le journal - Gewerkschaft Medien und ?· 50 nuances de gris : il n’y a pas d’âge pour se battre…

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  • N 220.02.2015 le journalAZB 3001 BernLes changements dadresse sont signaler :syndicom, changements dadresse,Monbijoustrasse 33, case postale 6336, 3001 Berne

    www.syndicom.chLe syndicat des mdias et de la communication

    poste et sant au travail

    Nouveau sur notre site web : nos membres ont accs toutes les CCT page 11

    50 nuances de gris : il ny a pas dge pour se battre syndicom page 7

    Licencis puis pays en retard : les salaries dbrayent page 11

    Impact de la libralisation sur la sant des postiers : interview de Nicola Cianferoni page 4

    retraite active tool-cct imprimerie roth et sauter (vD)

    Ditorial

    Branche Du livre sous pression

    PHO

    TO F

    OTO

    LIA

    Qui lit la BCE / BNS ?Elles ont un pouvoir phnomnal, les banques centrales, europenne comme la BCE ou suisse comme la BNS. Alors que les gouverne-ments se bornent grer la construction des autoroutes, baisser les impts des entreprises et montrer leur force en rprimant migrants et chmeurs, des dcisions montaires trs politiques qui influencent la vie de centaines de millions de personnes sont prises en petit comit Francfort et Zurich. Qui a lu les banquiers ? demandait le titre dun livre dun banquier du FMI Louis W. Pauly. Bonne question en effet !A peine une majorit du peuple grec a-t-elle choisi de mettre au pouvoir la coalition de gauche Syriza pour rompre avec la brutale politique daustrit et rclamer la fin de son absurde tourment, que la nudit des rapports de force se dvoile. Pour avoir voulu non pas annuler la dette, mais rallouer la dpense publique (raugmenter le salaire minimum et les plus basses pensions, rembaucher quelques milliers de fonctionnaires) dune manire qui ne satisfait pas pleinement la conditionnalit de lajustement structurel, la Grce provoque une hrsie inadmissible : une alternative possible !La punition est vite tombe : par une op-ration discrtionnaire sans aucun contrle dmocratique, la Banque centrale euro-penne, BCE, naccepte plus les titres publics grecs en contrepartie des liquidits accordes aux banques grecques. Interdire au systme bancaire grec laccs au finance-ment, cest couper le robinet liquidit, ce qui peut conduire la reconstitution dune banque centrale nationale et donc un retour la drachme. Leuro et la camisole (aust-rit) ou la rupture : une vie austre mais assume, comme le suggre le Ministre des Finances grec Yanis Varoufakis. Soumis-sion, coup dEtat avec laide des nazis dAube dore ou rupture : la Grce est sur un point de bascule entre inquitude, doute et espoir. LEurope et la Suisse aussi. Seules des mobi-lisations sociales et populaires de grande envergure ramneront le pouvoir au peuple et non dans les mains des Jordan, Draghi ou autres Juncker, ces nains moraux auxquels nous dlguons notre puissance pour mieux nous opprimer.

    Yves Sancey, rdacteur romand

    Les librairies souffrent du franc fortLabandon du cours plancher par la BNS, et le renchrissement du franc qui sest ensuivi, touche de plein fouet la branche du livre. Des premires mesures discutables ont dj t annonces lOffice du livre Fribourg. Yves Sancey

    Le 15 janvier, la Banque natio-nale suisse (BNS) dcidait dabolir son cours plancher de 1.20 fr. pour un euro. Depuis, il y a parit : un franc pour un euro. Les rpercussions sont nombreuses. Le patro-nat surenchrit et envisage dj diffrentes mesures, le

    plus souvent sur le dos des salaries, pour pallier cette rvaluation de notre mon-naie : baisse des salaires, dlo-calisations des entreprises, aug mentation gratuite du temps de travail, rduction ou paiement en euros du salaire des frontaliers, allgement des

    impts des entreprises, plans de drgulation et de revitali-sation, rforme de la loi sur les cartels favorisant les importa-tions directes, etc. Syndicats et organisations patronales saluent par contre lunis-son la dcision du 27 janvier dautoriser le recours au ch-

    mage partiel, soit le verse-ment dune indemnit en cas de rduction de lhoraire de travail due la force du franc.

    la chane Du livre fragiliseDe tous les secteurs de syn-dicom, le plus suite page 5

    sonDage tlcom : Dlimitation travail vie prive

    En finir avec le travail sans finPour la premire fois, syndicom a ralis une enqute sur la dlimitation du travail . Les rponses des 3500 sondes de la branche Tlcom le prouvent : la rvolution numrique laisse des traces profondes et dangereuses pour la sant des salaries. La ncessit dagir est grande. Patrick Probst* (suite page 2)

  • ... a lgrement diminu 3.4 %

    Grand angle | 3syndicom | N2 | 20fvrier 2015

    PHO

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    syndicom | N2 | 20fvrier 20152 | Grand anglesonDage tlcom : Dlimitation travail vie prive

    commentaire

    La loi sur le travail doit tre adapte !Pour la premire fois, syndicom a ralis une enqute sur la dlimitation du tra-vail . Swisscom, Sunrise, upc cablecom et Orange lont soutenu dans ce processus. Un exemple qui mriterait dtre suivi dans dautres branches dans lintrt dun par-tenariat social durable. Au dbut de 2014, lorsque nous avons commenc notre enqute, nous avons constat que ce sujet tait dans lair du temps. Car la question de la disparition progressive des frontires entre vie professionnelle et prive est rcurrente dans le monde professionnel.Le groupe de travail a labor et valu cette enqute avec beaucoup de soin. Je tiens ici remercier chaleureusement les employes des entreprises tlcom sus-mentionnes qui nous ont accompagns troitement pendant tout le processus. Les personnes interroges ont montr beau-coup dintrt pour cette enqute. Les quelque 3 500 rponses reues nous per-mettent de donner une image reprsenta-tive et fonde de la dlimitation du travail dans le secteur TIC. Enfin, les participantes lassemble qui sest tenue fin novembre ont fait preuve dune grande disponibilit pour analyser les rsultats et discuter de recommandations.Toutes sont unanimes reconnatre la ncessit de prendre des mesures. Vous pourrez lire en dtail dans la brochure les-quelles simposent pour le syndicat et les reprsentations du personnel. La brochure peut tre commande auprs du syndicat. Nous esprons aussi sensibiliser les divi-sions du personnel ce sujet brlant. Car une entreprise ne peut tre rentable sur le long terme que si ses employes restent en bonne sant.Enfin, le lgislateur est lui aussi sollicit. La Loi sur le travail se calque encore sur une logique industrielle. Elle ne rpond plus aux mutations du monde du travail num-rique, o les frontires entre vie prive et professionnelle tendent sestomper. Une adaptation simpose donc de toute urgence. Dsormais, lobligation dassis-tance de lemployeur ancre dans la loi ne doit pas se limiter prvenir les seuls r isques physiques encourus par les employes, mais inclure aussi les risques psychosociaux auxquels ils sont exposs.

    Giorgio Pardini, directeur du secteur Tlcom/IT

    Sbastien Bourquin, ICT Trainer, Swisscom IT Services AG

    La formation continue nest efficace que si elle a une utilit

    dans la pratique. Sinon, elle ne sert rien.

    En finir avec le travail sans fin suite de la page 1

    Aujourdhui, le stress psychique est un gros problme

    dans les entreprises de notre branche.

    Peter Siegrist, Teamleader Service Center HFC, upc cablecom

    Quelques pour-cent en moins ici, quelques tches en plus ici: en fin

    de compte, la charge de travail quotidienne sen ressent.

    Les nouvelles possibilits offertes par le travail flexible entranent la disparition danciennes fron-tires. La dlimitation du monde du travail , dont il est question ici, ne fait plus une distinction claire entre travail et temps libre, employeur et main-duvre, entreprise et domicile.Cette volution prsente des opportunits et des risques pour les salaries. Lavantage de sor-ganiser en toute autonomie a pour consquence que tous les domaines de la vie dpendent des exigences du monde du travail ou du moins quil devient plus difficile de tracer une frontire entre vie professionnelle et vie prive. Et la sant en ptit.Les frontires tendent sestom-per tant sur le plan temporel que spatial. Temporellement, le tra-vail est de moins en moins li des horaires de travail normaux. Spatialement, il sest affranchi des limites du bureau par le biais des nouvelles technologies dinforma-tion et de communication. Le tra-vail mobile implique que lon peut fournir des prestations indpen-damment de lespace, mais aussi du temps donc le soir, les jours de cong et le week-end.

    rcuprer temps Devient toujours plus importantLes risques du travail flexible sont lourds de consquences. Il est prouv que la dilution des frontires entre vie profession-nelle et vie prive demande aux salaries un effort supplmen-taire pour lcher prise. Dautre part, cette volution favorise

    lpuisement motionnel, lun des symptmes principaux dia-gnostiqus pour le burn-out. La possibilit de se rgnrer suffi-samment devient ainsi une exi-gence essentielle pour garantir un rapport de travail durable.Cest avec vingt employes de la branche Tlcom que syndicom a labor les thses les plus impor-tantes de la dlimitation du tra-vail et quil les a condenses pour obtenir des questions perti-nentes. Parmi les quatre grandes entreprises Swisscom, upc cable-com, Sunrise et Orange, prs de 3500 employes ont particip lenqute. Ainsi la reprsenta-tivit de ltude est assure pour la branche.Les thses du groupe de travail se confirment dans le sondage de manire plus ou moins mar-que. De manire gnrale, le stress, la pression, les sous-effec-tifs et les contraintes psychiques ne touchent pas que des minori-

    ts, mais ils sont inhrents aux structures des entreprises. Pour prserver la capacit de rgn-ration des salaries, il est indis-pensable de dlimiter des fron-tires spatiales et temporelles. Celles-ci ne dpendent pas seu-lement de leur propre comporte-ment, mais plus encor