Oeuvres complètes de Buffon V 1

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UUM

r'MH

OEUVRESCOMPLETES

DE BUFFONTOMEI.

THEORIE DE LA TERRE

IMPRIMERIE

D'A.

BRAUD

,

HUE DU FOIN-SAINT-JACQUES

,

**

Devna dd

-ALxandre Massard,scralp.

BWIF3?15r

OEUVRESCOMPLETES

DE BUFFONAL GMENTES

PAR

M.(

F.

CUVIER,)

MEMBRE DE L'iNSTlTUT,Acadmie des Sciences

DE DEUX VOLUMESOFFRANT LA DESCRIPTION DES MAMMIFRES ET DES OISEAUX LES PLUS REMARQUABLES DCOUVERTS JUSQU'A CE JOUR,ET ACCOMPAGNESI)'UK

BEAU PORTRAIT DE BUFFON, ET DE 260 GRAVURES EN TAILLE-DOUCE. EXECUTEES FOUR CETTE DITION PAR LES MEILLEURS ARTISTES.

A PARIS,CHEZF.

D.

P1LLOT, EDITEUR,\

RUE DU FOUARRE,

19, PRES LA PLACE

HAUBERT

;

SALMON, LIBRAIRE,QUAI DES AUGUSTINS, N]

9.

l829.

JA/3

K\\^(\VV\'V\V\/WV\VVV\W'-'V\\A'V\'>A'VV\\'\\VV'V'V\A.'V\VVVfcV\^VW\(VW\A\V\'V\V\'.

IV\VW\

o

la

nature

\,

accoutume aus'entendre

plus profond silence * dut tre tonne de

interroger pour la premire fois

!

L'auditoire fut frapp

de cette grande image, et demeura pendant quelques instants dansplaudir.Si, aprs avoirles partiesle

recueillement avant que d'ap-

de ses ouvrages , nous comparions

admir M. de Buffon dans toutes les grandssicle s'honore,

crivains

dont notre

avec ceux par

PAR VICQ DAZYt.

LXXIU

qui les sicles prcdents furent illustrs, nous verrionsl'art

comment

la

culture des sciences a influ surfournissant des objets et desles crivains phi-

oratoire, en lui

moyens nouveaux. Ce qui distingues'estla

losophes, parmi lesquels celui que nous regrettonsacquis tant de gloire, c'est qu'ils ont trouv dans

nature

mme

,

des sujets dont les beauts seront

ternelles,l'esprit

c'est qu'ils n'ont

montr

les

progrs de

que par ceux de la raison, qu'ils ne se sont servis de l'imagination qu'autant qu'il falloit pour donner des charmes l'tude; c'est qu'avanant toujours et se perfectionnant sans cesse, on ne sait ni quelle

hauteur s'lveront leurs penses, ni quels,

espaces embrassera leur vueront

ni quels effets

produi-

un

jour

la

dcouverte de tant de vrits et l'abgrands travaux,

juration de tant d erreurs

Pourrepos.lve

suffire d'aussi

il

a fallu

des'-

grands talents, de longues annes, et beaucoup de

Montbarcl, au milieu d'un jardin orn,:

une tour antique c'est l que M. de Buffon a de la nature c'est de l que sa renomme s'est rpandue dans l'univers. Il y venoit au lever du soleil, et nul importun n'avoit le droit de l'y troubler. Le calme du matin, les premiers chants des oiseaux, l'aspect vari des campagnes, tout ce qui frapcrit l'histoire;

poit ses sens

,

le

rappeloit son modle. Libre, inil

dpendant,

il

erroit dans les alles;

prcipitoit,la tte

il

modroitle ciel,fait

,

il

suspendoit sa marche, tanttle

vers

danssa

mouvement de

l'inspiration et satis-

de

pense; tantt recueilli, cherchant, ne;

trouvant pas, ou prt produireoit,

il

crivoit,

il

efa;

il

crivoit

de nouveau pour effacer encore

ras-

LXXIV

ELOGE DE BUFFONle

semblant, accordant avecgot,lele

mme

soin, le

mmeil

mme;

art, toutes les parties

du discours,,

prononoit diverses reprises, se corrigeantfois

cha-

que

et

content enfin de ses efforts

il

le

dcla-

moit de nouveau pour lui-mme, pour son

plaisir, et

comme pourfois

se

ddommager de, ;

ses peines.

Tant deil

rpt

,

sa belle prose

comme

de beaux vers, se;

gravoit dans sales

engageoit ;

mmoire il la rcitoit ses amis la lire eux-mmes haute voix enil

sala

prsence

alors

l'coutoit

en juge svrela

,

et

il

travailloit sans relche,

voulant s'lever

perfection

que l'crivain impatient ne pourra jamais atteindre. Ce que je peins foiblement, plusieurs en ont t tmoins. Une belle physionomie, des cheveux blancs, des attitudes nobles rendoient ce spectacle imposant et magnifique; car s'il y a quelque chose au dessus des productions du gnie, ce ne peut tre que le gnie lui-mme, lorsqu'il compose, lorsqu'il cre, et

que dans

ses

mouvements sublimes

il

se rapproche,

autant qu'il se peut, de la Divinit.Voil bien des titres de gloire.

Quand

ils

seroient

tous anantis, M. de Buffon ne demeureroit pas sansloge.il

Parmi

les

monuments dont lala

capitale s'honore,rois

en

est

un que

munificence des

consacre

la

nature, o les productions de tous les rgnes sont ru-

o les minraux de la Sude et ceux du Potose, o le renne et l'lphant, le pingoin et lekamichi sont tonns de se trouver ensemble c'est M. de Buffon quinies,

;

a fait

ces miracles

;

c'est lui qui, riche

des tributs offerts

sa

renomme par

les souverains,

par les savants, pary avoit trouv les

tous les naturalistes dules

monde, porta ces offrandes dansIl

cabinets confis ses soins.

PAR VICQ DAZYR.et conserves

LXXV

plantes que ournefort et Vaillant avoient recueillies;

mais aujourdhui ce que

les fouilles les

plus profondes et les voyages les plus tendus ont d-

couvert de plus curieux et de plus rare

s'y

montre

rang dans un petit espace. L'on y remarque surtout ces peuples de quadrupdes et d'oiseaux qu'il a si bienpeints; et se rappelant

commentunplaisir

il

en

a parl,

cha-

cun

les

considre avec

Tout est plein de lui pour ainsi dire, son apothose; l'entre, sa statue, que lui seul fut tonn d'y voir, atteste la vnration de sa patrie qui tant de fois injuste envers ses grands hommes, ne laissa pour la gloire de M. de Buffon rien faire la postrit. La mme magnificence se dploie dans les jardins.sance.assista,,

ml de reconnoisdans ce temple, o il

,

L'cole, l'amphithtre, les serres, les vgtaux, l'en-

ceinte elle-mme

,

tout y est renouvel

,

tout s'y est

tendu, tout y porte l'empreinte de ce grand caractre, qui, repoussant les limites, ne se plut jamais

que dans

les

grands espaces et au milieu des grandesartificielles,

conceptions. Des collines, des valles

des terrains de diverse nature, des chaleurs de tousles les

degrs y servent la culture des plantes de tous pays. Tant de richesse et de varit rappellent l'il'Asie,

de de ces monts fameux deglace,

dont

la

cime

est

tandis

que

les vallons situs leur

base sont

brlants, et sur lesquels les tempratures et les pro-

ductions de tous les climats sont rassembles.

Une mort douloureusebelle vie.

et lente a

termin cette

A

de grandes souffrances M. de Buffon opde

posa un grand courage. Pendant de longues insomnies,

il

se flicitoit d'avoir conserv cette force

LXKVI

ELOGE DE BUFFONdela

tte, qui, aprs avoir t la source de ses inspirations,

'entretenoit encore des grands objetsIl

nature.le

vcut tout entier jusqu'au

moment o nous

per-

dmes. Vous vous souvenez, messieurs, de la pompe de ses funrailles; vous y avez assist avec les dputs

des autres acadmies, avec tous

les

amis des lettres etqui suivoient enet consterne.

des

arts,

avec ce cortge innombrable de personnes

de tous

les rangs,

de tous

les tats

deuil, au milieu d'une foule

immeuse

Un murmurequefois

de louanges et de regrets rompoit quel-

le silence

de l'assemble. Le temple vers le-

quel on marchoit ne put contenir cette nombreusefamille d'un grand

homme. Les

portiques, les ave-

nues demeurrent remplis ; et tandis que l'on chanoit l'hymne funbre, ces discours, ces regrets, ces

curs ne furent point intristes de voir le s'appauvrir, chacun formoit des vux pour que sicle tant de respects rendus au gnie fissent germer de

panchements de tous

les

terrompus. Enfin, en se sparant,

nouveaux talents, et prparassent une gnration digne de succder celle dont on trouve parmi vous,messieurs, les titres et les exemples.J'ai

parl des beauts

du

style et

de l'tendue du

M. de Buffon. Que ne peut s'lever ici, mespour peindre dignement ses qualits et ses vertus, et pour ajouter beaucoup vos regrets, la voix des personnes respectables dont il s'loit environn que ne peut surtout se faire entendre la voixsavoir desieurs,!

loquente d'une vertueuse amie, dontmettra de dire, dont

les

tendres

consolations, dont les soins affectueux, elleles

me

percet

hommages onttombeau!

suivi

ho