république Centrafricaine - .Cameroun et la république démocratique du Congo ... la grossesse

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  • Dossier De presse Mars 2014

    Un an de violence continue lencontre des civils

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    rpublique Centrafricaine

  • sommairei. 2011 : La crise silencieuse

    ii. Dcembre 2012 : offensive de la slka dans le nord de la rCA

    iii. et 2013 : une crise aigu se superpose une urgence chronique

    iV. Dcembre 2013 : gurilla urbaine et extrme violence Bangui

    V. 1er trimestre 2014 : violence dans louest du pays, le calvaire des musulmans

    Vi La crise en rCA dpasse les frontires du pays : les rfugis fuient massivement

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  • rpublique Centrafricaine Un an de violence continue lencontre des civils

    Depuis un an, la rpublique Centrafricaine (rCA), un pays dj exsangue, traverse une crise politique majeure, dont les consquences en termes de dplacements de populations et de violence sont considrables et sans prcdent.

    si ces derniers mois, la minorit musulmane - condamne fuir dans un exode massif vers les pays voisins comme le Tchad, le Cameroun et la rpublique dmocratique du Congo - paye plus particulirement le prix de cette instabilit, cest lensemble de la population du pays qui, des degrs divers, est touche.

    La crise centrafricaine est pourtant bien plus ancienne que sa rcente existence mdiatique ne le laisse entendre. Mdecins sans Frontires (MsF) travaille dans le pays depuis 1997. Depuis trois ans, nous navons eu de cesse dalerter sur les consquences de lindiffrence dans laquelle la situation humanitaire se dgrade rapidement dans ce pays.

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    2011 : La crise silencieuse Confronte depuis des dcennies au chaos politico-militaire, la Rpublique Centrafricaine (RCA) est, au fil des ans, devenue un pays aux indicateurs de sant publique parmi les plus bas du monde. Selon lOrganisation mondiale de la Sant (OMS), ce pays dtient la deuxime esprance de vie la plus faible du monde (48 ans). On ne compte quun mdecin pour 55 000 habitants (et ces praticiens se trouvent essentiellement Bangui, la capitale) et une infirmire ou sage-femme pour 7 000 habitants1. Nombre de femmes enceintes meurent pendant la grossesse ou lors de laccouchement et, sur 1 000 enfants, 1292 natteindront pas lge de 5 ans (principalement cause du paludisme mais aussi de la malnutrition chronique, des maladies diarrhiques, de la rougeole ou encore de la mningite).

    Plusieurs enqutes distinctes menes, en 2011, par MSF et dautres organismes de recherche dans les prfectures hbergeant la majorit de la population centrafricaine rvlent des taux de mortalit trois fois plus levs que le seuil durgence 3 qui dfinit une crise humanitaire.

    Dans un rapport publi en dcembre de la mme anne, MSF qui, depuis 1997, travaille de manire continue en RCA o elle est devenue un acteur majeur de la sant - dnonce cette crise silencieuse , dresse le bilan des insuffisances de laide et lance un appel une plus forte mobilisation mdicale, de la part du gouvernement centrafricain comme de la communaut internationale.

    Un systme de sant lamin par des annes dinstabilit, des problmes structurels majeurs, une inscurit dans toute la moiti est du pays La situation sanitaire en Centrafrique est extrmement dgrade, et ce depuis longtemps. elle tait dj trs fragile avant le dernier coup detat, en 2003, et na fait quempirer depuis. Le systme semble compltement en panne. il y a dnormes dysfonctionnements tous les niveaux. Le ministre de la sant est quasiment absent en dehors de Bangui o trs peu de structures de sant fonctionnent. Les ressources humaines sont limites et les comptences rares. Laccs aux soins de base est de fait trs limit, voire inexistant dans certaines rgions. La rCA se trouve coince entre urgence et dveloppement. or, les acteurs du dveloppement ne sinvestissent pas dans le pays. olivier Aubry, chef de mission MsF. Dcembre 2011.

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    Dcembre 2012 : offensive de la slka 4 dans le nord de la rCALes mouvements militaires et les affrontements opposant rebelles et forces armes centrafricaines occasionnent des morts, des blesss et des dplacements de villageois. Rfugies, caches en brousse, ces populations - dj affaiblies par une dcennie de violence et de dfaillance du systme de sant - nont plus accs aux services de premire ncessit et en particulier aux soins mdicaux.

    MSF maintient ses quipes de terrain et ses programmes, notamment hospitaliers, dans les villes touches par le conflit, linstar de Ndl, Kabo et Batangafo. Des activits durgence sont inities pour porter assistance aux dplacs en brousse et pour la prise en charge chirurgicale des blesss dans les zones o les services mdicaux ne sont plus disponibles comme Kaga Bandoro. Des donations de mdicaments et de matriel mdical sont faites plusieurs centres de sant en province.

    Le 24 mars 2013, la Slka sempare de la capitale ; le prsident Franois Bozize, dchu, quitte le pays. Les affrontements de Bangui font de nombreux morts et blesss que MSF prend en partie en charge lhpital communautaire, qui devient alors la seule structure chirurgicale de la ville encore fonctionnelle.

    Sur les trois mois qua dur cette activit, nous avons pris en charge 1 072 blesss aux urgences (36% par balle) et 149 patients ont t oprs. En province - et notamment dans les villes prises par la Slka - les personnes fuyant le conflit et les violences et dplaces en brousse nont toujours pas accs aux soins. MSF continue dtendre sa rponse

    Lorsquon a entendu dire que les rebelles se rapprochaient, les gens sont partis se rfugier en brousse. Mes quatre enfants et moi sommes partis une quinzaine de kilomtres de Damara. Nous ny sommes pas retourns depuis. on dort dehors et il fait froid. on boit de leau quon trouve dans les ruisseaux. Les enfants et les adultes tombent vite malades dans ces conditions. Je voudrais ramener mes enfants la maison au plus vite, mais jai peur de tous ces soldats en ville. Anita, 22 ans, dplace en brousse, originaire de Damara. Janvier 2013

    1. Nations Unies. Juillet 2012 - 2. OMS. 2013 - 3. Le seuil durgence correspond un mort par jour pour 10 000 habitants pour la population gnrale et deux morts par jour pour 10 000 habitants pour les enfants de moins de cinq ans. F Checchi et al (2007) in Public health in crisis-affected populations: A practical guide for decision-makers. ODI-HPN: Londres. - 4. Coalition constitue en aot 2012 partir de partis politiques et de forces rebelles centrafricains opposs au prsident Boziz alors au pouvoir.

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  • durgence. En mars 2013, une premire mission exploratoire est faite Bossangoa, sige de violences, o lhpital a t pill et le personnel de sant a fui. Nos projets rguliers (Batangafo, Boguila, Ndele, Boguila, Zemio, Carnot et Paoua) continuent de fonctionner mais certains de manire limite : les activits de soutien aux centres de sant de la priphrie sont suspendues du fait de linscurit.

    En effet, des groupes arms sment le chaos dans le pays. Si la population civile en est la principale victime, les quelques ONG internationales travaillant en RCA, dont MSF, sont galement concernes : linscurit se gnralise et entrave le dploiement de notre assistance. Le 25 mars 2013, dans un communiqu, MSF appelle toutes les parties en RCA permettre aux patients de se rendre dans les structures de sant et de recevoir les soins mdicaux dont ils ont besoin .

    A plusieurs reprises, depuis le dbut du conflit, des structures de sant soutenues par MSF ont t pilles et nos quipes ont t victimes de vols et de menaces. Le 10 avril 2013, dans un communiqu, MSF souligne que suite lvacuation dquipes de travailleurs humanitaires, laide humanitaire et les activits mdicales destines aux populations sont bloques, privant de fait de nombreuses personnes de soins et que

    Leffondrement des structures sanitaires et le manque daccs aux soins ont t aggravs par les violences, pillages et exactions. La plupart du personnel a dsert

    les centres de sant pour se rfugier en brousse ou rejoindre Bangui. presque toutes les structures ont t pilles. il ny a plus aucune ambulance. Le programme de vaccination de routine a t interrompu. Depuis la donation faite par MsF en dcembre 2012 Bria, aucun mdicament nest parvenu sur place. Une recrudescence du nombre de cas de paludisme a t signale dans les zones que nous avons visites. Avec larrive de pluies, les mouvements de population et le manque de mdicaments, des pidmies de paludisme et de maladies diarrhiques sont craindre. Brigitte Doppler, infirmire en charge de lvaluation MsF dans lest. Mai 2013.

    linscurit compromet des moyens de survie dj fragiles .

    Des groupes dautodfense villageois, les anti-Balakas commencent se constituer dans plusieurs localits du pays et notamment dans les environs de Bossangoa et de Paoua. MSF poursuit ses valuations dans les zones particulirement touches lors de loffensive de la Slka, notamment dans lest du pays comme Bria, en mai 2013.

    Entre fvrier et mai 2013, environ 20 villages ont t brls dans un rayon de 14 89 kilomtres autour de Batangafo, ce qui a pouss plus de 8000 personnes fuir dans la brousse. La population cherche refuge dans la brousse, des champs ou des villages avoisinants o ils sont accueillis par des proches. Les quipes de MSF organisent des cliniques mobiles et la distribution darticles de premire ncessit des milliers de personnes dplaces.

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    Marie-Noelle, une jeune mre, explique aux collaborateurs de MsF quelle a fui le village de Gbadn avec ses voisins vers la mi-avril. ils avaient reu des mena