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L'Éthique Aristotélicienne Et Le Chemin de Heidegger

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  • Pavlos Kontos

    L'thique aristotlicienne et le chemin de HeideggerIn: Revue Philosophique de Louvain. Quatrime srie, Tome 95, N1, 1997. pp. 130-143.

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    Kontos Pavlos. L'thique aristotlicienne et le chemin de Heidegger. In: Revue Philosophique de Louvain. Quatrime srie,Tome 95, N1, 1997. pp. 130-143.

    http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/phlou_0035-3841_1997_num_95_1_7020

  • TUDES CRITIQUES

    L'thique aristotlicienne et le chemin de Heidegger

    Nous proposons de revenir au clbre cours heideggerien de 1924 portant sur le Sophiste de Platon1, cours qui a fait l'objet de lectures dj classiques2. Les nombreux comptes rendus qui l'ont prsent de faon judicieuse nous donnent en outre le droit d'tudier seulement l'introduction de ce cours qui consiste dans une lecture minutieuse de V Ethique Nicomaque intitule les modes d'aA/r|0eueiv chez Aristote.

    Toutes ces analyses concernent principalement le chapitre vi de l' Ethique Nicomaque (EN) et partent de l'affirmation aristotlicienne: 'crao dr\ o ^r|0euei f| v|/i)/f| x Kaxacjxxvai 'f| rcocjxxvai rcvxe tv pi0|iv. xaxa 'axi xxvr|, TCUOTJjin,

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    moins noble. Le saut du Dasein vers l'tant, l'artefact, ne constitue pas une chute selon une hirarchie ontologique. Le signe distinctif de la techn, au del de toute comparaison de valeur, est la discontinuit entre Y arche et son produit, la diffrence elle-mme. En grec, cette discontinuit se dit 7cap: propos de la techn, Y ergon se trouve prcisment "Tcap", ct du maniement (Gal9, p. 41). Heidegger a raison de souligner, dans la suite, que le statut du Tcap a t dfini ds les premires lignes de YEN (1194a 5).

    Par contre, concernant la phronsis, Y arche et l'objet final sont un et le mme: xfj \iz\ rcoifiaeco 'xepov x xA,o. xfj 8 rcpeo o()K 'v eirj. axi ydp axfj f| e7upa,ia x,o (1140b 5-6). Lephro- nimos dlibre sur ce qui est bon pour lui-mme: l'acte consiste dans le choix du bon agir. A propos de la phronsis, l'objet de la dlibration est plutt la cof| elle-mme; le xA,o est du mme caractre ontologique que la phronsis (Gal9, p. 49). De nouveau, ici, le privilge de la phronsis n'est pas d au statut du Dasein en tant que mode ontologique privilgi, mais simplement au fait mme de la continuit, du selbst. Ceci donne Heidegger le droit de raisonner en termes de Dasein: la phronsis prend l'allure de cette auto-rfrence que Sein und Zeit a libre de son expression subjectiviste, la dfinissant comme souci pour soi-mme. Le selbst, l'aoxci), se reflte dans le Worumwillen, l' dessein de: Pour autant qu'est dcouvert le Dasein comme l'" dessein de", l'o 'sveica, est pr-indiqu ce dont il s'agit et dont il est toujours se soucier (Gal9, p. 50). Il en rsulte, d'une part, que techn et phronsis ont quelque chose de commun, le fait que leur objet n'est pas ternel mais changeable comme le sont galement leurs archai, et, d'autre part, que la phronsis acquiert une priorit garantie grce son mouvement interne. Sur ce point Heidegger et Aristote tombent d'accord.

    Il est pourtant incertain que la priorit de la phronsis soit due, selon Aristote, son caractre auto-rfrentiel. L'ax que Heidegger transforme en Worumwillen signifie-t-il vraiment Yipse, le souci du Dasein pour lui-mme ou bien se remplace-t-il de faon quivalente par l'autre datif du texte, l'vGprimco, ce qui concerne l'homme en tant qu'homme3? Mme si on laisse cette question en suspens, il est improbable que cette auto-rfrence constitue le noeud de l'argument aristotlicien concernant la priorit ontologique de la phronsis par rapport la techn. Ceci se voit clairement, si l'on prend en considration la hirarchie suivante: techn (discontinuit), phronsis (continuit qui passe par l'intermdiaire de la praxis, d'un certain effort moral), sophia (continuit

    3 Voir R. Brague, Aristote et la question du monde, PUF, Paris, 1985, pp. 113 sq.

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    substantielle). Cette hirarchie est structure c'est bien connu selon le modle de Yenergeia: est plus noble ce qui se ralise dans son energeia la plus ininterrompue et immdiate. Le fameux passage du chapitre vi concernant la distinction entre sophia et phronsis montre clairement ce principe: 'rceiTa Kai Tioioai uiv, ov% laxpiKf| uyieiav, Xk' (b f) yieia, outco fi aocj)ia eaijioviav (1144a 3-4). La rfrence la poisis qui est ici implicite et qui acquiert plus de poids quand on traduit, la suite de Heidegger, produire, accomplir, porter dans l'tre (herstellen, austragen, zum Sein bringen) (Gal9, p. 169) ne signifie nullement que la poisis s'impose ici comme ultime critre de valeur ou qu'elle est intimement prsente dans les deux autres modes. Le critre n'est pas le poiein mais ce qui lui est constitutif, le Tiap. La sophia est prioritaire parce que, en elle, tout lment de discontinuit est cart.

    Si tel est le rapport entre techn et praxis et si leur analyse exige leur distinction idtique, il n'en reste pas moins qu'Aristote ne dissocie pas toujours soigneusement praxis et poisis, constat qui a motiv le verdict peut-tre exagr de P. Aubenque4. Heidegger n'est pas loin d'un raisonnement pareil. Sans le soutenir ouvertement, ses choix de traduction trahissent le fait que, ses yeux, poisis et praxis se relient, du moins pour la raison vidente que toute poisis est une action, une Handlung. C'est ainsi que, en traitant la poisis, il la dfinit comme circonspection technique (technisches Umsicht) (Gal9, p. 45), ce dernier vocable tant destin dcrire tout au long de ce cours la phronsis. Pour le moment, on pourrait accepter que le terme praxis porte deux significations: d'une part, il est identifi tout comportement humain (Verhaltung), et d'autre part, il nomme la praxis rcepi x vGptfmiva yaG.

    C'est galement l'introduction du concept de sophia qui est faite partir de la techn. De faon inattendue, la sophia est dfinie, d'aprs l'opinion commune, comme une excellence de la poisis: eTi pexf) xxvri crciv (1141a 12-13). Il est vident que l'implication de la techn ne suggre aucun empitement entre cette dernire et la sophia, dj cause du fait que la sophia se rfre aux tants ternels et inchan- geables. Pourtant une relation d'autre nature est prsumer, une relation intrinsque concernant la modalit ontologique de la sophia et de la techn. D'abord, rappelons que la sophia ne se tourne pas vers les affaires humaines, mais vers les tants ternels. Ceci donne un double rsultat: la sophia se montre, d'un ct, inutile (xpr|cn;r|) (1141b 7)

    4 P. Aubenque, La prudence chez Aristote, PUF, Paris, 1963: On peut regretter qu'Aristote ait trop souvent confondu action technique et action morale et qu'il ait pens la praxis sur le modle de la poisis (p. 175).

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    pour les affaires qui demandent la dlibration humaine, pour ce qui est de l'ordre thique et, de l'autre, elle assure sa priorit car son objet est ontologiquement le plus noble. Le leitmotiv heideggerien propos de la priorit de la Vorhandenheit dans la pense grecque trouve ici une piste d'application. Le primat de la sophia est interprt comme rsultant du primat de la Vorhandenheit en tant que mode privilgi de l'tant (Gai 9, p. 170-171) et la theoria comme la manire la plus authentique de la ralisation du soi . Mais cette double dlimitation n'est pas le dernier mot d'Aristote. Le plus important est de voir que la sophia est lie Yeudaimonia; c'est elle qui procure Yeudaimonia parfaite et la plus autarcique (axpKT)). La priorit finale de la sophia quant aux affaires humaines n'est dcide qu' ce moment5, c'est--dire au moment o la sophia montre qu'elle a une porte thique, o elle se manifeste comme une sorte de phronsis: TOiauxr| (|)pvr|cn. (Met., 982 b24). D'une certaine faon, la supriorit thique de la sophia n'est pas dcide sur base de sa relation son objet propre, mais sur base de son identification, en tant qu'tat de l'me, Veudaimonia. Nous entendons par identification cette sorte d'accomplissement, de parachvement (le-eicoai), qui lie la sophia Yeudaimonia.

    La question du primat de la sophia laisse de ct, soulignons que phronsis et sophia constituent les deux possibilits les plus authentiques de l'existence humaine, les deux modes les plus authentiques de son accomplissement (Gai 9, p. 164). Toute discussion thique doit invitablement prendre position propos de cette affirmation.

    Aprs cette brve prsentation du problme, rappelons les correspondances manifestes qui relient les catgories de YEN aux existentiaux d'Etre et temps6.

    La chose est vidente propos de la phronsis. Aucun doute que cette dernire correspond aux yeux de Heidegger au souci du Dasein pour lui-mme, les signes qui indiquent cette liaison tant trs nombreux. Nous ne ferons qu'en mentionner quelques-uns, leur liste tant prsente avec le plus grand soin par F. Volpi. Dans la phronsis le Dasein se dcouvre comme l'-dessein-de (Gai 9, p. 50). Dans cette manifestation soi-mme prend place une vue spciale qui illumine l'espace qui spare chaque fois le Dasein de la fin de son action, c'est- -dire de son accomplissement. Cette vue de soi-mme approprie la

    5 Pour Heidegger, l'argument qui suit n'est qu'une application de la supriorit de la sophia: Puisque pour Aristote la sophia est la possibilit la plus haute du Dasein humain, il faut y voir aussi Veudaimonia (Gai 9, p. 171). Selon le raisonnement de VEN, pourtant, l'argument qui suit dpasse les acquis des analyses prcdentes.

    6 Sein und Zeit, Max Niemeyer Verlag, Tiibingen, 1986.

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    phronsis se nomme Durchsichtigkeit: la phronsis est un tel tre-ainsi du Dasein humain qu'en elle je dispose de la clairvoyance de moi-mme (Gai 9, p. 52). Cette vue qui ouvre et tient ouverte la situation de la praxis est la mme vue qui tient ouverte la rsolution. Cette dernire s'appelle ici, d'aprs Aristote, (3ou,f|, ce qui indique la possibilit d'esquisser une orientation vers l'accomplissement de la praxis: Au Pou,ei>ea9ai comme tel appartient l'lment structurel de Y orientation... La dcouverte oriente de la situation totale s'accomplit dans la rsolution authentique (Gal9, p. 150). Et enfin, la traduction mme de la phronsis comme Gewissen (science intime) prouve le bien-fond de la correspondance discute ici: la phronsis n'est rien d'autre que la science intime mise en mouvement (Gal9, p. 56). C'est cette corrlation exacte qui a justifi l'opinion que les existentiaux d'Etre et temps ont leur origine dans ce cours de 1924 et dans l'anthropologie d' Aristote.

    C'est le mrite indniable de Franco Volpi d'avoir mis au point, de faon dfinitive, cette corrlation tonnante. Il a judicieusement identifi la phronsis au souci comme modalit propre du Dasein humain, montrant que l'ontologie fondamentale a radicalise cette identification: la phronsis est entendue comme la structure existentiale fondamentale qui sous-tend tous les autres modes d'tre du Dasein, thse difficilement en accord avec l'entreprise aristotlicienne qui semble s'en tenir la pluralit des modes, ne voulant pas, par exemple, subordonner la phronsis la sophia ou l'inverse. Encore plus loin, il a reconnu dans le souci hei- deggerien le privilge d'une analyse profonde de la temporalit comme structure unitaire du Dasein. Que cette lecture, en tant qu'enseignement thique, se heurte de grands problmes phnomnologiques, a dj t indiqu7. D'ailleurs, il semble que l'auteur ait lui-mme conscience du prix qu'il doit payer: l'ontologisation absolue de l'instance thique de l'homme.

    Pour notre part, nous rservons deux questions pointues l'encontre de cette lecture. L'une concerne le statut de la techn, que F. Volpi identifie sans plus au registre de la Zuhandenheit. La deuxime vise le statut de la sophia, auquel l'auteur attribue intgralement le sceau de l' inauthentique. Si, en outre, nous retenons l'explication de la phronsis comme l'quivalent du souci, ce n'est pas pour l'ontologiser, mais tout simplement pour suivre fidlement le texte heideggerien dans sa gense. Nos deux questions claireront peut-tre d'un autre point de vue la phronsis elle-mme.

    Avant d'y revenir, donnons la parole une deuxime lecture du texte qui fait dj autorit,, celle de Jacques Taminiaux, qui est, pour sa

    7 P. Ricur, Soi-mme comme un autre, Seuil, Paris, 1990, p. 362.

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    part, rvlatrice des ambiguts du texte heideggerien. Il est remarquable8 que J. Taminiaux ne parte pas du concept du souci afin d'analyser la rappropriation de la phronsis. Ceci, non pas videmment parce qu'il mconnat les signes clatants de ce rapprochement, mais parce qu'il veut mettre au jour son caractre inadquat, vu l'ontologisation de la phronsis. J. Taminiaux dcompose le texte la base du couple authentique/inauthentique et comprend la phronsis comme le reflet de l'authenticit du Dasein. Ce concept d'authenticit le conduit dceler, par une autre voie, l'ontologisation de la phronsis, puisque cette authenticit s'loigne de faon dcisive de la praxis aristotlicienne. La phronsis, vtue d'authenticit, devient un ego pur propre, coup du monde et d' autrui, inadquat sinon dangereux en tant qu'expression thique de l'homme.

    Si cette dmonstration mrite tout notre accord et, de plus, notre admiration, il n'en reste pas moins qu'elle passe sous silence, malgr ses explications, la triplicit des modes mise ici en relief. Si l'on ne quitte jamais la position critique face au Dasein heideggerien et au manque de tout caractre praxologique, nous essayerons pourtant de restituer la triplicit des modes d'tre (phronsis, techn, sophid), rendant peut-tre justice au texte de 1924 dans son allure de pionnier, avant la fixation des concepts S'Etre et temps. Pour y arriver, nous ne ferons rien d'autre qu'adresser J. Taminiaux les questions mentionnes ci-dessus concernant le statut de la techn et de la sophia.

    Une dernire remarque s'impose au pralable. Les deux lectures du texte, bien que trs divergentes en apparence, ne le sont pas au fond ceci ne vaut pourtant pas en ce qui concerne leur objectif ultrieur. En effet, il serait instructif de signaler que la dichotomie authentique/ inauthentique impose de faon remarquable par J. Taminiaux, s'embusque aussi dans l'interprtation de F. Volpi. Ce dernier, peut-tre son insu, et malgr l'identification de la phronsis au souci comme structure originaire du Dasein (c'est--dire structure qui prcde la distinction entre authentique et inauthentique), n'a pas vit de projeter la phronsis sur l'authentique: le Dasein authentique qui ralise son tre le plus propre, c'est le phronimos9\

    Interpellons maintenant ces deux lectures en leur adressant les deux questions prcdentes, et tout d'abord la question propos du statut de la Zuhandenheit dans le cours de 1924. Tous deux y rpondraient, sans ambages et unanimement, que la techn est ici le corrlat de la

    8 P. Ricur, ibid. 9 F. Volpi, Dasein comme praxis (1989), p. 22 (voir aussi p. 31). Cette remarque

    manque au texte allemand, qui est par ailleurs identique celui-ci.

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    Zuhandenheit. Or, il faudrait, nous semble-t-il, nuancer cette affirmation. Il est vrai que la Zuhandenheit a t souvent rapproche de la production des artefacts et du monde du travail (Werkswelt). Depuis cette observation jusqu' l'identification de la techn la Zuhandenheit, il y a pourtant un long chemin. Non seulement parce que la proccupation circonspective n'est pas irrmdiablement lie (dans SZ) l' inauthenticit, mais de plus, parce que le corrlat de la Zuhandenheit dans le cours de 1924 est visiblement autre que la techn. Dans le chapitre qui se rfre au livre I de la Mtaphysique, Heidegger montre que le niveau de la proccupation immdiate avec le monde des outils, le niveau de la Zuhandenheit, est celui de l'uTteipia (l'exprience). L'exprience comme possibilit est une certaine pr-indication du comportement..., en elle existe un certain se-tenir-prt (Bereitschaft),... un tre-orient (Gai 9, p. 73). Ce type d'exprience est prcisment ce qu'assure la circonspection prvoyante comme l'exprience phnomnologique qui remplace la perception thorique: une vue qui s'oriente, qui ouvre le chemin, qui pr-indique le chemin disponible dans la contre10. Que l'exprience, bien qu'elle ne dispose pas d'une Einsicht, dispose pourtant d'une vue (Sicht), cela se lit dans son nom mme: ujteipia veut dire littralement la vue qui voit la sortie. A partir de l s'claire l'impossibilit de rduire la Zuhandenheit au niveau de la techn. En effet, le processus de la techn se prsente dans l' Ethique Nicomaque comme un processus de connaissance, comme une gense ininterrompue qui part de la connaissance de l'arche et s'accomplit dans le poiton, le produit final: aucun signe d'un certain feed back, de cette Bereitschaft de r-orienter le poiein selon le cas, d'une crativit11, malgr la dfinition de la techn partir de la gense (dfinition que Heidegger accentue au maximum). Or cette possibilit de faire redmarrer son travail est la pierre angulaire de la circonspection, de la vue qui conduit nos affaires concernant le Zuhandenes. En tmoigne l'accent mis sur les cas de la perte d'un outil ou de la non- disponibilit etc.: ces cas exigent que la circonspection puisse se comporter comme une certaine phronsis qui se r-adapte selon le cas, pourvu qu'elle soit d'une certaine crativit. Au contraire, la techn quitte ce niveau de la relation immdiate au monde: non seulement sa

    10 Voir notre D'une phnomnologie de la perception chez Heidegger, Phaenome- nologica 137, Kluwer Academic Publishers, Leyde, 1996.

    11 Voir J. Dunne, Back to the Rough Ground: Techn and Phronsis in the Modern Philosophy and in Aristotle, vol. II, Diss., Dublin, 1989: What is strikingly absent from Aristotle's treatement of techn is, in the first place, any account of what we might want to call 'creativity' and in the second place, any scope for what we could call 'experiment' (p. 80); [...] no explicit or systematic distinction is made between [...] techn as an excellence of a knower whose intentional object is poisis [...] and techn as an excellene of a maker whose real object is a poiton, i.e. an actual object (p. 131).

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    relation au temps est moins explicite, mais elle va derrire le champ de renvois (Verweisungszusammenhang) (Gai 9, p. 76). Elle transforme les relations du ds que., alors en relations de cause. Ce qui se prsentait comme motif, devient maintenant une arche, une raison. Le modle de ce changement n'est autre que la thoria, la connaissance exacte des archai, connaissance qui caractrise la sophia. Dans la tendance d'un observer qui dcouvre simplement les tants du point de vue de l'arche sige le cKxJxbxepov (Gai 9, p. 77). La techn est plus sage par rapport l'exprience, mais elle paye cela de son loignement du maniement immdiat des choses. Cet loignement tait, on ne le sait que trop, le signe distinctif de la Vorhandenheit, de la gense de la thoria qui voulait simplement dcouvrir les tants pour en connatre les causes. Le principal est ici que la techn elle-mme, en tant que processus de production, n'est pas rgie par les principes ontologiques de la Zuhan- denheit, mais par les principes solides et immuables de la Vorhandenheit. Rsumons notre argument: la techn ne peut pas correspondre au domaine de la Zuhandenheit, dpourvue qu'elle est de toute crativit. En d'autres mots, ce qui est essentiel dans la lecture heideggerienne de la techn, c'est la relation entre Y arche et le produit final. En revanche, ce qui est dcisif pour la Zuhandenheit sera toujours le statut de la Bereitschaft, l'orientation et la r-orientation12.

    C'est dans son statut du nap que la techn trouve son corrlat dans Etre et temps, corrlat qui n'est autre que le Verfallen du Dasein. Cependant, le Verfallen n'a pas encore ici le sens exclusif de la chute irrmdiable, de cette inauthenticit qui aline l'tre du Dasein. Il peut encore signifier de faon neutre la comprhension du Dasein partir d'un tant autre que lui-mme, sa tendance de se projeter sur ce dont il se proccupe. Le nap se dit pour Heidegger Verfallen. Nous nous permettons de suggrer que le rcap qui dcrit le statut de V ergon de la techn ne dmontre pas simplement le fait que le produit final n'est pas du mode du Dasein, ni le constat que ce produit une fois achev est dj hors de la porte de la techn, hors de sa rgion de domination (Gal9, p. 42). Ces deux caractristiques, explicitement nommes par Heidegger, en rvlent une autre. Le rcap surgit en effet comme l'explication du fait suivant: V arche et le produit de la techn (respectivement, Yeidos qui conoit l'uvre raliser et cette uvre accomplie elle-mme) constituent une continuit ontologique, de faon telle que le mode de cet eidos se reflte sur le mode du produit avant mme que celui-ci ne devienne prsent. L'p%f| du rcovnrv, en tant que Sache der z/vn

    12 Ce n'est d'ailleurs pas pour rien que le cours de 1926 Grundbe griffe der antiken Philosophie (Ga22, d. F.-K. Blust, 1993) identifie le Zuhandenes non pas au produit de la techn mais l'tant unterhanden, in seiner Bereitschaft (pp. 171-173).

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    selbst (Gal9, p. 44), s'impose comme le vritable centre de la techn et dissimule prcisment son autre trait essentiel, le fait que l'p%f| du 7ioiT|Tv (produit) est v tc tcoioCvti (producteur). L'indiffrence du topos de Y arche comme si le tcoicov n'tait pas, d'une certaine faon, Yarche vritable, la dissimulation de la ncessaire discontinuit entre Y arche et Y ergon vu l'intervention de l'homme, l'expulsion du tcoioovto du registre de Yp%r\ du 7ioiT)Tv, voil ce que dcrit, notre sens, le Ttap de la techn: non pas seulement la discontinuit entre ce qui est de l'ordre du Dasein et ce qui ne l'est pas, mais la tendance ne pas prendre en compte cette discontinuit et prsenter la techn comme une affaire de Y ergon et de son arche. En effet, en lisant le Sophiste, on peut percevoir que la diffrence entre la techn et la phronsis, toutes deux tant deux modes d'berlegung, consiste en ceci: que Yberlegung de la techn se relie simplement ceci qui contribue la production de quelque chose d'autre (Gal9, p. 48), YUberlegung elle-mme restant l 'arrire-plan. La prtention que la Kivnai entre l'arche et V ergon reste indpendante et indiffrente par rapport V explication comme mode de l'me, voil peut-tre le sens profond du nap [et voil pourquoi ce Tiap ne peut pas exprimer la constitution de la Zuhandenheit, qui renvoie toujours au Dasein proccup]. Ces relations, c'est--dire le fait que la techn n'exprime pas le propre de la circonspection prvoyante et que, de l'autre, elle impose chez les Grecs l'exprience du Ttap, mergent dans leur plnitude dans le passage rvlateur du texte: Les problmes fondamentaux de la phnomnologie: Dans le comportement productif, l'tre de ce quoi je me rapporte dans la production est compris de manire dtermine, conformment au sens de l'intention productrice: de telle manire que le comportement de production, de par son sens propre, libre ce qui doit tre produit du trait qui le rattache au producteur13. C'est cette libration que nous voyons exprime dans le mot grec Tcap et que le cours de 1927 dcrit d'une double faon: d'une part, il reconnat aux Grecs la description phnomnologique du comportement de production, mais, de l'autre, signale la forte tendance d'y annuler le rle du producteur (problme auquel, pensons-nous, remdiera l'analyse de la Zuhandenheit).

    Cette mme interprtation du Ttapct, interprtation qui visait annoncer l'quivalence du Ttapd et du Verf alien, trouve sa justification dans le cours Einfhrung in die phnomenologische Forschung (12), qui expose analytiquement la question concerne: ce cours appelle Rckschein le phnomne de la circularit entre l'objectif du souci et les

    13 Die Grundprobleme der Phnomenologie, Ga24, 1975, d. F.W. von Herrmann, (tr. J.F. Courtine, Gallimard, 1985) p. 159-160.

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    dterminations de tous les objets qui s'y rfrent (dans notre cas, la circularit entre V arche et Y ergon final), et appelle Verfallen la tendance du souci de ne pas se demander si ce dont il se proccupe n'est pas enfin dtermin par lui-mme: cet tre-rattach (Gezogensein) non-exprim trouve son expression dans le caractre du Rckschein14. Le 7cap dcrit donc une modalit du souci lui-mme, la modalit de ces comportements (par exemple, la techn) qui tendent celer la rflexivit du souci. De ce point de vue, l'affirmation, ds le Natorp's Bericht de 1922, selon laquelle le Verfallen aboutit une interprtation mondaine de soi-mme dcrit un phnomne ultrieur et non pas l'origine fondamentale du Verfallen, origine qui peut se priver d'un raisonnement en termes d' inauthenticit.

    C'est pourtant, avant tout, par notre deuxime question que nous esprons clairer le texte de 1925. Qu'en est-il du statut de la sophial F.Volpi la traite comme irrmdiablement inauthentique, la juxtaposant la Zuhandenheit: la sophia ne peut pas chapper ainsi l' inauthenticit de la Vorhandenheit, statut auquel l'a condamne, selon Heidegger, la tradition grecque (Aristote compris). J. Taminiaux a entrevu l'ambigut du registre de la sophia: d'une part sa condamnation cause du modle de la Vorhandenheit qui y est implique, et, de l'autre, sa r-appropriation par Heidegger comme mode le plus haut de l'existence, ce qui prsuppose que Heidegger la mtamorphose de fond en comble, lorsqu'il assigne pour rle cette pense de l'tre non pas de se dissocier de la praxis et de sa phronsis, mais de les redoubler15: c'est--dire que, aux yeux de Heidegger, la sophia se lie aux affaires humaines et redouble la phronsis quant son authenticit. La sophia rclame donc, selon la logique du raisonnement heideggerien, une certaine authenticit et mme l'authenticit suprme. Rien reprocher cette lecture. Toutefois, J. Taminiaux n'analyse pas le sens de ce redoublement, l'ventuelle distance qui spare la phronsis de la sophia et les signes du texte qui prouvent que ce redoublement n'est pas une identification mais s 'tage selon un accroissement en authenticit. Quoi qu'il en soit de cette omission de la part de J. Taminiaux (une simple ngligence ou bien la consquence de l'opinitret avec laquelle il applique la dichotomie authentique/inauthentique, dichotomie qui classe la phronsis dj et d'emble dans le domaine de l'authentique), nos explications suivantes peuvent tre lues comme une prtention de complter cette lacune.

    14 Einfuhrung in die phanomenologische Forschung (1921-22), Ga61, d. W. Brc- ker et K. Brcker-Oltmanns, 1985, (p. 84).

    15 J. Taminiaux, La fille de Thrace et le penseur professionnel (1992), p. 64.

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    Si donc nous acceptons, avec F. Volpi, que la phronsis prend dans ce cours de 1924 la place du souci, ce n'est ni pour l'ontologiser ni pour condamner la sophia (avec la techn) l' inauthentique. Ce qui est invitable lorsqu'on se montre inattentif la distinction entre l'ordre du souci (structure originaire avant la scission entre l'authentique et l' inauthentique) et l'ordre de l'authenticit. Si nous acceptons la lecture rvlatrice de J. Taminiaux, ce n'est pas pour le suivre dans son raisonnement en fonction de l'opposition authentique versus inauthentique. Notre intention est de mettre en relief la tripartition: techn, phronsis, sophia, comme reflet de la structure triple: inauthentique, souci, authentique. Selon cette logique, le souci reprsente l'ordre de la neutralit originaire, qui a t clairement dmontre lors de la question de la temporalit et de la distinction nette et laborieuse entre structures originaires et structures authentiques du temps. Nous allons donc soutenir que l'laboration heideggerienne de YEN, au del d'une projection de la phronsis sur le souci comme mode de l'existence humaine, creuse surtout le chemin pour l'tablissement de l'architectonique des exis- tentiaux trois niveaux. C'est le desideratum d'une phnomnologie de l'existence comme ttco du dpliement inauthentique-originaire- authentique, qui guide la lecture heideggerienne d'Aristote et ordonne les falsifications ventuelles du texte.

    Afin de prouver la prsence d'une telle stratgie, il faut tout d'abord montrer que la sophia dispose les traces de l'authentique, c'est- -dire que Heidegger pense avec ses propres termes et sous la lumire de sa propre ontologie quand il avoue que, pour Aristote, la sophia est la plus haute possibilit existentielle de l'homme (Gal9, p. 124). Nous verrons aisment que c'est effectivement le cas. Avant tout, la sophia se dfinit ngativement dans son opposition l'inauthentique. Cette opposition devient tangible propos de noXkoi (Man, selon SZ) qui restent au niveau de la quotidiennet (Gai 9, p. 98). Ce qui est accessible aux sages reste difficile pour le Dasein quotidien... dans l'habitude (Gal9, p. 95). Le jeu cher l'ontologie fondamentale du lointain (Feme) et de la proximit (Nhe) est galement prsent. Le mode de vie du sage est le contraire d'un mode ontologique particulier du Dasein, du mode du Zunchst (op.cit.).

    La dfinition positive de la sophia porte de mme le sceau de l'authenticit: face au Worumwillen de la phronsis, la sophia se dit l'"-dessein-de" final (Gai 9, p. 122). Ceci correspond la notion aristotlicienne du telos le plus parfait, de celui qui n'entrane pas l'accomplissement d'une praxis individuelle.

    La sophia se montre authentique par rapport un deuxime caractre central de la phronsis. L'excellence, selon Aristote, se tient sous la

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    perspective de la vie entire: x vGpomivov yaGv yivexai ... 'xi v pico xe,eia> (1098a 17). Or c'est prcisment Veudaimonia convenant la sophia qui accomplit de faon parfaite cette ncessit thique, c'est elle qui est dfinie comme X,a|3oCaa ujjko Pioo xA,eiov (1177b 24). Pour Heidegger cela veut dire que seule la perspective de la dure totale de l'existence humaine peut garantir l'-dessein-de final, l'authenticit du Dasein. La totalit du Dasein comme tant temporel, celle qui sera assure dans Etre et temps par l'tre-pour-la-mort, voil ce qu'accomplit la sophia comme energeia parfaite.

    Un dernier indice renforcera notre point de vue. A propos de l'autarcie du sage tellement honore par Aristote, Heidegger commente: Personne ne peut voir les choses pour les autres... La vue pure est une affaire de l'individu (Einzelnen) (Gal9, p. 177). Avec les mmes mots, Etre et temps aura exprim l'impossibilit de me charger de la mort de l'autre, de remplacer l'autre dans son accomplissement authentique. L'unicit du voir n'est que le reflet de l'unicit du solus ipse authentique (5Z, p. 188).

    Aprs la brve enumeration qui prcde, nous tenons pour dcid que la sophia occupe explicitement, dans le cours de 1924, la place de l'authenticit. Et ceci, sous les auspices des termes proprement heideggeriens qui seront prsents dans Etre et temps. Ce qui prvaut ici n'est pas tant la mtamorphose de la sophia mais l'interprtation de ses traits distinctifs comme traits qui conviennent l'authenticit extrme du Dasein.

    Sous cet angle, il est ais de voir l'ambigut des vocables qui ont accompagn la description de la phronsis comme synonyme du souci originaire: l'-dessein-de tout court est de l'ordre de l'originaire dans son opposition au Worumwillen final, la possibilit la plus noble du Dasein, qui exprime son authenticit; la clairvoyance (Durchsichtigkeit) et la science intime (Gewissen) sont galement des traits du souci originaire et non pas ncessairement de l'authenticit; de mme, la rsolution (Entschlossenheit) qui est ici impute la phronsis n'est pas un signe d'authenticit. Bien que Etre et temps distingue la rsolution proprement authentique de l'ouverture originaire (Erschlossenheit), le texte de Mar- bourg n'tablit pas encore ce vocabulaire. Ici, la rsolution est l'quivalent de l'ouverture; elle est dfinie comme la dcouverte de la situation totale (Gai 9, p. 150), destine claircir la jonction entre l'acteur, l'acte et sa fin. D'ailleurs, de faon plus significative, elle s'identifie la clairvoyance comme mise en lumire de soi-mme dans le rapport au monde: la rsolution vraie (echte) [est] la clairvoyance de l'action (op.cit.).

    Il est donc vident que la lecture heideggerienne d' Aristote n'omet jamais la distinction entre l'originaire et l'authentique, mais au contraire profite de cette distinction pour illustrer la relation entre la phronsis et

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    la sagesse. Paralllement, si la techn a t identifie au Verfallen, cela ne vaut que comme une contre-tendance (Gegentendenz) par rapport la sophia. Ce dernier vocable-cl prouve encore une fois que la phro- nsis doit tre lue comme une structure originaire, dont la techn et la sophia reprsentent deux contre-tendances [contre-mouvements (Gegen- bewegungen)] possibles: la sophia n'est qu'une Gegentendenz contre le Dasein le plus proche (Gal9, p. 98). Il est donc impossible d'identifier la phronsis tout simplement l'authentique, impossible encore de ne pas voir dans la sophia l'accomplissement du Dasein, impossible enfin de ne pas voir dans la techn les traces du Verfallen. Ce mme vocable-cl, Gegentendenz, a t utilis, rappelons-le, par le Natorp's Bericht16 pour dcrire la relation entre la structure originaire du souci et les colorations de l'authentique et de l'inauthentique. En prparant la lecture d'Aristote, Heidegger ne fait ici qu'avancer une description de ces contre-mouvements. Le souci, comme structure originaire, se distingue des deux tendances, ou mieux des deux Gegenbewegungen (NB, p. 26), qui en manent. L' inauthenticit de la chute et l'existence comme existence authentique. A Heidegger de conclure: L'inquitude de la vie facticielle pour son existence... est ce qu'elle est uniquement titre de contre-mouvement oppos la tendance la dchance de la vie... Le "contre" titre de ngation annonce ici une opration originaire et constitutivement ontologique (NB, pp. 26-27).

    16 Phnomenologische Interpretationen zu Aristoteles (1922) (ici NB), d. H.U. Les- sing, tr. J.F. Courtine, dition bilingue, Paris, 1993. La neutralit du Dasein est dfinie ici comme facticit (Faktizitt) ou mobilit fondamentale de la vie facticielle (p. 20). Rappelons que facticit signifie cette poque la constitution du caractre ontologique de l'existence humaine. Or ce statut originaire et ontologique n'est autre que celui du souci (curare), qui se prsente comme le sens fondamental de la mobilit du Dasein sous le nom technique de commerce (Umgang) avec le monde. Il est souligner que la facticit, quels que soient ses modalits et ses objets viss, garde toujours une mme structure de fond, une structure qui sera galement d'une grande importance dans Etre et temps: elle concerne toujours la dcouverte parallle du monde et du Dasein. A cette dcouverte simultane convient un type universel de vue, la circonspection (Umsichi). Ce qui est important pour notre point de vue est que la facticit se distingue nettement des deux tendances (le Verfallen et l'authenticit) qui constituent deux facettes, deux colorations de la facticit.

    Sous la lumire de cette analyse prparatoire se dploie l'interprtation heidegge- rienne de YEN qui identifie clairement la phronsis la facticit. La phronsis s'appelle auto-circonspection sollicitante (circonspection) (frsorgliche Sichumsehen (Umsicht)) (p. 37). Pour le reste, la sophia est dfinie comme l'accomplissement authentique de la phronsis et correspond ici l'existence authentique et la techn, qui attire peu l'attention, sert de contre-exemple la phronsis, cause prcisment de son caractre de Ttap: la production convient une forme de mobilit o le telos est en dehors du mouvement; par contre, concernant la phronsis, le tlos caractrise un tant qui se dtermine en mme temps comme pas encore et dj (p. 42).

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    Cela dit, il faut rviser l'identification allant de soi de la phronsis l'authentique: dans le cours de 1924 est encore ouverte la voie qui laisse au souci/phronsis la possibilit de valoir comme un vrai existential originaire, avant la scission entre authentique et inauthentique, comme une description phnomnologique du Dasein dans son ampleur, sans que soit dj dcid le privilge inquestionn du solus ipse rsolu. S'il en est ainsi, le redoublement de la phronsis et de la sophia ne va pas sans une reconnaissance explicite de leur distance.

    Anastasaki, 14-16 Pavlos Kontos. 15772 Zografou Athnes Grce.

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