la GRANCIERE en 1902 (fig

    1) est difficile à reconnaître dans les relevés que nous avons pu effectuer. Son

    aspect ne peut être attribué à un état du site qui aurait été bouleversé par la

    suite car les talus, postérieurs au village médiéval et qui structurent actuelle-

    ment le paysage, sont indiqués sur le cadastre de 1828, c'est-à-dire bien avant

    la visite d'Aveneau de la GRANCIERE. Le remembrement de 1975 n'a pas touché les

    parcelles concernant les vestiges du village : elles présentaient récemment peu

    d'intérêt pour les activités agricoles. Très encombrées de pierres et de talus,

    elles n'ont jamais été labourées, mais entretenues pour l'exploitation de la lan-

    de, comme en témoignent les données cadastrales depuis 1828. Cette exploitation

    est abandonnée depuis 20 ou 30 ans ; les broussailles avaient entièrement coloni-

    sé le site lorsque Patrick ANDRE en reprit l'étude et lui masquaient une grande partie des vestiges (fig 2).

    Seul un nettoyage intensif, puis un entretien permanent du site pouvaient permettre de reprendre l'étude globale du village. Une première

    tentative de relevés de végétation, avant ce nettoyage avait été peu fructueuse,;

    les fougères, les ronces et les troncs effondrés ayant étouffé les autres plantes.

    Cependant le "nettoyage intensif" n'a été réalisé qu'à la main et sans aucun dé-

    sherbant. Les espèces encore présentes mais difficiles à déceler se sont aussitôt révélées.

  • - 8 -

    •"V

    Fig. 1 Plan publié par Aveneau de la GRANCIERE en 1902

    Fig. 2 plan de C. MAUNY, publié par Patrick ANDRE en 1982

  • - 9 -

    Le village est actuellement limité au Nord par un talus

    construit qui suit à peu près le bord du plateau, et qui est en cohésion

    étroite avec le réseau de talus révélant les vestiges de constructions

    (plan 1) . Par contre les talus situés à l'Est et au Sud, sont de facture

    beaucoup plus récente et datent probablement de l'implantation du bocage

    au XVIe-XVIIe siècle. Cette interprétation chronologique est justifiée

    par quelques autres éléments :

    - Le talus Est recouvre le talus Nord à leur intersection. Il recouvre

    également un mur du village (fouille P. ANDRE) dans la partie où il

    délimite une parcelle dénommée Er veignec dans le cadastre de 1828

    (= la pierrère, le champ épierré).

    - Une trace de foyer a été relevée à l'Est de ce talus lors du dcssouchage

    de la parcelle où ont été réalisées les reconstitutions.

    - Enfin, au delà du talus Sud, la photographie aérienne révèle, dans un

    champ actuellement cultivé, des substructions qui ne sont plus visibles

    au sol, mais dont le plan rapelle fortement celui de la maison M (fig 3).

    fig. 3 Vue aérienne prise du Sud Ouest. La zone fouillée que contourne le

    chemin de visite, et les champs voisins où apparaissent des substruc-

    tions .

  • - 10 -

    Le réseau de talus, relevé sur le plan 1, présente une certaine

    organisation : des unités, composées de 1 à 3 bâtiments accolés à un

    enclos, sont disposées assez régulièrement de part et d'autre de 3 axes

    de circulation se rencontrant dans le quart Nord-Ouest du village, au

    sommet du plateau. La zone Sud-Est du village, déjà explorée par A. de la

    GRANCIERE et étudiée par P. ANDRE, ne présente pas la même relation bâti-

    ments / enclos, mais on peut remarquer que les bâti^-ments sont regroupés

    par 2 ou 3 : un ensemble de deux bâtiments (J,K) borde l'axe de circu-

    lation Nord-Ouest - Sud-Est qui se termine au Sud-Est par une "place"

    limitée par deux groupes de trois bâtiments (B,F,G/H) au Nord et (A,D,C)

    au Sud. La limite Est est actuellement inconnue, et probablement amputée

    par le talus postérieur.

    Cette zone basse, plus proche des champs cultivés, et des grands

    talus construits vers les XVI° - XVII° siècles, a été probablement plus

    perturbée que la partie haute du village. Elle a d'autre part été l'objet

    de différentes campagnes de fouilles, et, malgré une coopération certaine,

    il n'est pas toujours facile de poser certaines questions à posteriori.

    Il restera problématique d'établir si le contraste entre le Nord et l'Ouest

    d'une part et le Sud-Est d'autre part, correspond à une différence struc-

    turelle du village ou à une différence de conservation.

    La fouille a cependant montré qu'il existe des rapports strati-

    graphiques entre les différents bâtiments des ensembles que nous avons

    définis selon des critères géographiques : si tous les bâtiments ne sont

    pas contemporains, leur regroupement révèle peut-être une certaine stabi-

    lité de l'organisation du village, plutôt qu'un aspect réel d'une "cellule"

    du village médiéval, à un moment donné de son existence. Cette question

    sera développée dans la description des structures étudiées cette année.

  • -11-

    2.2 L'environnement du village :

    L'économie médiévale reposant essentiellement sur l'agriculture,

    étudier un village se signifie pas seulement en connaître les bâtiments,

    mais également tenter de retrouver dans quel terroir il s'inscrivait.

    L'étude de son environnement est la première étape de cette recherche.

    Le relief

    Le plateau sur lequel est construit le village se prolonge vers

    le Sud, tandis que les côtés NO, N et NE descendent abruptement : de 30 m

    en 80 m, au plus fort de la pente (près de 40%), vers un petit ruisseau

    dont la vallée encaissée débouche 600 m au NE et 30 m plus bas sur la vallée de la Sarre.

    Fig 4 Carte au 1/4000, montrant le relief et les points d'eau.9

  • - 12 -

    L/eau

    Les trois points d'eau actuellement connus sont extérieurs

    au périmètre du village médiéval : l'un à 200 m au Nord, l'autre à

    400 m au Sud Est, et le troisième à 500 m au Sud, ce dernier est situé

    sur le plateau, (10 m plus bas que le village), toujours utilisé par

    la ferme voisine de Noguello. Les deux autres sont à une altitude

    inférieure de 30 m à celle du site, et ont été l'objet d'aménagement

    de fontaines au XVIe ou XVIIe s. Celle du Sud-Est, bien que dans un

    état d'abondon avancé existe toujours, celle du Nord est détruite

    depuis une cinquantaine d'années.

    Une tourbière en formation dans les marais du ruisseau

    coulant au Nord pourra éventuellement fournir quelques indications

    sur l'évolution du climat, de l'hydrographie, et de l'action humaine alentour.

    Les_sols )

    Une carte des sols par prospection à la tarière a été effectuée

    par Sylvie TIC0T, Pédologue à la Chambre d'Agriculture du Morbihan :

    annexe 1. Cette première opération était également liée au programme

    d'expérimentation agricole que développe la Ferme Archéologique de

    Melrand, et donc aux terrains éventuellement utilisables. Les champs

    actuellement cultivés au Sud du village, sur la plateau, ont été

    remembrés et labourés profondément ; les résultats risquent en con-

    séquence d'être difficilement utilisables, que ce soit pour la carte des sols ou pour l'expérimentation.

    La végétation

    Des relevés de végétation ont été réalisés par Dominique

    DER0UT au cours d'un stage effectué dans le cadre d'un B.T.S. "Protection

    de la Nature" au Lycée Agricole "Henri Queuille" de NEUVIC en Corrèze.

    Il devait participer à l'étude du village de Lann Gouh Melrand dans son environnement.

  • - 13 -

    Il nous a laissé un herbier de 65 plantes et doit nous ren-

    dre des graphiques de répartition de ces plantes dans le courant du printemps

    prochain. Une première carte est présentée en annexe 2.

    Le ramassage de surface

    Les tessons éparpillés dans les champs ne sont pas forcé-

    ment directement témoins d'un habitat à l'endroit de leur découverte : ils peuvent

    être liés à la fumure des champs.

    Une prospection systématique doit donc commencer, en relation

    étroite avec les agriculteurs voisins.

    Les archives

    Le premier relevé cadastral de la région date de 1828. (fig

    5). La lecture des versions successives du cadastre peut donner des indications

    précieuses quant à l'évolution du paysage et de sa toponymie.

    Les autres documents d'archives semblent pour le moment ou

    trop récents ou trop peu explicites. Une recherche plus poussée reste cependant

    indispensable.

    Connaître précisément le terroir de Lann Gouh Melrand rélè-

    ve sans aucun doute de l'utopie, mais on peut espérer cependant obtenir des résul-

    tats intéressants.

    Cette entreprise est programmée et menée en collaboration

    étroite avec Dominique MARGUERIE, Bernard BIGOT, Anne GEBHARDT et Marie-Pierre

    RUAS.

  • BUTS POURSUIVIS EN 1987

    Après le sauvetage de 1986, il était apparu que le village

    comportait des structures de bois plus anciennes que les constructions

    de pierres, et de plan différent. Une prospection électrique a été

    menée par D. MARGUERIE et B. BIGOT dans les enclos ne comportant aucune

    élévation apparente. Le résultat est en annexe 3 et nécessiterait un

    sondage de reconnaissance. Il faut d'ailleurs noter que la végétation

    signalait une acidité particulièrement élevée à l'emplacement de

    l'anomalie : on pouvait en effet identifier une tache très nette de

    petite oseille plante qui affectionne particulièrement les sols acides.

    La fouille de 1987 se proposait donc d'élargir son approche,

    et d'ouvrir un grand secteur, avec un décapage général, afin de ne pas

    être limitée à priori par la structure la plus évidente : celle des

    murs dont l'élévation est encore perceptible.

    D'autre part, cette fouille s'attachait à étudier la zone où

    Patrick ANDRE a déjà fouillé, et où la conservation des murs dégagés

    depuis plus de 10 ans revêt un certain caractère d'urgence. Cette

    exigence a bien sûr eu des conséquences sur l'organisation du dérou-lemet de la fouille.

    1 - La consolidation des murs

    La consolidation des murs comporte deux aspects :

    - redonner à l'assise du mur le support de terre indispensable,

    puisque certains se retrouvent comme "suspendus", après la fouille de

    niveaux inférieurs.

    - redonner aux pierres du mur leur cohésion.

  • - 16 -

    . La préparation :

    Ces deux opérations impliquent que l'on masque des données

    encore visibles, et que l'on déplace et remette en place certaines

    pierres. Un préalable était donc inévitable : le relevé précis de

    toutes les structures construites, aussi bien en plan qu'en élévation.

    Un plan avait été dressé par Mr MAUNY lors des fouilles de P. ANDRE,

    et on peut déjà constater une dégradation considérable.

    Ce relevé a été confié à Eric GAUME et Evelyne PROTET et

    est actuellement en cours. Une dizaine de bâtiments sont à enre-

    gistrer. Nous présentons ici celui de la maison M. Cf annexe 6

    . La technique de consolidation :

    - Le remblaiement des parties surcreusées se fait après marquage du

    niveau atteint par la fouille, à l'aide d'un filet à oiseaux en nylon

    qui présente l'avantage d'être imputrescible, de laisser circuler

    librement l'eau et d'être très peu onéreux.

    Ce remblaiement est effectué avec de l'arène granitique

    argilo-sableuse locale, très proche de la qualité du niveau atteint

    par la fouille, à l'intérieur des maisons de pierre, de façon à con-

    server l'espace "habité" sans végétation. L'extérieur est rempli de

    terre végétale et est engazonné.

    - La cohésion des murs est un problème difficile à résoudre. L'ad-

    jonction d'un mortier risquerait de créer des solutions de continuité

    dans la porosité du mur et d'occasionner des plans de rupture, en période de gel.

    Michael BATT nous ayant signalé qu'à Karhaes Vihan les ]'.>;•

    murs couverts de bruyère avaient beaucoup mieux résisté au temps que

    les autres, nous avons été amenés à faire la même constatation à

    Melrand. Les pierres sont donc recalées simplement avec de la terre

    et le dessus du mur est protégé par un tapis de bruyère obtenu soit

    par désherbage sélectif, soit par plantation. Deux cent cinquante plans de bruyère seront mis en place en Février.

  • - 17 -3. 2 - Le secteur ouvert en 1987 (plan 1 et 2)

    Le plan 1 indique la situation des secteurs ouverts en 1986 et

    1987 et respectivement dénommés 1 et 2. Ils se situent dans la zone Sud du village.

    L'ensemble du site a reçu un carroyage de 10 m en 10 m numé-

    roté, de A à M d'Est en Ouest, et de 1 à 13 du Sud au Nord. L'origine de

    numérotation avait été placée à l'Est et au Sud car les limites semblaient

    connues dans cette zone, et encore masquées par les broussailles au Nord

    et à l'Ouest. Chaque carré de 10 m de côté est quadrillé à son tour en

    mailles de 1 m, de a à j d'Est en Ouest, et de 1 à 10 du Sud au Nord.

    Le secteur 1 était limité aux bâtiments dénommés A et C par

    P. ANDRE et au four adjacent au bâtiment A, car il était strictement

    défini par les besoins de la consolidation.

    Le secteur 2 correspond à une volonté plus délibérée.: l'in-vestigation d'une aire assez étendue, sans la contrainte des informations

    à priori que donnent les murs. Il correspond donc grosso-modo à un carré

    de 20 m de côté : 400 m ont été décapés ; mais inégalement fouillés. La fouille n'a pu être exhaustive pour différentes raisons :

    - L'intérieur de la maison M, qui semblait déjà fouillé nous a réservé

    de nombreuses surprises,accaparant une bonne partie du temps de la cam-

    pagne. Il était en effet urgent de terminer la fouille afin de consolider

    les murs et de remblayer les dénivellations importantes occasionnées par

    la fouille à l'aplomb des murs.

    - L'affluence des touristes enfin s'est révélée lourde pour-le fonctionnement

    du chantier. Le site étant ouvert au public on ne peut que se féliciter- du

    nombre de 10 000 visiteurs dans l'été, mais ce succès inespéré a eu bien

    sûr ses inconvénients. Toutefois, ce handicap n'a pas eu de conséquences

    considérables, grâce à l'énergie des fouilleurs qui ont accepté des ho-

    raires très lourds, atteignant 10 heures par jour.

    La saison prochaine, des visites organisées sont prévues, afin de soulager la fouille du poids touristique.

    Ceci dit, la campagne 1987 a été riche en enseignements.

  • 3.2.1. Le dérapage - 18 -

    Le décapage de l'herbe, à la houe, a fait apparaître les

    premiers tessons, en surface, sur l'ensemble du secteur, témoignant

    de la faible sédimentation depuis la période médiévale : les dépôts

    humiques ont comblé les creux, ennoyant les murs, mais les grandes

    étendues continuellement ratissées pour entretenir la lande sont

    restées proches de ce qu'elles étaient lors de l'abandon du village.

    Immédiatement sous l'herbe, l'humus contient donc des

    traces de l'utilisation du sol à l'époque médiévale. La lande ayant

    été pâturée encore récemment, les informations peuvent être difficiles

    à interpréter.

    Afin d'aborder concrètement ce problème, nous avons effectué

    une série de prélèvements sur toute la surface extérieure aux bâtiments

    et à l'étroite bande déjà fouillée le long des murs. A raison de 2

    prélèvements par mètre carré, l'un juste sous l'herbe, le second 5 cm

    plus bas, sous les racines, nous avons récolté environ 350 échantillons

    (fig 8). Pour limiter le coût des. analyses, nous avons procédé par

    étapes : commençant par la série 2, la plus profonde, nous n'avons con-

    servé le maillage de 1 m que pour la zone où nous avons identifié des

    structures en creux, afin d'établir une éventuelle corrélation ; pour

    les zones voisines, nous avons élargi le maillage à 3 m, dans un

    premier temps ( annexe A).

    Fig. 6 La collecte des échantillons

  • - 19 -

    3.2.2. Description des structures étudiées

    Les différentes structures rencontrées peuvent se répartir en deux groupes :

    - les structures appareillées et les structures d'accumulation, - les structures en creux

    3.2.2.1. Les structures appareillées (les murs, les foyers) et les structures d'accumulation

    • Les murs

    Sont compris dans l'étude du secteur 2 les murs M 14, M 15, M 16,

    M 17 (murs de la maison M de P. ANDRE), M 18, M 19, M 20 et M 21, ainsi que

    les murs Ml, M2, M3 et M4 (maison C) déjà abordés dans le secteur 1.

    Construits avec deux parements de grosses pierres et un noyau central

    de blocage de petites pierres et de terre, sur une hauteur réduite, ces

    murs semblent présenter, à première vue, une grande homogénéité. Une obser-

    vation plus approfondie nous permet de noter un certain nombre de données

    intéressantes pour la connaissance de la structure et de l'histoire du village et de chaque bâtiment.

    Un relevé exhaustif est actuellement confié à Eric GAUME et Evelyne

    PROTET. Dans un premier temps, ils présentent en annexe 6, l'étude des

    parements internes des murs de la maison M.

    Quelques indication importantes sont à retenir :

    - la maison M , dans son ensemble est construite selon la pente naturelle

    du terrain, prenant parfois appui sur le socle granitique.

    - on ne peut identifier aucune tranchée de fondation dans le substrat

    d'arène granitique, mais la conservation irrégulière des différentes assises

    du mur M 14 laisse supposer que l'assise inférieure était enfouie, puis-

    qu'elle n'a pas subi la déformation des assises supérieures. Cela peut éga-

    lement correspondre à un comblement rapide du bas de la maison. Les couches

    supérieures manquant, le diagnostic est impossible

  • - 20 -

    S N

    terre brune

    arène granitique

    Fig 7 Schéma de la déformation du mur M 14

    - des ruptures ont été constatées dans l'appareillage qui signalent des

    reprises de maçonnerie, en particulier, la condamnation d'une entrée à l'Est.

    - enfin, l'aménagement des deux angles Sud de la maison, par un décrochement

    progressif de la première assise vers l'intérieur, constitue une espèce de

    corbeau en arc de cercle, tangent intérieurement au mur. Cette disposition

    symétrique est probablement liée à l'implantation de la superstructure.

    Les murs Ml, M2, M3 et M4 sont en cours d'étude

    Les murs M 21 et M 18 :

    Comme le montre le plan public par P. ANDRE et rappelé dans le plan

    d'ensemble (plan 1), les murs M 18 et M 21 appartiennent probablement à un

    bâtiment antérieur à M 19 et à M 15 et M 16: un éboulis (st.5), au plus tôt

    contemporain de la destruction de M 21, sert d'assise à la construction de

    M 16 (fig. 8 et fig. 9). La partie inférieure d'une meule tournante se trou-vait retournée sur le sol, probablement associée à st. 5

    Fig. 8 M 16 est construit sur l'éboulis st.5 appuyé contre M 21 à gauche.

    le long de M 21, deux trous de poteaux au premier plan, la meule-

  • - 22. -

    Les murs M 22, M 19, M 21 et M 23

    Ces quatre murs présentent des caractères communs, bien que M 23 ne

    soit pas encore dégagé et soit peut-être réduit à l'état de talus :

    - leurs premières assises reposent sur l'humus, au-dessus du niveau des

    premières assises des murs de maisons les plus proches.

    - M 19 et M 20 forment un angle sans aucun chaînage entre leurs pierres respectives.

    - M 22 rejoint l'angle M 14 - M 17, également sans chaînage.

    - ils ne s'associent à aucun autre ensemble de murs avec lesquels ils

    pourraient constituer les vestiges d'un bâtiment. M 19 décrit même une

    courbe qui, remontant vers le Nord, est parallèle aux bâtiments J et K.

    Il s'agit plutôt de murets structurant l'espace du village que de murs de bâtiments.

    Les_foyers

    Le foyer de la maison C (st. 2), étudié en 1986, était construit

    dans une petite fosse de fondation, et entouré de pierres plantées de chant,

    calées avec des pierres plus petites et des tessons. A l'intérieur du

    cercle de pierres, la sole du foyer était constituée d'une épaisse couche de terre cuite.

    Le foyer de la maison M (st. 4) avait déjà été dégagé et vidé par

    les fouilles de P. ANDRE, mais il n'avait pas été démonté. Il était égale-

    ment constitué de pierres plantées de chant, décrivant un rectangle de

    110 cm x 80 cm, et s'inscrivait dans une fosse plus grande (st. C. 2. 12),

    excentrée, de près de 2 m de diamètre. Il présente cependant une caracté-

    ristique inquiétante : le remplissage de la fosse et du foyer sont identi-

    ques : terre brune, mêlée de charbons de bois et de fragments de terre

    cuite, de densité très variable, la plus grande concentration se trouvant à

    l'extérieur du foyer, dans le quart N-E de st. C. 2.12. D'après une commu-

    nication orale de P. ANDRE, l'un des charbons ayant fourni la date radio-

    carbone de 960 - 60 BP, provient du sommet du remplissage de st.c. 2.12.

    L'absence totale de trace de feu dans le foyer est assez trou-

    blante quant à son authenticité. Il est à exclure que ce foyer ait été

    bouleversé par P. ANDRE, puisqu'il l'a découvert tel que nous l'avons retrouvé.

  • - 23 -

    Aveneau de la GRANCIERE, pour sa part, ne semble pas l'avoir atteint :

    il est fort peu probable qu'il ait reconstitué ce foyer s'il l'avait démon

    té, lorsqu'on pense à l'état dans lequel il a laissé les zones qu'il a

    fouillées et qui ont été retrouvées par P. ANDRE. Il n'a enfin mentionné

    aucun foyer construit dans sa publication, mais dit : "nous avons retrouvé

    l'aire du foyer profondément rougie par le feu, et autour, trois pierres

    disposées en trépied, calcinées et usées pas un long usage", sans préciser

    de quelle maison il parle.

    Les structures d'accumulation

    La structure 3 se situait entre les murs M 20 et M 23, reposant sur

    une fine couche de terre brune, au-dessus de l'arène granitique, dont la

    surface était très perturbée par des racines, actives avant l'accumulation

    de pierres. L'altitude de son sommet est inférieure à celle de la base de

    la première assise de M 20. Elle avait déjà été en partie dégagée par

    P. ANDRE, et il est difficile d'affirmer qu'elle était inclue dans la couche

    d'humus sur laquelle repose M 23, mais cela est très probable.

    Il semble donc que st. 3 soit antérieure à M 23

    Fig. 10 Plan de st. 3

  • - 24 -

    Elle mesure au maximum 20 cm d'épaisseur et les pierres qui la cons-tituent sont de petit calibre, de 5 à 20 cm. Leur disposition ne présente

    aucune organisation structurée, mais un effet de paroi, à angle droit,

    comme si elles avaient été "jetées dans un coin" de pièce ou de meuble cons-

    truits en matière périssable.

    Fig. 11 St. 3 vue de l'Est.

    La structure 4 est le seuil de la maison M, constitué par le sub-

    stratum granitique, égalisé par bouchardage. On notera, sur l'élévation du

    parement interne de M 17 que l'assise inférieure de la moitié Nord du mur

    se situe nettement au-dessus de st. 4, et s'arrête sans aucune finition :

    il semble que les montants de la porte ne soient pas conservés.(annexe 6)

    Un trou de poteau (st.c. 2.14) creusé dans le granité à proximité

    de ce sueil présente le même aspect de surface et indique la possibilité

    d'un lien entre ce "seuil" et un bâtiment de bois antérieur à la maison M.

    La structure 5 est un éboulis dàjà présenté avec M 21. Son intérêt

    réside surtout dans l'indication chronologique qu'il fournit entre M 16 et

    M 21. Il serait d'autre part intéressant de le mettre en relation avec la

    structure en creux 2. 28, dégagée de l'autre côté de M 16, au pied du pare-

    ment interne. Pour étudier cette liaison stratigraphique éventuelle, il est

    indispensable de démonter st. 5, ce qui n'a pas encore été

    réalisé.

  • - 25 -

    3.2.2. Les structures en creux

    Ce sont les structures les plus nombreuses que nous ayions identi-

    fiées. Elles sont faciles à cerner lorsque l'on atteint le sommet de l'arène

    granitique, car le contraste des couleurs est soutenu, lorsque le sol est

    humide. Les conditions climatiques du mois de juillet 1987 étant particu-

    lièrement sèches, nous avons été amenés à arroser régulièrement le sol et ù le protéger de 1'évaporation.

    Par contre, les indications stratigraphiques qui pourraient se trou-

    ver dans la couche d'humus sont illisibles, car elle est trop peu épaisse,

    et rendu trop homogène par l'évolution du sol et le travail intense des

    racines, en particulier des racines de fougères. Nous avons vu dans la

    description du décapage que l'exploitation de la lande a entraîné un ratis-

    sage régulier du terrain, limitant ainsi considérablement les dépôts végé-

    taux, et réduisant d'autant les chances de fossilisation des sols médiévaux.

    Quelques structures en creux (st.c.) restent encore à définir dans

    la surface décapée, mais dont la fouille n'est pas terminée; on en dénombre

    cependant 53 réparties sur moins de 100 m2.

    Leur interprétation n'est pas toujours aisée. Elles se répartissent

    en A groupes : les trous de poteau, les fosses d'extraction, les structures

    en creux formées secondairement à une autre activité, et celles pour les-

    quelles il serait hasardeux d'attribuer une fonction précise.

    Fig. 12 st.c. 2.29, trou de poteau, avec pierre de calage sous le mur M3 au Sud-Ouest de la maison C.

  • - 26 -

    Trente cinq structures en creux peuvent être interprétées connue

    trous de pol.enu, mais quatre seulement se présentaient avec leurs pierres

    de calage (st.c. 2.2, 2.29, 2.40 et 2.48).

    Fig. 13 st.c. 2.40, tangente à st.c. 2.19

    L'ensemble de st.c. 2.22 et st.c. 2.23 présente une disposition inté ressante.

    Fig. 14, coupe N - S des structures en creux 2.22 |

    et 2.23 ^

  • Fig. 15, ensemble st.c. 2.22 et 2.23, vu selon la coupe N - S de la fig.14

    La structure en creux 2.22 a été creusée dans une arène encore très

    proche du granité.

    Son remplissage était très tassé et compact, autour de st.c. 2.23

    qui ne contenait que de la terre très pulvérulente, agglomérée par endroits

    en boules plus denses : il s'agit probablement de l'empreinte du poteau,

    à l'intérieur du trou de poteau (fig. 14 et fig. 15)

  • - 28 -

    Un dernier trou de poteau retiendra notre attention : il s'agit de

    la sctructure en creux 2.14 qui a été aménagée directement dans le rocher;

    le granité est creusé par piquetage ou bouchardage.

    Fig. 16 St.c. 2.14 vue du seuil de la maison M vers le Sud.

    Au fond, st.c. 2.10 et 2.21 fouillées en "part de gâteau".

    L'extraction d'arène argileuse ou de blocs de granité est probable-

    ment un but fréquent de creusement d'une fosse, mais cela n'exclut pas une

    utilisation secondaire, et il serait tentant de voir de petites carrières dans toutes les structures en creux non expliquées.

    L'une d'entre elles, cependant, présente quelques cicatrices d'arra

    chement de blocs : st.c. 2.21 . La fig. 17 montre que le creusement n'a

    pas eu pour résultat l'aménagement d'une fosse, puisque le centre reste trè bombé.

  • -29-

    Fig. 17 Quart N - 0 de st.c. 2.21, vu de l'Est. Au premier plan, le

    rocher sur lequel reposait directement le remplissage. Au fond

    à gauche, une pierre posée à plat, associée à st.c. 2.10.

    Au fond, au centre, la pierre basculée au-dessus de st.c. 2.45,

    non encore fouillée.

    D'autre part, à l'intérieur de cette structure, le phénomène plus

    ponctuel de st.c. 2.45 témoigne de la tentative d'arracher le bloc resté

    en place, simplement basculé au-dessus de son empreinte.

    Il est à noter que le remplissage de st.c. 2. 45 était très peu

    dense et que la cavité était fermée par un ensemble de pierres petites et

    plates, elles-mêmes recouvertes par une grosse pierre posée à plat. Les

    blocs de granité présentent à ce niveau un relief très accidenté et la

    limite de st.c. 2.21 devient difficile à suivre. L'étude du remplissage

    ne nous a pas permis de déterminer s'il y a eu une ou plusieurs phases

    de creusement.

    Nous considérons donc st.c. 2.21 dans son ensemble. Son remplissage

    est recouvert par la construction de M 17, c'est-à-dire que st.c. 2.21 est

    antérieure à la maison M, dans la forme que nous lui connaissons.

  • - 30 -

    La formation de structures en creux comme conséquence d'une autre

    activité, se re ncontre dans deux cas :

    - la structure en creux 2.10 formait une cuvette peu profonde et

    régulière, au sommet du remplissage de st.c. 2.21, s'arrondissant dans

    l'angle S - 0 de la maison M, entre les murs M 14 et M 17 et une grosse

    pierre posée à plat. Le fond de cette cuvette était très dur, très compact.

    Il s'agit du contexte 2.109 décrit en annexe 5 : il apparaissait à la

    fouille que ce contexte n'était pas une couche déposée sur le remplissage

    de st.c. 2.21, mais était le résultat du durcissement du sommet du rem-

    plissage. L'observation micromorphologique a permis de montrer que ce dur-

    cissement est de fait un tassement, seul responsable de la création de st.

    c. 2.10, à l'exclusion d'un creusement.

    Fig. 18 Vue montrant l'aspect de surface du contexte 2.109 constituant

    le fond de st.c. 2.10.

    La structure en creux 2.10 est donc le témoignage d'une très forte

    pression régulière exercée dans l'angle S - 0 de la maison M, dans la partie

    basse de la maison. Les hypothèses à envisager pourraient être :

    - 1 'emplacement fixe d'un récipient contenant eau ou nourriture pour les

    animaux, puisque nous sommes dans une maison réputée "mixte".

  • -31 -

    - l'emplacement d'un instrument lourd, tel qu'un pressoir.

    La grande pierre plate posée à plat et tangente à st.c. 2.10, dans

    sa partie N est à associer à cette structure, et forme une sorte de

    "marche".

    Les hypothèses présentées, et peut-être d'autres à venir seront à

    insérer dans les programmes d'expérimentation de la Ferme Archéologique.

    Le remplissage de cette cuvette était un sédiment très noir et gras

    (contexte 2.102, annexe 5), mêlé de pierres rougies et de tessons. Il est

    difficile de savoir s'il s'agit d'un lambeau de couche plus étendue ou d'un

    dépôt localisé. De toute façon, il est postérieur au tassement.

    - la structure en creux 2.13, dans la maison M toujours, est peu pro-

    fonde, son grand axe est perpendiculaire au mur M 15 et sa largeur corres-

    pond aux deux tiers supérieurs de la largeur de l'entrée Est comblée : sa

    formation est probablement liée au cheminement d'accès à la maison, et son

    remplissage à la condamnation de l'entrée. L'extérieur du mur n'ayant encore

    jamais été fouillé, peut apporter confirmation ou infirmation de cette hypo-

    thèse .

    - la structure en creux 2.19 s'inscrit dans une arène très grossière

    où le granité est très altéré. Elle est curieusement encadrée par l'implan-

    tation de deux poteaux, mais ce n'est peut-être que l'effet du hasard. Il

    subsistait en effet un lambeau d'arène de quelques centimètres d'épaisseur

    entre st.c. 2.19 et st.c. 2.22, prouvant que les deux cavités n'ont pas pu

    être ouvertes en même temps: l'arène peu cohérente, se serait effondrée.

    Les autres structures en creux

    NE SO

    st.c. 2.19 st.c. 2.22

    + + + + + + + + +

    LANN GOUH MELRAND 1987 50 cm

    Fig. 19 Coupe NE - SO de st.c. 2.19.

  • - 32 -

    A l'Est de la maison M, st.c. 2.32 n'est pas intégra/lement fouillée.

    Il ne semble pas que le terrain compris entre st.c. 2.41 et st.c. 2.32 soit

    de l'arène granitique non perturbée, et il est possible qu'il y ait un lien

    entre ces deux structures, avec peut-être un prolongement vers l'Est. Les travaux de restauration du mur M 15, très abimé à ce niveau permettront de clarifier ces relations.

    Il est remarquable de noter que cette structure en creux se trouvait

    dans le périmètre délimité pour tester la variabilité spatiale de la teneur

    en phosphates en surface. L'échantillon prélévé à son emplacement présente une teneur relativement

    - enfin, la structure en creux 2.1., déjà fouillée en partie en

    1986, dans la maison C est l'une des plus profondes. Son remplissage est un

    ensemble de sédiments très chargés en matière organique. La stratigraphie

    étant très peu lisible, nous avons prélevé une colonne complète, confiée à

    Anne GEBHARDT.

    M3 4

    LANN G0UH MELRAND 1986-7

    Fig. 20 Profil de la fosse de part et d'autre du mur SO de la maison C (M3)

    Le contexte le plus noir a été l'objet d'un prélèvement par Domini-

    que MARGUERIE. Son contenu palynologique est analysé en annexe et présente

    une très forte proportion de fougères. Comparé aux autres échantillons du

    site, cette dominance de fougères est remarquable, et il est difficile de

    décider si la sélection des pollens est due aux conditions de dépôt ou de

    conservation. La corrélation systématique des différentes analyses (palyno-

    logiques, chimiques et micormorphologiques) permettra de mettre en évidence certains paramètres.

  • - 33 -

    Fig. 21 Le remplissage de st.c. 2.1 à l'aplomb du mur M 3.

    Cette description des structures en creux du secteur 2 ne prétend

    pas être exhaustive, mais présenter l'essentiel des observations effectuées.

    L'organisation spatiale est également très importante et nous

    l'examinerons avec l'ensemble des structures du secteur.

  • - 34 -

    3.2.3. Le matériel

    Le caractère le plus frappant du matériel est sa faible densité,

    qui avait déjà été constatée lors des campagnes précédentes.

    Les couches supérieures ayant déjà été fouillées dans les maisons et

    à proximité des murs, la répartition du matériel est donc très concentrée

    dans les structures en creux, et la cartographie n'aurait aucun sens.

    Nous avons coté tous les objets en plan et en profondeur : nous ne

    notons aucun dépôt organisé, mais un vrac systématique, clairsemé, lié

    essentiellement au hasard des remplissages . Il est souvent difficile de

    comprendre l'usage des structures en creux, mais nous avons au moins une

    certitude : il ne s'agit pas de dépotoirs à vaisselle!

    Les matières que nous avons retrouvées sont :

    - la pierre :

    Un premier objet est un peu insolite dans un habitat médiéval, mais

    il peut être résiduel : un petit éclat laminaire de silex blond, non retou-

    ché et non roulé. Isolé dans le remplissage de st.c. 2.21, il ne peut avoir de signification archéologique.

    Une meule de granité a été retrouvée au N de la maison M (fig. 8 et

    9, p. 20 et 21). Il s'agit de la partie inférieure d'une meule tournante de

    54 cm de diamètre et 8 à 10 cm d'épaisseur. Elle est très plate et était

    disposée face active contre terre, à proximité d'un éboulis; une autre, de

    forme différente apparaît dans la coupe de la limite de fouille. Cette pro-

    ximité indique probablement un faible déplacement par rapport au lieu d'uti-

    lisation. P. ANDRE avait déjà noté des fragments de meules groupés dans une autre partie du village.

    - le métal :

    Le fer est peu abondant, mais présent et très corrodé.

    . la structure en creux 2.21 a livré quelques fragments fins et informes.

    . un petit fragment d'anneau (?) se trouvait dans st.c. 13

    . enfin et surtout un tesson de poterie onctueuse réparé était mêlé au

    remplissage de st.c. 2.40. La petite patte de fer de la réparation est rela-

    tivement bien conservée. Elle mesure 20 mm x 10 mm x 2 mm. Une partie est

    restée soudée à la poterie. Elle est tout à fait semblable à celles que

  • - 35 -

    R. BERTRAND a trouvées sur les céramiques de Guidel.

    Il faut noter également une présence discrète et éparse, de scories

    de fer. Leur dispersion confirme l'absence de lien fonctionnel entre le

    matériel découvert et la structure en creux qui le contenant.

    - la_£éramique :

    Bien que représentant la quasi totalité du matériel récolté, elle

    reste très peu abondante, avec un total de 83 tessons pour l'ensemble du

    secteur. Un nombre aussi faible ne peut bien sûr amener des conclusions très

    performantes, mais il se dégage quelques informations qui pourront servir

    de départ à la réflexion ultérieure. - La pâte: M. le Pr. GIOT a déjà examiné le matériel des campagnes

    de P. ANDRE. Lorsque nous aurons un corpus plus étoffé, l'étude est à

    reprendre avec son conseil Pour l'instant, le critère de tri sera : "onctueuse" ou non.

    Les 83 tessons se répartissent en 55 de poterie onctueuse (P.O.), et

    28 de poterie non onctueuse (P.N.O.). Cette proportion n'est pas due à

    un émiettement plus poussé de l'onctueuse car les modules restent identiques,

    c'est-à-dire inférieurs à 10 cm, et le plus souvent compris entre 3 et 5 cm.

    Dans tous les contextes où l'on trouve plus de 5 tessons, les deux pâtes

    sont présentes. En dessous de 5 tessons, l'absence de l'un des deux peut

    être attribuable à la pauvreté du contexte.

    - Les formes et les décors. La forme de base est la marmite de grand diamètre à panse plus ou

    moins globuleuse. Les rebords étant plus résistants sont les éléments les mieux conser-

    vés. Les rebords cannelés (fig. 22) présentent des hauts de panse sans

    décor et peu évasés. Les rebords lisses sont associés à des panses plus glo-

    buleuses et décorées par impression digitale, avant que la lèvre ne soit

    repliée puisqu'elle cache souvent une partie du décor.(fig. 23)

    - La suie. Les dépôts de suie sont très abondants sur certains fragments et

    plus fréquents sur l'onctueuse. Un tesson présente même une couche craque-

    lée plus consistante que la suie et qu'il serait intéressant de pouvoir

    faire analyser (fig- 24).

  • - 36 -

    2. 105. 2

    2. 200. 2

    2. 218. 2

    Fig. 22 rebords cannelés (poterie onctueuse) (G.N.)

  • - 37 -

    Fig. Fragments de panses avec décor digité . 2.203.3 et 2.111.1, associés

    à un rebord lisse. - 2.018.1 réutilisation avec perforation.(G.N.)

  • - 38 -

    Fig. 2 A Tesson recouvert d'une croûte craquelée (X A), noire, apparais-

    sant ici ocre jaune, sous l'effet de l'éclairage.

    rebords fonds suie décor r cannelé décor

    digite' total

    P.O. 13 8 A0 5 5 55

    P.N.O. 1 2 9 1 0 28

    total 1A 10 A 9 6 5 83

    Fig. 25 Tableau résumant les indications que peut donner l'examen de

    la céramique.

    Pour les fouilles à venir, l'enregistrement des tessons pourra être

    réalisé dès la surface, ce qui est indispensable pour avoir une chance de

    percevoir une organisation du sol de l'habitat, puisqu'il est très peu

    enfoui lorsqu'il est conservé.

  • - 39 -

    3.2.4. L'organisation de l'espace - notions d'ensembles.

    L'examen du plan 2 nous révèle une certaine stabilité de l'emplace-

    ment des bâtiments, sinon de leur forme. Les structures appartiennent à des

    ensembles définis selon des critères géographiques ou chronologiques.

    ~ géographiquement, il se dessine trois "emplacements":

    - dans la maison C, et à proximité immédiate, au Sud, l'organisation

    des structures en creux n'est pas très claire. Seule l'antériorité de

    nombre d'entre elles par rapport aux murs est acquise.

    - sur l'emplacement de la maison M, l'implantation des structures

    en creux est très liée à la nature du sous-sol et la fig. 26 permet de

    comparer les deux plans. Deux lignes de trous de poteaux parallèles sont

    orientées légèrement plus NE - SO que la maison (NNE - SSO). La partie SO

    semble recouverte par M 17 et traduire ainsi encore l'antériorité de la

    construction de bois par rapport à la construction de pierre. Les trous de

    poteau du Sud de la ligne Est (st.c. 2.33, 34, 35, 36, 37, 38, 39) sont de

    diamètre inférieur à ceux de la ligne Ouest (st.c. 2.11, 46, 47, 14 et 15).

    Cette différence peut correspondre à deux types de parois, de fonctions

    différentes, ou bien simplement à la nature du sous-sol composé de rocher

    à l'Ouest et d'arène granitique à l'Est.

    - entre les deux maisons s'étend un espace où la densité des struc-

    tures en creux diminue considérablement, même si l'on tient compte du fait

    que la fouille n'a pas été exhaustive. Le décapage a atteint le sommet de

    l'arène granitique, et nous n'avons observé que trois taches qui puissent

    se révéler être des structures en creux à la fouille.

    Cette surface a été l'objet d'un échantillonnage systématique en

    vue de dosages de teneur en phosphates. La variabilité géographique qui

    apparaît sur la carte présentée en annexe 4 sera intéressante à confronter

    avec les autres données archéologiques. En effet, l'étude est en cours, et

    nous ne pouvons présenter de résultats complets.

    Cependant, une observation est déjà possible : les zones de plus

    forte densité se trouvent sur les côtés Est et Ouest de cette surface,

    dans la mesure où les couches supérieures n'étaient pas déjà fouillées.

    Or la topographie est intéressante, puisque cette surface présente

    l'aspect d'une cuvette peu profonde et en pente douce vers le Sud, sur

  • Fig. 26 Implantation des structures en creux par rapport à la n MAISON M AFFLEUREMENT GRANITIQUE

  • Fig.: 26 Implantation des structures en creux par rapport à la nature du sous-sol

  • - 40 -

    les bords de laquelle la base des premières assises des murs M 15, M 20,

    et M 4 semblent marquer le niveau médiéval de circulation. Cette dépression

    n'est pas justifiée par le relief naturel environnant et est donc le résul-

    tat d'une action humaine. L'hypothèse envisagée en cours de fouille, est

    celle d'un raclage du centre de cette petite "cour" entre deux maisons.

    Les concentrations périphériques des teneurs en phosphates seraient un témoignage cohérent avec cette hypothèse.

    - chronologiquement.

    Les liaisons stratigraphiques sont encore trop discontinues pour

    proposer un phasage précis de l'occupation du secteur étudié, mais suffi-

    santes pour dégager un schéma chronologique que l'on considérera comme

    une hypothèse de travail, avec :

    . dans un premier temps, des constructions de bois

    . dans un second temps, l'extraction du granité

    . dans un troisième temps, la construction de maisons en pierre.

    L'étude de détail montre ensuite que chaque grande phase connaît

    des réaménagements et peut également se télescoper ponctuellement avec les deux autres.

  • - 41 -

    CONCLUSION

    La campagne de 1987 a donc été positive sur deux plans :

    - l'acquisition directe de connaissances permettant d'élaborer des hypothè-

    de travail constructives.

    - elle a permis de tester différentes méthodes d'investigation et de montrer

    que les trois types d'analyses mises à contribution , chimiques, palynologi-

    ques et micromorphologiques sont utilisables sur le site de Lann Gouh Melrand,

    mais ne prennent tout leur sens que lorsqu'elles sont utilisées dans le cadre

    d'une confrontation systématique entre elles et avec les autres données ar-

    chéologiques. L'abondance des fragments carbonnisés implique l'adjonction

    des études carpologiques et anthracologiques.

    En conséquence, l'équipe constituée pour effectuer ces analyses doit

    prendre une part active dans l'élaboration de la problématique des éven-

    tuelles campagnes de fouilles à venir

    Nous avons par contre connu une certaine limite dans la recherche,

    dans la mesure où ce secteur avait déjà été fouillé, à un moment où l'inté-

    rêt des analyses et leur fréquence était beaucoup moins développés. Nous

    nous sommes donc heurtés à un certains nombre de hiatus insurmontables.

    Compte tenu de ce handicap, il serait peu rentable de consacrer une

    nouvelle campagne à ce secteur. Cependant, afin de ne pas laisser un travail

    inachevé, les dernières vérifications pourront être réalisées dans le cadre

    des travaux de consolidation du début de l'année 1988.

    Enfin, le réseau de talus mis en évidence par les débroussaillages,

    puis par le plan levé à l'automne 1987, révèle des secteurs qui n'ont pas

    été perturbés et dont l'étude semble riche de omesses.

  • ANNEXE 1

    Carte des sols de la Ferme Archéologique de Melrand

    Sylvie TICOT (Chambre d'Agriculture du Morbihan)

  • FERME ARCHEOLOGIQUE DE MELRAND

    CARTE DES SOLS

    La prospection à la tarière a été réalisée par sondages à la

    tarière (120 cm), 120 sondages ont été effectués. Leur localisation

    est figurée sur une carte à l'échelle du 1/10 000e (cf annexe).

    La carte des sols rend compte de la localisation et de l'extension

    des unités de sols qui ont été définies à partir de quatre critères morphologiques :

    - Nature du substrat

    - Profondeur d'apparition du substrat

    - Succession d'horizons types

    - Profondeur d'apparition de 1'hydromorphie

    I LEGENDE DE LA CARTE DES SOLS.

    1-1 Nature du substrat

    Les sols sont développés sur un granité présentant différents faciès :

    : granité dur et peu altéré

    : arène de granité (sables grossiers)

    : arène de granité (sablo-argileuse)

    Dans les micro-talwegs, les matériaux des pentes viennent

    s'accumuler sous l'action des agents de l'érosion. Ces matériaux

    accumulés dans ces talwegs sont désignés par C (colluvions).

    En bordure du ruisseau, les sols sont développés dans un maté-

    riau d'apport colluvio-alluvial argilo-sableux désignés par Ct.

    1-2 Profondeur d'apparition du substrat

    Quatre classes ont été distinguées :

    1- le substrat apparait entre 0 et 30 cm

    2- le substrat apparait entre 30 et 60 cm

    3- le substrat apparait entre 60 et 90 cm

    4- le substrat apparait au-delà de 90 cm

  • 1-3 Succession d'horizons types

    Les appellations des horizons-types se réfèrent à la C.P.C.S

    rénovation.

    4 successions d'horizons-types :

    r : A C : désigne des sols à horizons organo-minéral sur

    le substrat.

    B : A S C : lorsqu'il existe un horizon intermédiaire structuré

    entre l'horizon de surface et le substrat,

    c : A E BT C : lorsqu'il existe une différenciation texturale

    (enrichissement du sol en argiles avec la pro-

    fondeur)

    a : A AS C : lorsqu'il existe un horizon intermédiaire peu

    différencié entre l'horizon de surface et le substrat.

    1-4 Profondeur d'apparition de 1'hydromorphie

    0- sol sain

    1- taches d'hydromorphie au delà de 60 cm

    2- taches peu nombreuses entre 30 et 60 cm

    3- taches nombreuses entre 30 et 60 cm

    4- taches entre 15 et 30 cm

    5- taches dès la surface peu nombreuses

    6- taches dès la surface nombreuses

  • LEGENDE

    Rankers avec affleurements.

    L'horizon A est de couleur très noire. Texture limon-sable

    à sables grossiers. La structure est grumeleuse et polyédri-

    que sub-anguleuse fine et moyenne. La profondeur de l'hori-

    zon A varie de 0 à 20-30 cm.

    Sols bruns acides : Texture limon-sableux. Structure de 1'

    horizon S polyédrique sub-anguleuse. Profondeur d'apparition

    du granité peu altéré entre 30-60 cm.

    : Sols bruns : Texture limon-sableux à limon-moyen sableux.

    Structure polyédrique. Profondeur d'apparition de l'arène

    sablo-limoneuse 60-80 cm.

    : Sols bruns faiblement lessivés. Texture limon moyen sableux

    jusqu'à 50 cm, puis limon argilo-sableux. Structure poly-

    édrique peu nette jusqu'à 50 cm puis polyédrique nette.

    Profondeur d'apparition de l'arène sablo-argileuse au-delà

    de 90 cm.

    5 : C 4 c 0 : Sols bruns faiblement lessivés, développés dans un matériau

    colluvial limon moyen sableux. Différenciation structurale

    moins nette. Profondeur supérieure à 90 cm.

    6 : C 4 a 3 : Sols hydromorphes peu évolués d'apport colluvial.

    1 : V r 0

    2 : UB0

    3 : ]a3B0

    4 : ^ t 4 C 0

    SI

    7 : Ct 3 a 6 : Sols hydromorphes lessivés dégradés d'apport colluvio-alluvial.

  • ANNEXE 2

    Carte de la végétation actuelle de la Ferme Archéologique de Melrand

    Dominique DEROUT (Lycée H. QUEUILLE)

  • LANN GOUH MELRAND - 1987 Carte de la végétation actuelle

  • FORMATIONS VEGETALES

    1 2 3 4 5 ESPECES

    Morris français Noms latins

    Airelle Myrtille Vaccinium myrtillus Ajonc d'Europe Ulex europaeus X X Aubépine monogine Crataegus moaogiaa X iouleau verruqueux Beluia verrucosa X X iourdaine Rhamaus frangula X Callune fausse Bruyère Calluna vulgaris X Châtaigner Castanea sativa X Chêne pédoncule Quercus pedonculata X. X Chêne sessilé Quercus robur X Genêt à balaie SaroLhamnus scoparius X X Hêtre Fagus silvalica -loux à aiguillon Rex aquifolium X Noisetier Corylus avelana X X X ^in silvestre Pinus sylvestris X ^runier épineux Prunus spinosa X X Saule Marsault Salix caprae X X X X Sorbier des oisclleurs Sorbus ocuparia

    Achilée mille feuille Aquilea millefolium X Agrostis commun Agrotis commuais X X X X Arthyrium fougère Arthyrium felix femella X 3rome dressée Bromus eliator X irunelle vulgaire Senecia vulgaris X Campanule à feuille de lierre Wahlenbergia hederaoa X Chardon s.p. Cardus s.p. X Carex s.p. Carex s.p. X- X Carcx paniculé Carex paniculata X raiste vulgaire Cerastium vulgatum X X eopsis Tétrahit Coleopsis telrahit X X ctyle Dactilis X X ;itale pourpre Digitalis purparea X X X uque élevée Feluca eliator X X

    Luquc ovine Feluca ovina X X uve odorante Antoxonthum odorantum X jgère aigle Pteris aquilina X X X X illet des rochers Galium sancatile X ;eop'sis douteux Caleopsis dubia X X rmandrée scorodoine Teucrium scorodonia X liosciadie Ilelioxiadium X uque molle Holcus mollis X ;ynthe des bois Endinion nutans X ione des Montagnes Jasionne montana X îc commun Joncus commuais X rre rempant Hedera hélix X X X X licéra peryclymen Loaicera peryclymenum X tier corniculé Lotus corniculaLus X jule des champs Luzula campestris X ;nis diolque L.ycnis dioica X nthe aquatique Meata aquatica X lepertuis perforé Hypricum perforatum X utarde noire Brassica nigra X ibilic Ombelicus pendulinus X tie dioTque Urrica dioica X turin des Marais Poa palustris X turin des prés Posa proteasis X mtin lancéolé Plaalago lanceolala X iypode vulgaire Polypodium vulgaris X X julage des marais Caltha palustris X Polentillc rempante Potentilla reptans X X Ray-gras anglais Lolium X Ray-gras d'Italie Lolium X Renoncule rempante Renonculus repens X Rcnouéc persicaire Poligonum persicaria X Ronce Rubus X X X Rumex oscille Rumex asetosella X X Spcrgule des champs Spergula arvensis X Stcllaire des bois Stellaria nemorum X Stellairc holostée Slellaria holostea X Trèfle rempant Trifolium repens X Véronique petit chêne Veronica chamaedrys X

  • ANNEXE 3

    Prospection électrique

    Loic LANGOUET (Laboratoire d'Archéométrie) Rennes

  • PROSPECTION ELECTRIQUE

    a

    Lann Gouh en MELRAND (56)

    Mrs BIGOT et MARGUERIE ont réalisé la prospection électrique d'un zone du site de Lann Gouh, définie préalablement par J. CHALAVOUX. Celle-ci avait as-suré le carroyage du terrain, d'un module de 20 mètres (carrés noirs sur le plan)

    Un chemin au sol très tassé existe au nord de la zone (ligne jaune) mais il semble commandé par un muret qui le longe au sud. Par ailleurs une zone de forte résistance électrique se .remarque au sud et à l'ouest de la zone étudiée (hachures bleues).

    Entre le chemin précité et cette zone à forte résistivité, on croit pouvoir déceler la présence de structures archéologiques. Pour les situer, les transitions entre les fortes et les faibles résistivités (lignes vertes) ont une signification. Par ailleurs, dans l'est de la zone explorée, de fortes anomalies positives sem-blent correspondre à des structures probables (ligne courbe bleue). L'ensemble de ces lignes s'organisent selon un rectangle devant correspondre à un habitat. Une ligne transversale (bleue pointillée) de'forte résistivité traverse la structure. S'agit-il d'une subdivision (muret ?). Au sud de la structure rectangulaire ou sub-rectangulaire, une autre structure semi-circulaire pourrait exister.

    Les isanomales présentent parfois des discontinuités qui sont dues à la présence de troncs d'arbre sur le terrain. Il y a de grandes variations de résisti-vité électrique dans la zone explorée et il est parfois difficile de les interpréter.

    le 7 Avril 1986

    L.LANGOUET

  • PROSPECTION ELECTRIQUE à

    Lann Gouh en MELRAND (56)

    Isanomales (écart de 70 Ohms)

    talus

    \

    muret circulaire

    supérieur à 2000 Ohms

    carroyage du chantier

  • ANNEXE 4

    Analyses chimiques et palynologiques

    Bernard BIGOT Dominique MARGUERIE

    (Laboratoire d'Anthropologie de Rennes)

  • Analyses chimiques - Premiers résultats des

    dosages de teneur de phosphates

  • De nombreux prélèvements de sédiments ont été effectués sur le chantier archéologique de Melrand. A ce jour, 61 ont fait l'objet d'un dosage de teneur en phosphates au Laboratoire d'Anthropologie préhistorique de Rennes I.

    Le but de cette étude pré1imInaire était de tester, à l'inté-rieur du site, la variabilité spatiale de cette teneur qui peut mettre en évidence certaines zones d'activités spécialisées, géné-ralement liées à la présence humaine ou animale.

    La répartition de l'échantillonnage analysé se situe à l'inté-rieur d'une surface hors-tout de 21x19 m (voir figure 1).

    Après préparation chimique des échantillons, le dosage est ef-fectué par colorimétrie à 1'a\de d'un spectrophotomètre. En l'ab-sence actuellement de standards, nos valeurs sont données en unités arbitraires (voir figure 1).

    Une estimation spatiale de la teneur par la technique géosta-tistique du krigeage (1) fournit une cartographie des résultats (figure 2 ) .

    Il existe une variabilité géographique certaine dans la teneur en phosphates des échantillons de Melrand déjà analysés. Une pre-mière zone nord-sud rectiligne d'environ 5 m de long est particu-lièrement riche (zone A). Une autre zone à forte concentration se situe à l'ouest de la carte.

    Les mesures effectuées au nord et à l'est du secteur montrent aussi des variations significatives. Elles sont cependant actuelle-ment trop espacées pour préciser le contour des anomalies.

    Les relations entre cette première cartographie des phosphates et les structures archéologiques sont discutées dans le rapport principal.

    Nous pouvons conclure qu'à Melrand, l'approche des variations spatiales de teneur en phosphates semble prometteuse à condition toutefois que l'échantillonnage s'effectue tous les mètres carrés.

    Rennes, le 29 décembre 1987

    Bernard Bigot & Dominique Marguerie

    E.R. n"27 du C.N.R.S. - Laboratoire d'Anthropologie préhistorique

    (i) logiciil 'Archéoipict' icrit au laboratoire.

  • Fig. 1 Plan d'échantillonnage des analyses de phosphates .

    Lann Gouh Mclrand 1987

  • Analyses palynologijues - Premiers résultats

  • A l'occasion des fouilles de 198? et su î te à notre venue sur son site, J. Chalavoux, responsable de la ferme archéologique de Lann Gouh en Melrand, a procédé, essentiellement à l'intérieur de la zone fouillée n° 2, à quelques prélèvements en vue d'analyses pol1 iniques.

    A ce jour, neuf échantillons ont été testés dans l'unité de Pa-lynologie du Laboratoire d'Anthropologie de l'Université de Rennes. Parmi ces neuf échantillons, quatre se sont avérés relati-vement riches en pollens et spores fossiles. Il convient cependant de noter que mis à part l'échantillon "1.010 P3", prélevé dans la maison C

  • ECHANTILLON-.MEL-R ■ 1 . O 1 O LG F" 3

    code ; aut001çan87çech280 ,1a h 03/37 auteur : D. MARGUERIE

    P a y s : i commune ; MELRAND si te : LAN GOUH latitude : 0.00 al t i tu de Ï Orn

    1onqitu de 0 .00

    n ombr e tot a 1 de polien s 303

    AP. = 12.27. MAP. = 87.87.

    ARBRES ; 1 2. 27 ALMUS BETULA CQRYLUS QUERCUS FRAXINUS

    WBÊSL 1 . 07

    1 . 07 O 1'/ 7 . à/. 0.37 0 .37

    ARBUSTE!

    HERBACEES ; 4 5.27. wmasmmsaamm

    FOUGERE';

    GRAMINEE 1 ?. 87. COMP.CICHORIEE 0 .37 C OM P,AMT H EMIDEE 1-7.27 COMP.CARDUACEE 0.77 ERICACEE 0 .37 CALLUNA 0 .37 LABIEE 0 .37 OMBELLIFERES 0 .77 PLANTAGO 2.07 RUBIACEE 0 ,37 CEREALES 3. 3/

    42.6% fflUMi mmammm i MONOLETES 2.37 POLYPODIUM 24. l'A PTERIDIUM 0 .77 TRILETES 1 5.57

  • ANNEXE 5

    Analyses micromorphologiques - Premiers résultats

    Anne GEBHARDT (INRA Grignon Ferme Archéologique de Melrand)

  • 16 Décembre 1987

    MELRRND 1987.

    Lors de la campagne 1987, sur le site de Melrand, une série de prélèuements ont été effectués en content archéologique et enpérimentai, complétés par un échantillonnage sur sites récents en uue d'une comparaison ethnographique.

    1. INilENTfllBE DES PRELEUEMENTS MlCBOMORPHOLOGiOUES :

    L Site archéologique ; maison M :

    al Structure 2-10 : Structure en creun, d'enusron 80 cm de profondeur, située dans le coin S-0 de la maison M. Le profil obserué à la fouille met en éuidence 3 couches ; l'échantillonnage recoupe ces trois niueaun :

    -Contente 2.102 (enuiron 10 cm ) : Couleur grise très sombre (10VR 3/1) ; riche en graLuers, caillou» et blocs (10%) granitiques ; structure plutôt grumeleuse ; matière organique abondante, essentièlement

    sous forme de débris non reconnaissables, parfois humifiés ; racines nombreuses, les plus grosses ayant tendance à suiure le contact horizontal entre 2.102 et 2.109.

    - Contente 2.109 (4 cm) : Couleur brun sombre (10VR 3/3) ; riche en grauiers (15%) d'origine granitique ; structure grumeleuse nette isolant des agrégats de 2 à 3 mm ; matière organique présente, plutôt humifïée ; racines fines et nombreuses ; présence de charbons de bois ; contact auec 2.110 moins net.

    -Contente 2.110 I 60 cm ) : Couleur gris-brun foncé (10VR 4/2) ; moins riche en grauiers granitiques (5%) ; structure grumeleuse nette (taille des agrégats : 2 mm) ; pas de matière organique ; quelques racines fines ; présence de charbons de bois.

    b) Contente 2.114 : Un échantillon a été préfeué directement sous le mur N-S de la maison M afin d'essayer de définir lenuironnement du site auant la construction du uiilage.

    Oescrïptïon pédologique : Couleur brun foncé (10VR 4/3) ; sédiment limono-sabieun à structure particuiaire nette (taille des agrégats : 2 à 5 mm) ; présence de matière organique ; racines fines et peu nombreuses ; présence de charbons de bois .

    c) Contente 2.208 : Lors de la fouille , des fragments de sédiment compacté ont été trouués dans la couche 2.208. Leur obseruation au microscope peut

  • 2 permettre de mîeun comprendre leur origine.

    2. Site expérimental :

    a) Pâture des cochons :

    Rfin de mieux appréhender les dégâts occasionnés sur le sol par des cochons, un échantillon provenant de leur enclos sera comparé au profil non perturbé sous forêt.

    - Profil sous forêt : ♦Horizon supérieur (10 cm! : Humus forestier rouge-brun foncé

    (5VR 3/2), plus argileux à la base, à grauiers et cailloux granitiques (5%) ; structure grumeleuse (taille des agrégats : 2-3 mm) ; racines nombreuses, activité animale bien développée ; transition avec l'horizon sous-jacenî sur 3 à 4 cm.

    ♦Horizon inférieur: flrgilo-limoneux, jaune-brun foncé (10VR 4/4), à grauiers et cailloux granitiques (5%) ; structure polyédrique sub-angulaire nette (taille des agrégats : 4 à 5 mm) ; quelques racines assez grosses, actiuité animale moins abondante .

    -Pâture des cochons : Dans ce profil on retrouue les deux horizons cités précédemment surmontés par une couche gris-brun très sombre (10VR 3/2), argiio-limoneuse, à grauiers et cailloux granitiques (5%) ; sa structure est polyédrique subanguieuse (taille des agrégats : 10 mm) ; elle contient des résidus organiques parfois humifiés, et les perturbations biologiques sont importantes (racines fines, galeries de uers de terre) ; la transition auec l'horizon inférieur est très nette.

    b) Parcelle de labour expérimentai : Cette parcelle, sous prairie depuis au moins 50 ans, va permettre d'expérimenter différentes techniques agricoles (fig. 1 ) et de mesurer l'impact de chacune d'elles sur le sol. Deux prélèuements témoins aideront à caractériser l'état initial du sol auant expérimentation.

    -Témoin 01 ( 3 prélèuements) : ♦Horizon 1 (5 à 15 cm) : Niveau racinaire de la prairie, couleur

    jaune-brun foncé (10VR 4/4), limono-sabieux à graviers granitiques, composé essentiellement de très fines racines ; transition avec l'horizon 2 nette.

    ♦Horizon 2 (30 cm) : Limono-sabieux, couleur jaune-brun foncé (10VR 4/4) ; structure grumeleuse isolant des agrégats d'environ 1 mm ; matière organique plutôt humifiée ; racines peu nombreuses ;

  • 3 transition auec l'horizon 3 nette.

    ♦Horizon 3 : Sablo-lirnoneux, couleur jaune-bran (10VR 5/6) ; structure grumeleuse nette ; pas de matière organique ; quelques grosses racines. -Témoin 02 (2 prélèuements) : Ce profil est beaucoup plus homogène que le précédent.

    ♦Horizon 1 (10 cm) : Niueau racinaire limono-argileux, couleur jaune-brun foncé (10YR 4/4), structure massiue ; présence de matière organique ; nombreuses racines fines ; fragments de charbons de bois et terre brûlée ; transition auec l'horizon inférieur sur 5 cm.

    ♦Horizon 2 : Limono-sabieux, de couleur jaune-brun (10VR 5/6) ; structure massiue ; pas de matière organique .

    3) Comparaisons ethnographiques :

    a) Malguénac : Des prélèuements effectués dans un champ autrefois retourné à la charrue et abandonné à la pâture depuis, pourront être comparés aux expérimentations de Melrand.

    b) Talrest : Un fragment de sol en terre battue sub-actuel préleué dans une uieille maison sera comparé aux éuentuelles terres battues trouuées lors de la fouille du uieux uillage de Melrand.

    ii . PREMIERS BES31LTBTS :

    Les délais de fabrication et le temps nécessaire à l'obseruation correcte des lames minces étant très long, il est encore impossible de fournir un rapport complet et détaillés concernant la campagne de préièuement de î 987. Toutefois une première obseruation de quelques échantillons préieués dans la maison M permet de compléter certaines observations de terrain. Nous mettrons l'accent sur l'obseruation de la porosité.

    î. Structure 2,10 :

    a) Contexte 2.102 : Cet horizon est très aéré et essentièlement organique, formé par l'accumulation de nombreuses déjections animales et débris organiques ; la matrice est pratiquement inexistante. La transition auec 2.109 est progressiue et marquée par une augmentation régulière de la fraction fine.

    b) Contexte 2.109 :

  • 4 Nous sommes en présence, ici, d'un niveau nettement plus compact, dont la porosité est plutôt fïssurale ; les quelques cauités ne sont pas interconnectées. Nous pouvons noter une légère tendance à l'horizontalité des fissures. En surface de cet horizon, nous observons des amas discontinus et horizontaux de matériel compacté (fig. 2). La transition avec 2.110 est marquée par une nette augmentation de la porosité.

    ci Contexte 2.110 : La porosité est formée par des chenaux (d'origine biologique) et des grandes cavités interconnectées où les déjections animales sont assez abondantes.

    2. Contexte 2.208 :

    Cet échantillon de sédiment compacté, prélevé lors de la fouille est homogène. Sa porosité est faible, sous la forme de très fines fissures qui ne montrent aucune orientation spécifique.

    5. Terre battue (fig.5) :

    Ce prélèvement n'appartient pas à la maison M mais il peut être comparé aux fragments de sédiments compactés. Nous y observons une nette orientation horizontale des éléments minéraux et de la porosité. Cette dernière est faiblement développée en surface. Uers la profondeur, l'activité organique augmente et avec eile la quantité de cavités.

    4. Discussion :

    Dans aucun des deux cas archéologiques nous ne retrouvons l'orientation horizontale nette de ia porosité ou du squelette observé sur le fragment de terre battue. Il ne s'agirait donc pas d'un soi fabriqué intentionnellement par étalage et tassement successif de fines couches de sédiment rapporté. il serait plus judicieux de parier de compactage par piétinnement. Mais il est encore difficile de fournir une interprétation sûre par la simple ^observation de la porosité. Il faut pour cela approfondir l'observation microscopiques' du sédiment lui-même et bien comprendre son comportement aux différents traitements qu'il est susceptible d'avoir subit (piétinnement à sec ou en conditions humides, stabulation, compaction intentionelle ... ).

  • oi

    houe +- +-

    I

    cha

  • ANNEXE 6

    RELEVE ET ETUDE DES PAREMENTS INTERNES DES MURS DE

    LA MAISON M

    Relevés : Eric GAUME et Evelyne PROTET

    Texte : Eric GAUME.

  • MAISON M : Etude des parements internes

    Description d'ensemble :

    Cette maison d'environ 10 m / 5,50 m est orientée NNE-SSO.

    Elle est construite en granité local sur une pente douce suivant la déclivité na-

    turelle du terrain.

    Les vestiges de cette construction ont une largeur moyenne

    de 0,80 m et une hauteur moyenne de 0,50 m conservée sur h à 5 assises. Peut-être s'agit-il des restes d'un mur dont seuls les soubassements nous sont parvenus à

    moins que ce ne soit un solin, dans ce cas à peu près intact.

    La maçonnerie est à 2 parements, externe et interne, ce

    dernier étant le sujet de cette étude, à blocage de cailloux et de terre entre

    les deux.

    Les pierres du parement interne sont irrégulières, en tout

    venant et proviennent vraisemblablement de 1'épierrement du sol et de l'arrache-

    ment de quelques gros blocs du substratum granitique diaclasé. Certaines structu-

    res en creux à l'intérieur même du bâtiment semblent en effet correspondre à de

    petites carrières d'extraction pour la maison.

    Les fondations sont inexistantes dans la mesure où l'on n'a

    pas trouvé de tranchée creusée dans l'arène granitique. Cela n'exclut pas l'amé-

    nagement du terrain dans la couche arrable, de ce fait difficilement décelable.

    Le solin repose sur l'arène (M 14) ou sur la terre (M 15)

    et sur le remplissage de terre meuble d'anciennes structures en creux (M 16 et

    M 17), les grandes pierres (jusqu'à 1 m dans M 15) sont alors choisies pour rai-

    dir et mieux assoir le mur. Elles sont posées de chant, une face diaclasée fai-

    sant office de parement. L'affleurement rocheux est également mis à contribution

    (M 17). Un blocage de petites pierres compense les différences de niveau dues à

    la taille et à la forme irrégulière des pierres pour asseoir l'assise supérieure.

    L'angle NE est le seul à présenter un chainage entre les

    murs : la première assise de M 16 passant sous les 2ème et 3ème assises de M 15.

    Les angles SE et S0, au bas de la pente, présentent une

    particularité que l'on ne retrouve pas dans la partie haute de l'édifice, sans

    doute par la suite de remaniements ultérieurs ou par absence tout simplement. Le

    premier lit de pierres (à la base) montre en effet un décrochement progressif

    des deux pierres proches de l'angle, la dernière, nettement en saillie, est ain-

    si commune aux 2 parements et crée par cette avancée arrondie un espace propre

    semble t-il à l'emplacement d'un poteau de bois pour une charpente à cruck par exemple, à moins que ce ne soit une cale destinée à rattraper la pente observée.

  • M 17 est interrompu par le seuil de l'entrée reposant sur un af-

    fleurement rocheux. Face à cette porte, une 2ème ouverture donnant sur l'Est a

    été condamnée en M 15.

    Etude des parements internes :

    M 14 : une fine couche de terre (1 à 2 cm) sépare la première

    assise du substrat arénisé. La 1ère et la dernière pierre de ce lit sont donc

    communes aux angles SE et SO. On peut observer 3 parties distinctes dans la ma-

    çonnerie du solin : de l'angle SE à la cote 1,70 m, de 1,70 m à 4,60 m à l'an-

    gle SO. Cette différence peut s'expliquer par une reprise de maçonnerie entre

    les cotes 1,70 m et 4,60 m, reprise qui a basculé vers l'intérieur (cotes 1,80 m

    à 3,40 m, à partir des 2ème et 3ème assises. Un effet mécanique de la charpente

    lors de l'utilisation ou l'abandon de l'habitat a pu provoquer cette faiblesse

    qui se remarque souvent dans la maçonnerie à 2 parements à blocage interne.

    Longueur : 5,70 m

    Hauteur

    SE

    milieu

    S0

    du parement

    0,60 m

    0,40 m

    0,70 m

    du milieu du mur

    0,60 m

    0,60 m

    0,80 m

    M 15 : Ce côté de la construction présente une interruption dans

    le parement, de la cote 3,65 m à 5,40 m, qui correspond à une entrée primitive,

    marquée par 2 boutisses dans l'épaisseur du mur.

    L'assise de fondation du solin, constituée de gros blocs dans

    la partie NE, repose sur une couche de terre qui épaissit pour atteindre 0,10 m au contact de l'entrée.

    Une structure en creux de 0,10 m à 0,15 m de profondeur a été

    aménagée dans l'arène entre les cotes 3,70 m et 4,80 m. Si elle représente un des

    aspects primitifs de l'entrée, celle-ci a été modifiée par la suite en comblant

    la dénivellation et en agrandissant l'ouverture jusqu'à la cote 5,40 m ; on retrou

    ve en effet le mur à cet endroit et jusqu'à l'angle SE sans changement dans l'ap-

    pareillage. Après quoi, l'emplacement de la porte a été définitivement condamné,

    remblayé de terre avant que soit déposé un grossier lit de pierres joignant les 2

    tronçons de solin.

    On retrouve le dé de pierre inclu dans la base de l'angle SE.

  • Longueur : 9,30 m

    Hauteur

    NE

    milieu

    SE

    du parement

    0,60 m

    0,20 m

    0,60 m

    du milieu du mur

    0,80 m

    0,30 m

    0,60 m

    M 16 : La partie NO du mur présente une assise de fondation en

    gros appareil assis sur une épaisse couche de terre et recouvert d'un amas de pierraille ceci jusqu'à la cote 2,80 m.

    On observe ensuite un décrochement de l'assise de base de 0,10 m

    à 0,20 m plus profond dans le substrat granitique creusé et comblé de terre hu-

    mique. Les assises suivantes sont construites avec soin, chaque pierre a sa pla-

    ce et forme un ensemble bien imbriqué un peu en retrait (5 cm) dans le mur par

    rapport aux pierres de fondation. C'est d'ailleurs le seul angle de la maison qui présente un semblant de chaînage sur le parement intérieur.

    Longueur : 5,40 m

    Hauteur : du parement du milieu du mur

    N0 0,40 m 0,40 m

    milieu 0,30 m 0,40 m

    NE 0,60 m 0,70 m

    M 17 : Le seuil en appui sur l'affleurement granitique sépare le mur en 2 parties distinctes par leur agencement.

    Le mur S0 repose sur une succession de structures en creux qui ont

    été creusées dans l'arène granitique et le rocher comblées de terre brune assez meuble.

    On remarquera ici .encore la présence de gros blocs dans la 1ère assise et l'appui réalisé sur l'affleurement rocheux, à la cote 3,50 m - 3,70 m.

    t de

    On notera également le dé^pierre pris dans l'angle S0 et commun aux 2 parements (M 17 et M 14).

    Ce mur dont le parement intérieur éversé entre les cotes 1,00 m -

    3,00 m et avec un léger décrochement par rapport à l'assise de la fondation, arri-ve au seuil sans la finition soignée de l'entrée condamnée à l'est.

  • L'aspect fruste de la maçonnerie apparaît surtout sur le tronçon

    NO sitôt le seuil passé : les 2 lits de pierres du parement se fondent en un seul

    jusqu'à l'angle NO. Cette assise de fondation est composée de moellons de taille

    moyenne reposant sur une épaisse couche de terre où se mêlent quelques belles pier

    res sans doute les vestiges d'un ancien éboulement, nivelé grossièrement et sur

    lequel on a reconstruit.

    En approchant de l'angle NO, on retrouve la suite de l'amas de

    pierres de M 16, liées à la terre.

    Longueur : 10,50 m

    Conclusion :

    Il n'est pas facile de distinguer les reprises de maçonnerie de

    la construction d'origine, et de les situer dans le solin. On dicerne cependant

    plusieurs phases sans toutefois pouvoir les situer par ordre chronologique :

    - du côté NO du seuil de M 17 à la cote 2,80 m de M 16 (a)

    - de la cote 2,80 m de M 16 à l'entrée condamnée en M 15 (b)

    - de l'autre côté de cette entrée jusqu'à la jonction M 15 - M 14 , angle peut-

    être compris (c)

    - M 14 comprend 3 phases à moins que l'ensemble du mur n'ait subi une reprise

    des cotes 1,70 m à 4,60 m. Celle-ci aura ensuite basculé vers l'intérieur du bâ-

    timent à partir des 3ème et 4ème assises (d)

    - enfin, la partie S0 de M 17 jusqu'au seuil (e).

    Il reste à raccorder la condamnation de l'entrée Est à une de

    ces phases. Le fait qu'elle soit construite d'un seul lit de pierres reposant sur

    une épaisse couche de terre la rapproche de la méthode employée pour la phase "a" D'un autre côté

  • M 15 M 14