L’autisme et ??autisme_et_les... · La CIM 10 F84 Troubles envahissants du développement –F84.0…

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    07-Aug-2018

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  • Sandrine VENTANA Chef de projet Canal Autisme

    CNED

    Lautisme et les troubles envahissants

    du dveloppement Eric Lemonnier

    Pdopsychiatre

    Photo du formateur

  • Quatre axes dobservation du dveloppement: Psychomoteur Psychoaffectif Langage et communication Psycho-cognitif

    Trois situations: Atteinte de lensemble du dveloppement de manire

    homogne Atteinte spcifique Atteinte de lensemble du dveloppement de manire

    htrogne

    Troubles du dveloppement

  • La CIM 10

    F84 Troubles envahissants du dveloppement

    F84.0 Autisme infantile

    F84.1 Autisme atypique: lautisme peut tre atypique par lge de survenue (F84.10), ou par sa symptomatologie (F84.11), voir les deux (F84.12).

    F84.2 Syndrome de Rett

    F84.3 Autres troubles dsintgratifs de lenfance

    F84.4 Hyperactivit associe un retard mental et des mouvements strotyps

    F84.5 Syndrome d Asperger

    F84.8 Autres troubles envahissants du dveloppement

    F84.9 Troubles envahissants du dveloppement sans prcision

  • F84.0 Autisme infantile

    A. Prsence, avant lge de 3 ans, danomalies ou daltrations du dveloppement, dans au moins un des domaines suivants :

    (1) langage (type rceptif ou expressif) utilis dans la communication sociale ;

    (2) dveloppement des attachements sociaux slectifs ou des interactions sociales rciproques ;

    (3) jeu fonctionnel ou symbolique ;

  • F84.0 Autisme infantile B. Prsence dau moins six des symptmes dcrits en (1), (2), et (3), avec

    au moins deux symptmes du critre (1) et au moins un symptme de chacun des critres (2) et (3).

    (1) Altrations qualitatives des interactions sociales rciproques

    (2) Altrations qualitatives de la communication

    (3) Caractre restreint, rptitif et strotyp des comportements, des intrts et des activits

    C. Le tableau clinique nest pas attribuable dautres varits de trouble envahissant du dveloppement

  • Sandrine VENTANA Chef de projet Canal Autisme

    CNED

    Altrations qualitatives des interactions

    sociales rciproques Eric Lemonnier

    Pdopsychiatre

  • Altrations qualitatives des interactions sociales rciproques (1)

    Absence dutilisation adquate du contact oculaire, de lexpression faciale, de lattitude corporelle et de la gestualit pour rguler les interactions sociales

  • Il faut cependant tre prudent et ne pas sarrter la premire impression. Il arrive parfois quau moment o je vais chercher un jeune enfant et ses parents dans la salle dattente, les invitant me suivre dans mon bureau, lenfant me regarde. Le contexte en donne lexplication, lenfant est prvenu de cette consultation, en rgle gnrale il ny a pas dattente, je maccroupis pour lui dire bonjour lappelant par son prnom en souriant, les parents satisfaits de ne pas avoir pass trop de temps en salle dattente sont volontiers cet instant eux aussi souriants.

    Altrations qualitatives des interactions sociales rciproques (1)

  • Incapacit dvelopper (de manire correspondant lge mental et bien quexistent de nombreuses occasions) des relations avec des pairs, impliquant un partage mutuel dintrts, dactivits et dmotions.

    Altrations qualitatives des interactions sociales rciproques (2)

  • Labsence de jeux imaginatifs avec les pairs, un manque dintrt pour les autres enfants, une rponse altre aux approches des autres enfants, chez les enfants les plus jeunes une absence de participation des jeux de groupe ou labsence damis plus tard. Dans les parcs publics ces enfants jouent le plus souvent seuls, peu intresss par les autres quils observent nanmoins en jetant un rapide coup dil. Les tentatives de rapprochement de la part dun autre enfant restent infructueuses.

    Altrations qualitatives des interactions sociales rciproques (2)

  • Manque de rciprocit socio-motionnelle se traduisant par une rponse altre ou dviante aux motions dautrui ; ou manque de modulation du comportement selon le contexte social ou faible intgration des comportements sociaux, motionnels, et communicatifs

    Altrations qualitatives des interactions sociales rciproques (3)

  • Concernant le manque de rciprocit socio-motionnelle, il noffre gure de rconfort, peut utiliser la main de lautre pour obtenir ce quil veut, na gure dinitiatives sociales et ses ventuelles rponses sociales restent inadquates, il peut avoir des expressions faciales inappropries. Cest un des aspects qui bien souvent perturbe de manire profonde les parents.

    Altrations qualitatives des interactions sociales rciproques (3)

  • Ne cherche pas spontanment partager son plaisir, ses intrts, ou ses succs avec dautres personnes (par exemple ne cherche pas montrer, apporter ou pointer autrui des objets qui lintressent)

    Altrations qualitatives des interactions sociales rciproques (4)

  • Des difficults pour partager les situations de plaisir, lenfant ne montre pas ou rarement ce qui lui fait plaisir, il ne partage ni les jeux ni les situations plaisantes. Il ne fait pourtant aucun doute quil prouve du plaisir, devant un film, observer la lumire, en faisant tourner un objet, lorsquil peut explorer ce qui lintresse

    Altrations qualitatives des interactions sociales rciproques (4)

  • Sandrine VENTANA Chef de projet Canal Autisme

    CNED

    Altrations qualitatives de la communication

  • Altrations qualitatives de la communication (1)

    Retard ou absence totale de dveloppement du langage oral (souvent prcd par une absence de babillage communicatif), sans tentative de communiquer par le geste ou la mimique

  • Altrations qualitatives de la communication (1)

    Ces enfants ne compensent pas par des gestes contrairement ce que lon observe dans les troubles spcifiques de la communication et du langage. On nobserve pas de pointage proto-dclaratif (qui exprime un intrt) et peu ou pas de gestes conventionnels ou instrumentaux. Ils seront alors capables, sans rien demander personne, dempiler une chaise sur une table pour ouvrir le placard du haut o se trouve le paquet de gteaux dsir. Devant les nombreuses incapacits de cet enfant, les parents voient dans cette scne les marques dune autonomie rassurante, cest sans doute le cas mais cette autonomie se fait au prix de labsence de demande, dinteraction.

  • Incapacit relative engager ou maintenir une conversation comportant un change rciproque avec dautres personnes (quel que soit le niveau de langage atteint)

    Altrations qualitatives de la communication (2)

  • Lorsquils utilisent le langage, il leur est difficile de maintenir une conversation en dehors de leur strict champ dintrt. Ils ne trouvent ni intrt ni raison au bavardage social. Si lon peut avoir des changes qui portent sur leurs centres dintrts. ils restent le plus souvent factuels, il est difficile de faire glisser la conversation sur un autre sujet. Pour ceux dentre eux qui sont scolariss au collge on voit des progrs importants sur leur capacit changer sur de nombreux sujets (sans pour autant quils trouvent cela intressant), plus tard ils apprennent mme utiliser les codes sociaux. Si lon a du mal avec les conversation sur le temps, cest trs difficile. Pourtant on apprend vite que cela peut tre trs utile rapporte une jeune femme Asperger.

    Altrations qualitatives de la communication (2)

  • Usage strotyp et rptitif du langage ou utilisation idiosyncrasique de mots ou de phrases

    Altrations qualitatives de la communication (3)

  • Un des premiers enfants autiste utilisant le langage que nous ayons vu au centre de ressource, g alors de 5 ans, na cess de rpter chaque fois quil emboitait deux lego, plaait des animaux sur un tapis de jeux, ou tout autre occasion oui, bravo formidable tu as russi , phrase que lui rptait son ordinateur lorsquil russissait une preuve ducative Lidiosyncrasie est une construction personnelle, par exemple un enfant qui lon montre la photographie dune fort dit quil sagit dune pluie darbres.

    Altrations qualitatives de la communication (3)

  • Absence de jeu de faire semblant , vari et spontan, ou (dans le jeune ge) absence de jeu dimitation sociale

    Altrations qualitatives de la communication (4)

  • Spontanment ces enfants ne jouent pas faire-semblant, sils imitent, ces imitations ne sinscrivent que rarement dans un jeu social. Limagination lors des jeux, parat pauvre. Les travaux de Jacqueline Nadel concernant limitation montre que si spontanment ces enfants nimitent que rarement, ils sont trs sensibles au fait dtre imit, comme si leur assurant alors dtre dans la mme intentionnalit, lchange pouvait senrichir

    Altrations qualitatives de la communication (4)

  • Sandrine VENTANA Chef de projet Canal Autisme

    CNED

    Caractre restreint, rptitif et strotyp des comportements,

    des intrts et des activits

  • Caractre restreint, rptitif et strotyp des comportements, des intrts et des activits (1)

    Proccupation marque pour un ou plusieurs centres dintrt strotyps et restreints, anormaux par leur contenu ou leur focalisation ; ou prsence dun ou de plusieurs intrts qui sont anormaux par leur intensit ou leur caractre limit mais non par leur contenu ou leur focalisation

  • Caractre restreint, rptitif et strotyp des comportements, des intrts et des activits (1)

    Bien souvent les parents nous rapportent que leur enfant sintresse qui aux voitures, qui aux toiles ou aux dinosaures. Il est alors possible davoir des changes (adapts au niveau de langage bien sr) qui portent sur le sujet de leur centre dintrt. Ils deviennent de vritables champions sur ces sujets, cest ce propos que les mdias montrent une certaine fascination pour les autistes dit savants, fascination qui me semble plutt morbide. On nomme ces intrts restreints en ce sens quils restreignent lintrt du patient lgard des autres activits

  • Caractre restreint, rptitif et strotyp des comportements, des intrts et des activits (2)

    Adhsion apparemment compulsive des habitudes ou des rituels spcifiques, non fonctionnels

    Les patients autistes ont volontiers des routines qui semblent, pour lobservateur, inutiles. Parfois il semble sagir de rituels, cependant manque le plus souvent les dimensions de contrainte interne et de critique qui sont observes dans les troubles obsessionnels-compulsifs.

  • Caractre restreint, rptitif et strotyp des comportements, des intrts et des activits (3)

    Manirismes moteurs strotyps et rptitifs, par exemple battements ou torsions des mains ou des doigts, ou mouvements complexes de tout le corps

  • Caractre restreint, rptitif et strotyp des comportements, des intrts et des activits (3)

    Chez les trs jeunes enfants on observe des strotypies dauto stimulation comme par exemple les mouvements de doigts en ventail devant les yeux. Plus tard il est trs frquent dobserver des strotypies qui apparaissent lors dmotions (anxit mais aussi excitation), mouvement des bras en battement daile, sautillement, balancements, etc. Enfin ces patients ont galement des strotypies de rcupration qui peuvent emprunter une voie motrice, mais qui peuvent galement sexprimer par des activits qui semblent plus construites comme certains jeux sur console.

  • Caractre restreint, rptitif et strotyp des comportements, des intrts et des activits (4)

    Proccupation par certaines parties dun objet ou par des lments non fonctionnels de matriels de jeux (par exemple leur odeur, la sensation de leur surface, le bruit ou les vibrations quils produisent)

  • Caractre restreint, rptitif et strotyp des comportements, des intrts et des activits (4)

    Ils aiment faire tourner les objets, roues de petites voitures bien sr mais ils sont galement trs habiles imprimer toute sorte de chose un mouvement circulaire. Parfois ils dchirent des feuilles de papier en petits morceaux quils secouent alors au coin du visage, stimulation visuelle priphrique, ressentie du mouvement de lair sur le visage, perception trs squentielle du monde qui apparat et disparat trs rapidement? Ils explorent les objets et lenvironnement en utilisant les cinq sens, caressant des photos pour le plaisir du grain du papier, reniflant des objets, portant la bouche les objets un ge o normalement les enfants cessent de le faire.

  • Sandrine VENTANA Chef de projet Canal Autisme

    CNED

    Pourquoi la question du diagnostic prcoce se

    pose-t-elle?

  • Pourquoi la question du diagnostic prcoce se pose-t-elle ?

    Un enfant sur 150 (1 sur 86 dans des tudes rcentes) Bilan neuropdiatrique et gntique Attention particulire aux troubles associs notamment

    comitialit Si consensus concernant laspect neurodveloppemental la

    priode du dveloppement reste peu prcise avec cependant: - Prise de dpakine durant grossesse - Augmentation dincidence dans la grande prmaturit - Travaux danatomo-pathologie dric Courschesne

    Donc si latteinte est prsente avant la naissance il doit tre possible de reprer ces enfants plus tt

  • tude validation ADI-R

    Diffrence selon lge en pourcentage

    Enfants vus 2 ans puis 3 ans

    Le diagnostic tait dtermin 3 ans si accord jugement clinique et ADI

  • The causes of autismS

    Thomas Bourgeron

  • Huguet et al. Annu Rev Genomics Hum Genet. 2013

  • Spcificits psychocognitives

    Traitement cognitif privilgi par le squentiel Incapacit de hirarchisation associative

  • Sandrine VENTANA Chef de projet Canal Autisme

    CNED

    De la clinique

  • De la clinique

    Nous observons cliniquement dans lautisme, toute une srie de processus de maturation ou de fonctionnalisation, particulire.

    Ds quil sagit dutiliser le contexte, en hirarchiser les

    lments est ncessaire, donc tout ce qui est dpendant du contexte sera difficile.

    Dune part, concernant la maturation neurosensorielle (loue, lodorat, le got, la vue et le toucher), nous observons que les patients autistes, petits mais galement adultes, ont un grain danalyse neurosensorielle beaucoup plus fin que nous

  • De la clinique

    Si nous prenons lexemple de loue, nous remarquons que ces

    patients sont sensibles des diffrences de frquences sonores auxquelles nous ne sommes pas sensibles. Ils peroivent des sons que nous ne percevons pas. Dun point de vue clinique, ceci se traduit, la fois, par des engagements intentionnels que nous ne comprenons pas (car nous ne saisissons pas ces variations de perceptions auditives), mais galement par des irritations sensorielles

    La maturation neurosensorielle: exemple de la discrimination des phonmes

  • De la clinique

    Nous observons des difficults (voir pour certains, une incapacit) lgard des apprentissages implicites. Les psychologues ne sont pas encore tous daccord pour prciser exactement ce que recouvre le terme dimplicite

    Nous pouvons nous appuyer sur la dfinition propose par Zdenka Gavorkinova-Baligand qui dfinit les apprentissages implicites comme des modes dadaptation non intentionnels lenvironnement

  • De la clinique Perruchet et Nicolas en 1998 proposent que lapprentissage implicite

    constitue un mode dadaptation dans lequel le comportement du sujet apparat sensible la structure dune situation, sans que cette adaptation soit imputable lexploitation intentionnelle de la connaissance explicite de cette structure. Nous pouvons voir ainsi que les processus dapprentissage implicite nimpliquent donc pas de mcanisme dabstraction consciente, les percepts et les rep...

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