Diététique énergétique et médecine ?· traitant de diététique et publiés par les instituts de…

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    15-Sep-2018

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<ul><li><p>INTRODUCTION</p><p>La prvention des maladies et laccroissement de la sant, qui reposent sur le maintien delquilibre Yin-Yang par la qualit dcoute et dinterprtation des messages du corps, onttoujours constitu les objectifs essentiels de la mdecine traditionnelle chinoise.On considre que tout tre vivant est conu et entretenu par une capacit organisa-trice et transformatrice, SHEN, qui lui est personnelle, et dont certains aspects pour-raient tre imparfaitement transposs en mdecine occidentale dans la conception dela formule gntique, avec le capital dinformations quelle vhicule. Pour accrotre ouretrouver la sant, ltre humain a la capacit de se mettre au service du programmeorganisateur auquel il doit sa conception et son maintien en vie ; pour y parvenir, ildispose de lattention et de lcoute intrieures, qui lunissent directement SHEN, sapuissance organisatrice.De cette coute, garante des informations quil recueille par la voie des cinq sens, iltire une valuation essentiellement qualitative de lui-mme et du monde. Cette prio-rit qualitative imprgnera toute la vision de lunivers et du corps nergtique dans lamdecine chinoise ; sans elle, on ne peut rien comprendre, ni utiliser efficacement sadoctrine, essentiellement fonctionnelle, pratique mais lie lcoute subtile de la sen-sorialit. Elle reprsente lexprience fondamentale partir de laquelle on dtermine,daprs leurs qualits, les familles de mouvements qui jalonnent et rythment toute lacration.Lcoute subtile est au centre des pratiques traditionnelles visant nourrir et entretenirla vie (YANG SHENG). Lexprience et le maintien de lquilibre Yin-Yang se ralisentconcrtement par le dveloppement de lobservation, de laptitude la contemplation parles arts de la conduite du souffle partir de la respiration, du geste et de la posture, par lemassage, lutilisation des cautres (Moxa ou Kao) et des aiguilles sur le corps nergtique,lutilisation dune pharmacope complexe, enfin la mise en pratique quotidienne dunedittique extraordinairement labore.De cette dittique, nous avons t partiellement informs au cours de nos tudesdacupuncture par les nombreuses allusions qui sont faites aux saveurs et aux ali-ments rgulateurs de lnergie humaine dans les grands classiques, le NEI JING SUWEN et le NEI JING LING SHU.Dun autre ct, nous avons pu observer le dveloppement de courants dittiques se</p></li><li><p>recommandant de la mdecine extrme-orientale, ainsi que de la macrobiotique, do-rigine japonaise, dont un des principaux mrites a t dinsister sur limportancefondamentale de certaines catgories daliments, telles les crales compltes parexemple. Mais entre les dveloppements thoriques et parfois fort abstraits des classi-ques sur laction physiologique des saveurs et les affirmations souvent premptoiresde la macrobiotique, dont les systmatisations dlibres marquaient une certaineoccidentalisation de ses principes de rfrence, il ntait pas simple de prciser lideque se faisaient les Chinois de lAntiquit de la nourriture humaine, de son labora-tion, de son utilisation et de ses effets sur les diffrents organismes. Entre la thoriehermtique de lAntiquit et la pratique schmatique contemporaine, un moyenterme nous a t donn par les traductions partielles de nombreux classiques de di-ttique et de phytothrapie des priodes intermdiaires, tel le fameux BEN CAOGANG MU de LI SHI ZHEN (1578).Nous avons t aid dans cette dmarche par la profusion rcente douvrages chinoistraitant de dittique et publis par les instituts de mdecine traditionnelle des gran-des villes de Chine continentale ; notre ami MACH CHIEU en a assur la traduction.Ces traits reprennent les textes anciens faisant autorit en la matire, et prsentent devritables catalogues daliments classs par familles. Chaque aliment est dcrit selonles critres nergtiques de saveur (WEI), nature nergtique (QI), toxicit (DU),mridiens destinataires (GUI JING), proprits sur les mouvements globaux desnergies et substrats corporels, et spcificits mdicinales.Cette classification par aliment tablit plutt une sorte de pharmacologie ner-gtique , accompagne dun grand nombre dindications symptomatiques, quunevritable doctrine dittique, ce qui a soulev pour nous une seconde difficult.Les diffrentes rubriques danalyse des qualits de laliment dmontraient indirecte-ment lexistence dune conception originelle de la notion daliment laquelle lesauteurs se rfraient, et que nous avions toutes les chances de retrouver dans lesgrands classiques, condition den pratiquer une lecture diffrente et, si possible, partir des idogrammes et de la structure versifie du texte chinois lui-mme.Nous avons donc entrepris ce travail avec laide damis sinologues (nous remercionsen particulier le Professeur Constantin Milsky et Monsieur SONG SHUN CHING dela facult dAix-en-Provence).Reprenant systmatiquement toutes les citations du SU WEN et du LING SHUconcernant les Saveurs, le Souffle et la Forme des aliments, nous avons pu remarquerles points suivants :</p><p>Le concept traditionnel de Saveur revt une signification beaucoup plus profondeet gnrale que dans le contexte occidental : la Saveur (WEI), tout en conservant sarfrence sensorielle qualitative, reprsente la matire primordiale par laquelle sla-borent les substrats du monde extrieur, et en particulier la substance corporelle detout tre vivant. Nous avons galement pu distinguer la lumire des textes que lessaveurs ont une capacit double, celle de stimuler spcifiquement le Souffle,</p><p>10 DITTIQUE NERGTIQUE ET MDECINE CHINOISE</p></li><li><p>cest--dire lexpression fonctionnelle des Organes, aussi bien que leur Forme,cest--dire la substance qui les compose, ainsi que des structures qui leur sont phy-siologiquement rattaches.</p><p>Nous avons pu ainsi lever dapparentes contradictions entre le SU WEN et le LINGSHU, dont les affirmations diffrentes au sujet du rle des mmes saveurs ne pou-vaient se comprendre que si lon situait leur action soit sur le Souffle, soit sur laForme des organes, les deux aspects tant alors directement opposs.</p><p>Par leur rle dlaboration des formes du monde manifest et leur action sur lesouffle ou nergie des tres vivants en particulier, les Saveurs, WEI, prennent unesignification cosmologique et mme mtaphysique, comme le soulignent certainsversets du SU WEN.</p><p>La seule faon prcise dagir sur leur quilibre dans lorganisme tant lalimentation,nous avons pu envisager la dittique comme une technique curative en soi, coh-rente et complte par son niveau daction sur le corps nergtique.Nous avons pris ainsi conscience quen mdecine chinoise, le mode sur lequel nousenvisageons la comprhension du corps nergtique est orient par la techniquechoisie pour le rquilibrer. Il existe ainsi une lecture des chapitres de physiologiegnrale des classiques oriente par la technique de lacupuncture dont le mode din-tervention est la r-quilibration du QI, ou nergie, par la puncture de laiguille.</p><p>De la mme faon, le projet dlaborer un systme de r-quilibration du corps ner-gtique par les aliments, nous a amen mettre laccent sur des points diffrents de laphysiologie, ce qui aboutissait en dfinitive une lecture diffrente des mmes textes.En dittique, il sagit dabord de renforcer le JING, ou Principe Vital du monde danslindividu, globalement ou slectivement, par les Saveurs et leur vhicule, les liquidesorganiques.Toutes les structures nergtiques, ayant une fonction de mise en rserve ou demma-gasinement de la vitalit JING, prennent ici un relief plus grand et un rle plus actif.Nous avons cru bon, dans cette optique, de prsenter une introduction dtaille sur laphysiologie nergtique, en insistant sur la mise en place dans le temps des diffrentssystmes fonctionnels chargs de grer les liquides et les nergies, soit lEau et le Feu.Les mouvements de lEau et du Feu sexpriment ici par la gestion de la chaleur, dessaveurs et des liquides organiques, les six entrailles dites curieuses et lensemble dusystme neuro-endocrinien (NAO-SUI, cerveau et moelles).Cette introduction physiologique nous a conduit prciser ensuite la notion de ter-rain, par ce que nous avons intitul les six contextes nergtiques , expression quenous prfrons celle de typologie , dont le contenu nous parat moins dynamiqueet peut-tre moins conforme la pense traditionnelle. Plusieurs de ces contextes peuvent tre en effet associs chez un mme individu et les tableaux cliniques qui lessituent reprsentent des prdispositions essentiellement dynamiques, donc mouvan-tes, du terrain.</p><p>INTRODUCTION 11</p></li><li><p>Nous proposons ici un cadre de rfrence des aliments recommands et contre-indi-qus, qui permet de raisonner le choix dune alimentation correctrice approprie auxdiffrents terrains de nos patients.Nous prsentons ensuite un recueil de thrapeutique alimentaire systmatis en fonc-tion des concepts et rubriques classiques de la mdecine chinoise.</p><p>12 DITTIQUE NERGTIQUE ET MDECINE CHINOISE</p></li><li><p>Chapitre I</p><p>LALIMENT ET LE CORPS NERGTIQUE</p></li><li><p>ASPECTS COSMOLOGIQUESET PHYSIOLOGIQUES</p><p>La mdecine chinoise dcrit traditionnellement le corps nergtique comme le rvla-teur et le champ daction des rythmes du cosmos.Cette expression rythmique de ltre dans son milieu de vie sillustre de la faon laplus fondamentale dans les fonctions de la nutrition.</p><p>Nous en discernons trois aspects principaux :</p><p>le choix des aliments dans lespace et le temps,</p><p>leur transformation externe par laboration et association,</p><p>leur assimilation ou transformation interne en notre propre souffle, notre forme.</p><p>Comme toutes les grandes cultures traditionnelles et peut-tre dune faon particuli-rement pousse, la civilisation chinoise a dvelopp un ensemble trs riche de prati-ques et de rituels concernant le temps, le lieu et le mode de rcolte des ingrdientscomestibles, leur transformation selon un art culinaire aux modalits multiples, desmanires de table dont beaucoup sont inspires par des principes dhygine issusdun savoir mdical traditionnel largement rpandu et entretenu dans la population.Cest en particulier par le choix et lordre dintroduction ou dalliance des saveurs, desconsistances, des tempratures, que lon dtermine une srie de ractions psycho-physiologiques dont leffet peut tre tonifiant, draineur ou rquilibrant des diffren-tes fonctions corporelles.De nombreux aliments ont aussi une action mdicinale spcifique sur un ou plu-sieurs mridiens.Nous proposons dans cette perspective une rflexion autour de la conception nerg-tique de la dittique et nous interrogeons dabord la notion daliment la lumiredes textes classiques les plus anciens.Au cours de notre expos, nous citerons abondamment le SU WEN et le LING SHU,en conservant le texte chinois pour les citations les plus importantes.Dans cette difficile lucidation, nous dsirons laisser une place importante ladimension contemplative du texte chinois, cest--dire non seulement de chaqueidogramme, mais aussi des versets rythms quils composent, afin de laisserapparatre les correspondances et les rsonances entre les termes et suggrer ainsi le souffle du texte, transposition linguistique des souffles du vivant quil dcrit. Nousdbutons cet expos par deux citations du SU WEN, tires des chapitres 5 et 66, et quisituent demble la question des saveurs au niveau le plus gnral et le plus lev.</p><p>14 DITTIQUE NERGTIQUE ET MDECINE CHINOISE</p></li><li><p>I - SHEN, SOUFFLE ET FORMEdaprs le chapitre 66</p><p>Ces trois vers, car il sagit ici dun vritable pome scand sur un rythme de sept, dfi-nissent paralllement :</p><p>I. SHEN, lEspritII. SHENG, la SagesseIII. BIAN-HUA, les Transformations et Mtamorphoses</p><p>SHENG est lapanage du Sage, comprenant la nature des choses, vivant en har-monie avec elles, et rpandant sa vertu merveilleuse et efficace au sein de lUnivers (Dictionnaire RICCI). SHENG est l'apanage du Sage comprenant la nature des cho-ses, vivant en harmonie avec elles et rpandant sa vertu merveilleuse et efficace ausein de l'univers (Dictionnaire RICCI R. 4338, p. 820). La fidlit la nature del'Esprit, en lui-mme insondable par le YIN-YANG (YIN YANG BU CE), est son uti-lisation directe sans intermdiaires, sans qu'on ait recours des recettes (WU FANG),c'est--dire aux inscriptions et aux procds qu'offre la mmoire.</p><p>LALIMENT ET LE CORPS NERGTIQUE 15</p><p>A la lecture du chapitre 66 dabord nous recueillons trois affirmations en corrlationtroite :</p><p>YIN</p><p>YANG</p><p>BU</p><p>CE</p><p>WEI</p><p>ZHI ZHI</p><p>WEI</p><p>FANG</p><p>WU</p><p>YONG</p><p>SHEN FU</p><p>BIAN</p><p>HUA</p><p>ZHI</p><p>WEI</p><p>YONG</p><p>SHENG YE</p><p>Linsondable du YIN -YANGse nomme Esprit</p><p>Lemploi de lesprit sansrecours a des recettes senomme Sagesse</p><p>Ainsi changements etmtamorphoses forment laFonction</p><p>I II III</p><p>SHEN</p></li><li><p>La Sagesse dcoule de cette attention sans rfrences de l'Esprit qui peut alors assisteraux changements et aux mtamorphoses (BIAN-HUA) dont les successions expri-ment dans la conscience le fonctionnement (YONG) du monde et de soi-mme. C'estde ces enchanements que nous entretient la suite du texte qui dcrit alors l'applica-tion des mtamorphoses YIN-YANG.Le texte dcrit alors lapplication des mtamorphoses YIN-YANG :Ainsi, reprenant la formulation des trois puissances (SANCAI), Ciel, Terre,Homme, le texte indique que l'application du YIN-YANG, soit le Jeu des principespremiers, est :</p><p>16 DITTIQUE NERGTIQUE ET MDECINE CHINOISE</p><p>ZAI</p><p>TIAN</p><p>WEI</p><p>XUAN</p><p>I</p><p>Au ciel(cela forme)le mystre</p><p>ZAI</p><p>WEI</p><p>DAO</p><p>II</p><p>Chez lhomme(cela forme)le DAO</p><p>ZAI</p><p>DI</p><p>WEI</p><p>HUA</p><p>III</p><p>Sur terre (celaforme) lamtamorphose</p><p>Le mystreengendrelesprit</p><p>Le daoengendrela connaissance</p><p>La mtamorphoseengendre les cinqsaveurs</p><p>XUAN</p><p>SHENG</p><p>SHEN</p><p>VI</p><p>DAO</p><p>SHENG</p><p>ZHI</p><p>V</p><p>HUA</p><p>SHENG</p><p>WU</p><p>IV</p><p>WEI</p><p>REN</p></li><li><p>LALIMENT ET LE CORPS NERGTIQUE 17</p><p>au Ciel, le Mystre qui engendre lEsprit,</p><p>chez lHomme, le DAO qui engendre la connaissance (il sagit ici du DAO delHomme),</p><p>sur Terre, la mtamorphose qui gnre les cinq Saveurs.Ainsi, SHEN :</p><p>engendr au Ciel, niveau des principes,</p><p>se manifeste par la connaissance au niveau de lhomme, sige du mouvement,</p><p>et se ralise sur la Terre par les cinq Saveurs, filles de la mtamorphose.</p><p>On voit dj par ce texte que SHEN trouve sa ralisation terrestre par lintermdiairedes cinq Saveurs, supports des Transformations et donc rvlatrices des Fonctions.</p><p>Le texte poursuit :</p><p>ZAI ZAI XING</p><p>TIAN TIAN QI</p><p>WEI WEI XIANG</p><p>FENG QI GAN</p><p>ER</p><p>ZAI ZAI HUA</p><p>DI DI SHENG</p><p>WEI CHENG WAN</p><p>MU XING WU</p><p>YI</p><p>Cet extrait capital nous permet donc dtablir un premier schmade lorganisation du corps nergtique :SHEN est au ciel le Souffle, sur terre la Forme :</p><p>Le Souffle et la Forme, ragissant lun sur lautre,sont lorigine des tres, en gnral, et de lobser-vateur dans le SHEN duquel ils apparaissent, enparticulier.</p><p>SHEN</p><p>L'ESPRITESTVENT DANSLE CIEL</p><p>AU CIELIL ESTLESOUFFLE</p><p>L'ESPRITEST BOISSUR LATERRE</p><p>SUR TERREIL DEVIENTLA FORME</p><p>RAGISSANT LUNSUR L'AUTRE, LEQI ET LA FORMELABORENTTOUS LES TRES</p></li><li><p>18 DITTIQUE NERGTIQUE ET MDECINE CHINOISE</p><p>II - ESSENCE, SOUFFLE,SAVEUR ET FORME</p><p>daprs le chapitre 5</p><p>Notre second extrait du chapitre 5 du SU WEN va permettre un dveloppement etune prcision considrables du prcdent schma.Nous empruntons ici la traduction de lEcole europenne dacupuncture :</p><p>SHUI YANG</p><p>WEI WEI</p><p>YIN QI</p><p>HUO YIN</p><p>WEI WEI</p><p>YANG WEI</p><p>Dans les quatre propositions nonces, la relation et la liaison sont tablies par le motWEI (RICCI n5507), quivalent ici de notre verbe tre avec la connota...</p></li></ul>

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