Sécurité sanitaire des aliments et nutrition chez la femme ?· ... pour aider la femme enceinte et…

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    14-Sep-2018

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<ul><li><p>Rseau international des autorits de scurit sanitaire des aliments (INFOSAN)</p><p>30 avril 2008 Note dinformation INFOSAN N 3/2008 Scurit sanitaire des aliments et nutrition </p><p>chez la femme enceinte et le nourrisson </p><p>Scurit sanitaire des aliments et nutrition chez la femme enceinte et le nourrisson </p><p> Notes rcapitulatives </p><p> La femme enceinte, le foetus, le nourrisson et le jeune enfant sont particulirement sensibles certains risques chimiques et microbiologiques et ont besoin dune protection particulire. </p><p> Les besoins nutritionnels de la femme enceinte et allaitante et du nourrisson ntant pas les mmes que ceux de la population en gnral, des informations nutritionnelles spcialement adaptes doivent tre fournies aux femmes enceintes et aux personnes qui soccupent des nourrissons. </p><p> Les autorits de scurit sanitaire des aliments doivent collaborer avec les nutritionnistes et les professionnels de la sant de la mre et de lenfant concerns par lalimentation pendant la grossesse et chez le nourrisson pour faire en sorte que les femmes enceintes et les personnes qui soccupent des nourrissons reoivent des conseils en matire de scurit sanitaire des aliments et de nutrition afin de contribuer la prvention des maladies dorigine alimentaire et lamlioration de ltat nutritionnel. </p><p> Il existe de nombreux exemples probants de communication sur les risques fournis par les autorits charges de la scurit sanitaire des aliments et de la sant publique qui sont susceptibles de leur faciliter la tche. </p><p> Linformation fournie aux consommateurs doit reflter la situation locale et les risques qui concernent le plus le pays ou la rgion concern, notamment la ncessit dans certains cas de trouver un juste quilibre entre risques sanitaires et avantages nutritionnels. </p><p> Alors que tous les groupes dune population sont sensibles aux maladies dorigine alimentaire, certains le sont plus que dautres en raison dune immunit plus faible, dun stade de dveloppement plus prcoce ou dune plus grande exposition. La prsente note met laccent sur deux groupes haut risque, savoir la femme enceinte et le nourrisson.1 Elle envisage aussi le foetus et le jeune enfant : Femmes enceintes : Les changements hormonaux pendant la grossesse affectent le systme immunitaire de la mre, entranant une rduction de la fonction immunitaire et une plus grande sensibilit aux maladies dorigine alimentaire. Le foetus est en outre sensible des agents pathognes vhiculs par les aliments qui peuvent ne pas causer de symptmes de maladie chez la femme enceinte. Nourrissons (enfants gs de moins dun an) : En raison de limmaturit de leur systme immunitaire et du dveloppement en cours de certains de leurs organes en particulier le rein et le cerveau , </p><p>1 Les autres groupes haut risque sont examins dans la note dinformation INFOSAN N 5/2006 Cinq cls pour une alimentation plus sre http://www.who.int/foodsafety/fs_management/No_05_5keys_Oct06_fr.pdf </p><p> 1</p></li><li><p> 2</p><p>les nourrissons et les jeunes enfants sont plus exposs aux maladies dorigine alimentaire. En outre, les nourrissons et les jeunes enfants consomment davantage daliments en proportion de leur poids corporel que les adultes ; ils ont donc de ce fait une exposition relativement plus importante aux toxines et aux contaminants dorigine alimentaire. Il est essentiel de matriser autant que faire se peut les ventuels risques lis la scurit sanitaire des aliments encourus par la femme enceinte et allaitante et par le nourrisson, notamment lorsque celui-ci commence recevoir une alimentation complmentaire. Les contrles de scurit sanitaire des aliments au cours de ces priodes doivent tre intgrs aux conseils nutritionnels. Ainsi, par exemple, pour viter lexposition certaines substances chimiques et agents pathognes, il est souvent recommand dviter des aliments spcifiques. Il faut toutefois aussi rflchir limpact nutritionnel lorsquon prodigue de tels conseils. Ainsi, pour aider la femme enceinte et la personne soccupant dun nourrisson prendre des dcisions en connaissance de cause sur la scurit sanitaire des aliments et les questions dalimentation, il est important dincorporer des conseils sur la scurit sanitaire des aliments et la nutrition dans les recommandations qui leur sont donnes. Ces conseils devront aborder des points intressant spcifiquement la femme enceinte et la personne qui soccupe dun nourrisson, en plus des informations gnrales sur la scurit sanitaire des aliments2 et la nutrition applicables tout au long de lexistence. La prsente note contient des exemples de points spcifiques qui peuvent tre abords lorsque de tels conseils sont prodigus. La scurit sanitaire des aliments chez la femme enceinte et allaitante et chez le nourrisson Les maladies dorigine alimentaire pendant la grossesse peuvent tre lorigine de problmes sanitaires graves pour la future mre et lenfant quelle porte. Il sagit notamment de lavortement spontan, de la naissance prmature, de la mortinaissance, du dcs maternel ou dune maladie nonatale. Divers agents microbiens et contaminants chimiques peuvent affecter la mre, le foetus ou le nouveau-n de diffrentes manires. La maladie dorigine alimentaire provoque parfois des symptmes chez la mre, mais les symptmes peuvent aussi tre absents ou si bnins que la mre nest pas consciente dtre infecte ou expose un risque, alors quelle transmet tout de mme linfection ou le risque lenfant natre, qui pourra quant lui subir les effets graves de cette pathologie. Contamination chimique des aliments Un certain nombre de contaminants chimiques dorigine synthtique et naturelle peuvent nuire au foetus et au nourrisson. Cest le cas par exemple de certains pesticides, de mtaux lourds et dautres toxines qui peuvent traverser la barrire placentaire et exposer le foetus. Ces substances chimiques peuvent aussi tre prsentes dans le lait maternel. Mtaux lourds (plomb et mercure) Si les risques chimiques auxquels sont exposs la femme enceinte et le nourrisson varient dun pays lautre en fonction des conditions locales, lexposition au plomb et au mercure est source de proccupations dans de nombreuses rgions en raison des effets de ces mtaux sur le dveloppement du systme nerveux. Le foetus, le nourrisson et le jeune enfant y sont particulirement sensibles. Lexposition du foetus et du jeune enfant au plomb et au mercure par le sang maternel, le lait maternel et les aliments peut entraner des effets neurotoxiques se traduisant par exemple par une diminution de lintelligence et des problmes comportementaux. Mesures de scurit sanitaire des aliments prendre pour rduire lexposition au plomb : </p><p> Laver soigneusement les fruits et les lgumes. Eviter dutiliser des rcipients en cramique aux couleurs vives, notamment lorsque les </p><p>aliments sont acides. Eviter les aliments contenus dans des botes soudes au plomb. </p><p>2 Les cinq cls dune alimentation plus sre de lOMS constituent un exemple de messages de scurit sanitaire des aliments de caractre gnral voir http://www.who.int/foodsafety/consumer/5keys/en. </p></li><li><p> 3</p><p> Eviter les produits alimentaires produits ou apprts proximit de routes frquentes dans les pays o lessence contient du plomb ou prs de fonderies ou de zones contamines par du plomb. </p><p> Lutter contre la prsence de plomb la source, par exemple en utilisant de lessence sans plomb. </p><p>Lalimentation est la principale source dexposition au mercure, surtout sous forme de mthylmercure. Cette exposition rsulte principalement de la consommation de poisson, en particulier les grands prdateurs marins qui vivent longtemps, se situent vers le haut de la chane alimentaire et sont par consquent sujets la bioamplification (par exemple le requin, lespadon et le marlin). Mais le poisson contient aussi des protines bnfiques, des acides gras non saturs et des micronutriments importants, aussi bien pour la mre que pour lenfant natre. Dune manire gnrale, les messages de scurit sanitaire des aliments doivent donc encourager les femmes consommer de prfrence des poissons faible teneur en mercure plutt que des poissons plus haute teneur en mercure. Le message communiquer doit tre spcifique et tenir compte du pays et de la rgion ainsi que de la situation, car limportance des diffrents types de poisson dans le rgime doit entrer en ligne de compte. Lorsquon diffuse un message, il est important dexpliquer les avantages du poisson pour la sant pour viter quune importante source nutritive soit exclue du rgime alimentaire. En outre, ces messages doivent tre fonds sur la connaissance des espces de poisson qui prdominent localement et leur teneur en mercure. </p><p>Dioxines et polluants organiques persistants Les dioxines et les autres polluants organiques persistants (POP)3 sont des produits et des sous-produits industriels qui saccumulent dans lenvironnement et la chane alimentaire, principalement dans les aliments dorigine animale tels que le poisson, la viande, les oeufs et les produits laitiers. Les POP peuvent traverser la barrire placentaire et se retrouver dans le lait maternel. Une forte exposition in utro et dans la priode postnatale certains POP a t lie des modifications neurologiques, respiratoires, de reproduction et de dveloppement. La consommation de produits animaux faible teneur en graisse et llimination de la graisse de la viande permettra de rduire lexposition, des filles et des jeunes femmes notamment. Les mesures les plus importantes pour rduire lexposition aux POP sont les mesures diriges vers la source, cest--dire la matrise des missions ou une bonne gestion des dchets, mais il sagit l de solutions long terme. La surveillance systmatique est importante pour viter que des aliments fortement contamins se retrouvent sur le march. Mycotoxines Dans certaines parties du monde, les nourrissons peuvent tre exposs des mycotoxines (telles que les aflatoxines) qui se dveloppent sur les moisissures du mas, des arachides ou dautres crales ingres par la mre allaitante ou donnes aux jeunes enfants comme alimentation complmentaire. Les aflatoxines peuvent tre cause de graves pathologies chez lenfant, compromettre la croissance et jouer un rle dans lapparition du carcinome hpatocellulaire (peut-tre par interaction avec le virus de lhpatite B). Diverses interventions peuvent tre envisages, par exemple des programmes de surveillance des denres alimentaires dans les zones haut risque et la diffusion dinstructions sur la ncessit de prparer les aliments partir de crales exemptes de moisissures, ainsi que des programmes de vaccination contre lhpatite A. Quoique lexposition au plomb, au mercure et aux POP par le lait maternel soit possible, les avantages de lallaitement lemportent presque toujours sur les risques potentiels et lOMS recommande lallaitement au sein exclusif durant les six premiers mois de la vie. </p><p>3 Les POP font lobjet de la note dinformation INFOSAN N 2/2007 Surveillance biologique des polluants organiques persistants (POP) http://www.who.int/foodsafety/fs_management/No_02_POPs_Apr07_fr.pdf </p></li><li><p> 4</p><p>La contamination microbiologique des aliments Listeria monocytogenes4 La listriose dorigine alimentaire, cause par la bactrie L. monocytogenes, est une maladie assez rare (0,1 10 cas par million dhabitants et par an) mais grave et affichant des taux de ltalit trs levs (20 30 %). La listriose affecte les adultes, mais elle est particulirement importante chez lenfant natre, et 40 % environ de tous les cas sont lis la grossesse : cette affection peut entraner des fausses couches, des naissances prmatures, des mortinaissances et des pathologies nonatales. Les aliments sont la principale voie de transmission de la listriose. Les aliments crus peuvent tre contamins par des microbes prsents dans lenvironnement (terre ou fumier) ou par des animaux asymptomatiques utiliss dans les aliments. En outre, des aliments cuits peuvent tre nouveau contamins aprs transformation. L. monocytogenes est une bactrie particulirement dangereuse car elle peut se dvelopper aux tempratures de conservation au rfrigrateur. Parmi les aliments haut risque, on peut citer la viande de charcuterie et les produits carns prts consommer (par exemple les viandes et saucisses cuites, fumes et/ou fermentes), les fromages pte molle et les poissons ou fruits de mer fums froid. Mesures de scurit sanitaire des aliments prendre pour prvenir linfection L. monocytogenes chez la femme enceinte : </p><p> Eviter les aliments haut risque qui ne sont pas cuits avant dtre consomms. Par exemple, les poissons ou fruits de mer fums et en semi-conserve, le lait non pasteuris et ses drivs (par exemple les fromages pte molle), le pt et les salades prpares vendues en magasin. </p><p> Bien cuire les viandes, quelles soient crues ou transformes (jambon, hot-dogs et viandes froides notamment), ainsi que les restes. </p><p> Eviter les aliments prissables dont la date limite de consommation est dpasse. </p><p>Outre les campagnes dducation du grand public, les autorits de scurit des aliments devraient obliger les fabricants de produits alimentaires susceptibles de favoriser la croissance de la Listeria prendre des mesures de surveillance. Dans le cas daliments o la bactrie peut se dvelopper, ils pourront par exemple surveiller la temprature ou limiter la dure de stockage afin de rduire les risques. Si lon constate quun produit transform a t contamin par L. monocytogenes, il y a lieu denvisager le rappel de ce produit. Mais la dcision finale, cet gard, devra se fonder sur une valuation tenant compte de la politique et de la rglementation nationales, du nombre de pathognes trouvs dans le produit, du risque de les voir sy dvelopper, de lexistence dune date limite de consommation et de la dure de conservation du produit. Toxoplasma gondii5,6,7 </p><p>Provoque par le protozoaire parasite T. gondii, la toxoplasmose est une maladie forte prvalence dans le monde entier, dont les effets long terme sur le foetus sont graves. On estime que 25 % de la population gnrale est porteuse du parasite Toxoplasma mais, chez un sujet sain, la toxoplasmose ne provoque gnralement que des symptmes grippaux bnins. Cependant, la toxoplasmose congnitale, survenant lorsquune femme est infecte au cours de la grossesse ou peu avant celle-ci, peut entraner de graves squelles foetales, telles que retard mental, ccit, infirmit motrice crbrale, mortinaissance et avortement spontan. Dans les pays o son incidence est leve, ce sont jusqu 3 6 nouveau-ns sur 1000 qui, chaque anne, sont atteints de toxoplasmose la naissance. </p><p>4 FAO, OMS. Lvaluation des risques prsents par Listeria monocytogenes dans les aliments prts consommer. Sries Evaluation des risques microbiologiques, N 5 (2004). http://www.fao.org/ag/agn/agns/jemra_riskassessment_listeria_en.asp http://www.who.int/foodsafety/publications/micro/mra_listeria/en 5 Cook AJC et al. On behalf of the European Research Network on Congenital Toxoplasmosis (2000). BMJ, 321: 142-147. 6 Hughes JM et al. (2000). Preventing Congenital Toxoplasmosis Morbidity and Mortality Weekly Report 49 (RR02), 57-75. 7 Jones JL, Kruszon-Moran D, Wilson M...</p></li></ul>