TPE def v1

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Comment les progrs en physique et en mdecine ont permis une amlioration des traitements et des observations des problmes de tension dans la circulation sanguine ?Introduction I. Ds l'Antiquit, la saigne, traitement empirique 1) En quoi la thorie des humeurs permet-elle d'expliquer le recours la saigne 2) Historique, traitement de la Reine Saigne. 3) Le traitement de l'hmochromatose par la saigne : titrage du fer II. A partir du XXe sicle, la perfusion intraveineuse, intervention thrapeutique. 1) La perfusion : pourquoi, o, quand et comment 2) La thorie du milieu intrieur de Claude Bernard : le fondement de la perfusion artificielle. 3) Comment modifier la pression artrielle. Etude de cas :les succdans de sang. III. Depuis les annes soixantes, l'effet Doppler, une mthode diagnostique non intrusive. 1) La principe du Doppler : caractristiques du son, et sa mise en vidence exprimentale 2) Application la mdecine, dans le cadre du diagnostic de la phlbite

A chaque poque, ses savants. DHypocrate Doppler, nos connaissances sur la circulation sanguine sont le rsultat des travaux de gnrations de savants. Notre intention premire tait de raliser notre TPE sur le thme de la saigne. Cependant, nous avons ralis en travaillant sur la circulation sanguine que le sujet ne pouvait tre limit la mthode empirique quest la saigne. Nous avons donc dcid daborder trois techniques reprsentatives des savoirs de leur poque et dune connaissance en constante volution. Il aurait t trop rducteur de sarrter une simple critique des connaissances antiques en matire d'anatomie. Afin de les remettre en perspective, nous prsentons donc ici un travail sur trois techniques, de trois domaines, toutes trois ayant des rpercutions sur la pratique mdicale actuelle, qui nous semblent permettre un bilan sur les diffrents savoirs en matire de pression et tension sanguine. La pression artrielle est la force exerce par le sang sur la paroi des artres. La pression artrielle est le plus souvent maintenue dans dtroites limites autour dune valeur moyenne, appele valeur de consigne. Cette stabilit implique lexistence de systmes de rgulation de la pression artrielle. La pression artrielle varie selon plusieurs facteurs :1. 2.

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Le volume de sang prsent dans la circulation sanguine : plus il y a de sang et plus la pression artrielle est leve La frquence cardiaque : une augmentation de lactivit du nerf sympathique accrot la frquence cardiaque, et donc la pression artrielle, de mme, une augmentation de lactivit du nerf parasympathique entrane une diminution de la pression artrielle. La diastole et la systole : Pendant la diastole, le cur est dcontract ( la fois les atriums et les ventricules), et la pression y est donc plus basse dans lorganisme ; pendant la systole, le cur est contract, et la pression artrielle y est donc maximale.

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La vasoconstriction et la vasodilatation : la vasoconstriction augmente la pression artrielle, alors que la vasodilatation la rend plus faible. Leffort produit par lorganisme : plus leffort est intense, plus la frquence cardiaque est leve, et donc plus la pression artrielle est leve.

Il faut de plus noter que les vaisseaux sanguins n'ont pas un volume donn : dans des conditions de pression leve, comme la diastole, les vaisseaux auront des volumes suprieurs leur tat sous pression plus faible. Cest autour de cette notion de pression artrielle, et de son effet sur les artres (et dun effet similaire sur les veines), que nous avons orient nos recherches. Il est intressant de noter que les interventions se font majoritairement sur les veines, que les pathologies affectent les veines ou les artres, en raison de conditions de pression bien plus favorables une intervention contrle. Afin de passer en revue les connaissances passs et prsentes sur ce systme et son fonctionnement, nous nous intresserons tout dabord un traitement empirique trs rpandu de lantiquit lpoque moderne, la saigne. Nous aborderons ensuite une intervention rendue possible par une plus grande connaissance du milieu intrieur, la perfusion intraveineuse. Enfin, cest vers une technique de diagnostic non intrusive que nous orienterons la troisime partie de ces travaux personnels, leffet Doppler-Fizeau.

TPE : Comment les progrs en physique et en mdecine ont-ils permis une amlioration des traitements et des observations des problmes de tension dans la circulation sanguine.I. Ds lantiquit, la saigne, traitement empirique.1. En quoi la thorie des humeurs seule explique lutilisation de la saignePrincipe gnral Claude Galien, physicien romain et mdecin des gladiateurs, pratique la saigne au 2nd sicle avant JC, sinspirant des thories dHypocrate dveloppes dans son uvre De la nature de lhomme et dAristote. cette poque, ces philosophes-mdecins pensaient, comme les mdecins traditionalistes chinois, que la sant de lhomme dpend de lquilibre entre les quatre humeurs du corps, correspondant par analogie aux quatre lments de lunivers :

le sang (feu) ; produit par le foie, il est reu par le cur la lymphe, ou pituite ou flegme (air) ; rattache au cerveau, le liquide est form de plasma et de globules blancs, qui circulent dans les vaisseaux lymphatiques, dont Hypocrate connat lexistence sans en connatre la composition la bile jaune (terre) : venant galement du foie la bile noire ou atrabile (eau) : venant de la rate

Ils dterminent les quatre qualits fondamentales : le bilieux (chaud et sec), l'atrabilaire (froid et sec), le flegmatique (froid et humide) et le sanguin (chaud et humide). A la Renaissance, ils dtermineront aussi quatre tempraments fondamentaux :

Tableau d'Ambroise Par prsentant les caractristiques des humeurs.

le bilieux est enclin la colre . caractre bilieux , c'est--dire anxieux l'atrabilaire, se dit de celui qu'une bile noir, aduste [terme mdical : qui est brl], triste. On donnait autrefois cette pithte au sang et aux humeurs ; la scheresse du corps, la chaleur, la soif, la couleur noire du sang tir des veines, caractre mlancolique. caractre lymphatique : qui manque d'nergie; nonchalant. le sanguin : Celui en qui le sang prdomine sur les autres humeurs. Il est d'humeur gai, parce qu'il est sanguin caractre sanguin ou jovial, chaleureux

Pourquoi dans ce contexte, saigne-t-on ? Lorsquun temprament tait trop sanguin (prsentait des anomalies: on tenait alors les fivres et infections comme le rsultat dexcs de scrtions. Au milieu du XIVe sicle on pensait que les maladies rsultaient d'une hyperexcitation nerveuse. La soif, la faim, les vomissements ou la saigne devaient librer le patient de ces excs de scrtion), il fallait pratiquer une saigne pour retrouver cet quilibre idal du corps sain. Ainsi le dfaut ou l'excs de ces humeurs taient donc compris comme un dsquilibre qu'il fallait rectifier selon les cas. On utilisait la saigne pour gurir tout type de maladies , notamment celle que lon croit lies des problmes de tensions comme les fivres. (le concept de circulation sanguine napparat qu partir du 17e sicle, mais on a dj lide dune tension sanguine du sang sur les vaisseaux quil emprunte). La saigne donne en effet lieu une baisse de la pression sanguine. La technique consiste prlever du sang du systme circulatoire par une ponction veineuse laiguille. Elle est trs pratique ; Saint Bernard disait : Il y a deux causes pour tirer du sang lhomme : ou bien il en a trop ou bien il la mauvais Comment saigne-t-on ? La saigne tait faite par l'ouverture d'une veine (phlbotomie) ou par l'application de sangsues sur le corps pour qu'elles sucent le sang. On utilisait pour les saignes : des lancettes pointues double tranchant, et pourvues de lames droites ; des ventouses qui aspiraient le sang par succion (technique venant de lAntiquit) ; des ventouses lames au XVII et XVIIIe sicles ; des sangsues.

Saigne par pose de sangsue

Ventouse lames

Selon les poques, les quantits saignes varient mais la saigne est gnralement abondante. De 16 30 onces taient d'usage pour quiconque souffrait de "mauvaises humeurs". Certains prolongent la saigne jusqu' l'inconscience. La peau rose du patient est alors ple, le pouls passe de 90 battements par seconde 120, la fivre baisse et la nervosit du patient laisse place un tat proche de l'tat de choc.

reprsentation des instruments de la saigne, issue du cour de chirurgie de Dionis en 1707 (HERITIER 1987)

Les instruments de la saigne selon Chabert (CHABERT, FLANDRIN, HUZARD 1808)

2. Bref historique de lusage de la saigne

Elle est pratique depuis lAntiquit. Mais de manire diffrentes et pour diffrents besoin. Cest une pratique ancestrale qui dbute bien avant Hypocrate qui la dfinie au IIe sicle avant Jsus-Christ. Elle touche toutes les civilisations et tous les pays. Les Grecs et les Arabes (avant que lIslam ne soit instaur) saignaient par ventouses : cet acte tait appel la hijama. En gypte, des traces de cette pratique ont t retrouves sur une sculpture dun verre destin retirer le sang, grav dans les murs du temple Comombo. Enfin, on pense que la Chine pratiquait la saigne par ventouse depuis plus de 4 000 ans. En France, cest au Moyen ge, que fut pratique la saigne dune manire excessive. Cette vacuation de sang, dsigne en 1130 sous le nom de saigne, tait pratique par des chirurgiens. Du XVIe aux XVIIIe sicles, les saignes taient abondantes, provoquant parfois la mort des malades. On rapporte que sur les champs de bataille, la saigne tait de mise sur des blesss perdant leur sang et causait bien souvent leur mort. A partir de la Renaissance elle connat un regain de popularit jusqu' devenir une vritable panace au XVIIe sicle est au XVIIIe sicle alors que fut dcouverte la circulation sanguine. Les chirurgiens saignaient les malades, mais aussi les gens en bonne sant. Par exemple, les moines taient saigns quatre fois lanne dans un espace appel la maison des saignes. Nul dans la capit