Note de conjoncture de l'Insee - mars 2014

  • Published on
    05-Jun-2015

  • View
    8.264

  • Download
    0

Embed Size (px)

Transcript

  • 1. NOTE DE CONJONCTURE Mars 2014 Insee 2014 Institut national de la statistique et des tudes conomiques Directeur gnral : Jean-Luc Tavernier Direction gnrale : 18 boulevard Adolphe Pinard - 75 675 PARIS Cedex 14 Tlphone : 01.41.17.50.50 / Tlcopie : 01.41.17.66.66 Adresse internet : http://www.insee.fr SOUS EMBARGO JUSQUAU 03 AVRIL 22h00

2. Directeur de la publication Jean-Luc Tavernier Rdacteurs en chef Cdric Audenis Laurent Clavel Grgoire Borey Yalle Gorin Contributeurs Vincent Alhenc-Gelas Jos Bardaji Stphane Boucher Jocelyn Boussard Hadrien Camatte Guillaume Chanteloup tienne Chantrel Vronique Cordey Julie Djiriguian Jean-Franois Eudeline Julie Goussen Nicolas Lagarde Matthieu Lequien Kevin Milin Allaoui Mirghane Alexis Montaut Pierre-Damien Olive Vladimir Passeron Ccile Phan Aurlien Poissonnier Pierre Prady Julien Pramil Bruno Quille Nathan Remila Sophie Renaud Catherine Renne Marie Rey Sbastien Riou Dorian Roucher Marie Sala Gabriel Sklenard Camille Sutter Frdric Tallet Sophie Villaume Adrien Zakhartchouk Secrtariat de rdaction et mise en page Catherine Fresson-Martinez Moussa Blaibel Jacqueline Courbet Denise Maury-Duprey Secrtariat Nathalie Champion Les Notes de conjoncture ainsi quun lexique Les mots de la conjoncture sont disponibles ds leur parution sur le serveur internet de lInsee dans la rubrique Conjoncture - Analyse de la conjoncture ladresse : www.insee.fr. ISSN 0766-6268 Impression daprs documents fournis JOUVE - PARIS Rdaction acheve le 28 mars 2014 3. LA ZONE EURO RETROUVE UN PEU DE TONUS VUE DENSEMBLE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7 CONJONCTURE FRANAISE Retour sur la prcdente prvision. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57 Production. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59 Environnement international de la France. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65 changes extrieurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68 Emploi . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71 Chmage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 77 Prix la consommation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80 Salaires. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83 Revenus des mnages . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85 Consommation et investissement des mnages. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89 Rsultats des entreprises . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94 Investissement des entreprises et stocks . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96 DVELOPPEMENTS INTERNATIONAUX Ptrole et matires premires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103 Marchs financiers. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 106 Zone euro. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 109 Allemagne. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111 Italie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 112 Espagne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 113 Royaume-Uni . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 114 tats-Unis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 115 Japon . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116 conomies mergentes. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117 DOSSIERS Quel potentiel de rebond de lconomie franaise ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19 Trajectoires divergentes pour les industries automobiles europennes. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41 COMPTES DES PAYS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .119 COMPTE ASSOCI DE LA FRANCE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .124 CLAIRAGES Comment les entreprises vont-elles utiliser le crdit dimpt comptitivit emploi (CICE) en 2014 ? . . . . . . . . . . . . . . . . 62 Les contrats aids en 2013: monte en puissance des emplois davenir . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .75 Comment expliquer le dynamisme de la consommation de produits fabriqu au quatrime trimestre 2013 ? . . . . . . . . . 92 4. La zone euro retrouve un peu de tonus Comme prvu dans la Note de conjoncture de dcembre, lembellie sest poursuivie dans les conomies avances au quatrime trimestre 2013, mais la croissance est reste dcevante dans les conomies mergentes. Au premier semestre 2014, en raison notamment dun nouvel accs de dfiance des marchs vis--vis des pays les plus dpendants de capitaux trangers, la croissance ne devrait pas samliorer franchement dans les pays mergents. Dans les pays avancs en revanche, la reprise devrait se consolider, comme en tmoigne lamlioration du climat des affaires retrac par les enqutes de conjoncture. En particulier, la croissance dans la zone euro devrait continuer de se redresser lhorizon de la prvision (+0,4 % au premier trimestre puis +0,3 % au deuxime contre + 0,2 % en moyenne au second semestre 2013), grce la modration de la consolidation budgtaire, au redressement de linvestissement aprs un ajustement trs prononc dans de nombreux pays, et une baisse de lpargne de prcaution des mnages. La demande extrieure adresse la France retrouverait ainsi un rythme de progression soutenu et rgulier dici mi-2014. Le profil de lactivit serait toutefois moins rgulier en France au premier semestre, avec une progression du PIB de 0,1 % au premier trimestre 2014, puis de 0,3 % au deuxime trimestre 2014, en raison de la conjonction de plusieurs effets ponctuels. Tout dabord, le dynamisme au quatrime trimestre 2013 des dpenses en biens durables et de construction rsulte en partie dun comportement danticipation, et aurait ainsi gnr un contrecoup au premier trimestre. En outre, la production dnergie se contracterait au premier trimestre 2014 avant de rebondir au deuxime, en raison des tempratures particulirement douces de cet hiver. A contrario, la production manufacturire serait plus dynamique au premier trimestre en raison dune reconstitution des stocks, aprs la contribution ngative du quatrime trimestre. Au-del de ces -coups, la progression de lactivit en France resterait donc modeste au premier semestre 2014. Le climat des affaires retrac dans les enqutes de conjoncture de lInsee est globalement stable depuis six mois, et reste infrieur sa moyenne de long terme, lexception notable de lindustrie manufacturire. Cette pause dans lamlioration conjoncturelle fait cho au manque de dynamisme des diffrents postes de demande. Les exportations, au-del des -coups observs ces derniers trimestres, continuent dtre pnalises par lapprciation passe de leuro, ainsi que par des pertes rsiduelles de comptitivit hors-prix. Elles seraient donc moins dynamiques que la demande extrieure lhorizon de la prvision. Linvestissement serait frein par labsence de reprise dans la construction, alors qu linverse le redressement des perspectives dactivit et lamlioration de la situation financire des entreprises seraient des facteurs de soutien. Malgr lclaircie sur le front de lemploi, le pouvoir dachat des mnages nacclrerait que lgrement. En effet, les gains de salaires rels observs en 2013 du fait de la baisse non anticipe de linflation sestomperaient en 2014. Et la progression de lemploi total resterait porte par celle de lemploi aid ; dans le secteur priv, le redressement de lactivit permettrait de seulement compenser les gains de productivit. Comme la population active retrouverait sa croissance tendancielle aprs avoir diminu en 2013, le taux de chmage se stabiliserait mi-2014 son niveau du quatrime trimestre. Ainsi, la consommation des mnages progresserait peine au premier semestre 2014. Ce scnario est soumis de nombreux alas. En particulier, si le retour de la confiance dans la zone euro se confirme, il pourrait se traduire par un dgel plus fort de la consommation des mnages. linverse, le niveau encore lev de leur endettement pourrait peser plus quattendu sur leurs dpenses. Par ailleurs, lactivit des conomies mergentes est depuis un an nouveau soumise des mouvements soudains de flux et de reflux de la confiance des investisseurs trangers, ce qui conduit une volatilit accrue de leur croissance et donc de leurs importations. Mars 2014 7 5. Lactivit est reste dynamique dans les conomies avances au quatrime trimestre 2013 Dans les conomies mergentes, lactivit a ralenti Dans les conomies mergentes, lactivit a lgrement ralenti au quatrime trimestre 2013 (+1,2 % aprs +1,7 % au troisime trimestre). Pour autant, la production industrielle est reste solide (+1,3 %), soutenue par lacclration des exportations (+4,2 % aprs +1,6 %), et les importations ont t dynamiques (+2,2 % aprs +1,8 %). En moyenne au second semestre 2013, lactivit dans les conomies mergentes a acclr, sans compenser le net ralentissement du dbut danne : en 2013, la croissance atteint ainsi 4,9 %, au plus bas depuis 2009. Forte croissance des conomies avances au quatrime trimestre 2013 Au quatrime trimestre 2013, la croissance des conomies avances a t forte (+0,6 % aprs +0,6 %), lgrement plus que prvu dans la Note de conjoncture de dcembre 2013 (+0,4 %). La reprise sest confirme dans la zone euro (+0,3 % aprs +0,1 %) et au Royaume-Uni (+0,7 % aprs +0,8 %). Aux tats-Unis, lactivit a ralenti (+0,7 % aprs +1,0 %) et la progression du PIB est reste dcevante au Japon (+0,2 % aprs +0,2 %). Lactivit dans la zone euro a acclr Au quatrime trimestre 2013, lactivit dans la zone euro a acclr (+0,3 % aprs +0,1 %), comme anticip dans la Note de conjoncture de dcembre 2013, du fait dune reprise des exportations, qui avaient stagn au trimestre prcdent, et de linvestissement. En France, lactivit a rebondi au quatrime trimestre 2013 Reprise de lactivit en France Lactivit a rebondi en France au quatrime trimestre 2013 (+0,3 % aprs 0,0 %). Soutenue par la vigueur de la demande manufacturire (+0,6 % pour la demande intrieure hors stocks et +1,5 % pour les exportations), la valeur ajoute de lindustrie manufacturire a rebondi (+0,4 % aprs -0,8 %). Les entreprises ont puis dans leurs stocks pour satisfaire le surcrot de demande et les stocks ont contribu ngativement de 0,3 point au PIB. La production des services marchands a acclr (+0,4 % aprs +0,2 %), notamment sous leffet dentranement de la branche manufacturire. La production dnergie a de nouveau nettement recul au quatrime trimestre (-1,1 % aprs -1,5 %), les tempratures, suprieures aux normales saisonnires, ayant encore limit les dpenses de chauffage des mnages. Enfin, aprs sept trimestres de recul, lactivit dans la construction a redmarr (+0,3 % aprs -0,4 %), sous la conjonction de plusieurs facteurs : le pic dactivit dans les travaux publics, relier probablement au cycle lectoral municipal et leffet retard du rebond des mises en chantier dbut 2013 et, sans doute galement, lanticipation de certaines dpenses dentretien de logement du fait de la hausse du taux de TVA au 1er janvier. Le cours du ptrole serait lev dici mi-2014 Malgr un march physique peu tendu, le prix du ptrole reste lev Au quatrime trimestre 2013, le prix du Brent est rest un niveau lev (109 US$), malgr lapaisement relatif des tensions qui avaient suscit la hausse de lt 2013. Des craintes sur le niveau de la production de lOpep, dj bas, et un contexte gnral de dynamisme de la demande, surtout en provenance des pays de lOCDE, ont en effet soutenu les prix du brut et conduit une forte baisse des stocks de ptrole des pays dvelopps, aujourdhui un niveau particulirement bas. Au premier trimestre 2014, il ny aurait pas de tensions significatives sur le march physique. Loffre serait nouveau vigoureuse, en particulier en Irak o la production sest redresse. Au deuxime trimestre, la production resterait soutenue, porte par la hausse saisonnire de la production de biocarburants. En prvision, le prix du baril de ptrole est conventionnellement fig proche de son niveau rcent, 108 US$. 8 Note de conjoncture Vue d'ensemble 6. Le climat conjoncturel resterait plus favorable dans les conomies avances dici mi-2014 Lactivit des conomies mergentes ralentirait ... Les conomies mergentes traversent une zone de turbulences montaires. Dj bouscules au printemps dernier, les monnaies des pays fort dficit courant (Argentine, Brsil, Indonsie, Turquie) mais galement le rouble russe, se sont nouveau dprcies, en lien avec la sortie de lassouplissement quantitatif amricain, et leurs banques centrales ont continu de resserrer leur politique montaire. Les enqutes de conjoncture, qui staient nettement dgrades au printemps puis lgrement redresses au second semestre, sont nouveau orientes la baisse en janvier. En Chine, lactivit a dclr au quatrime trimestre (+1,8 % aprs +2,2 %) et le climat des affaires sest affaiss en dbut danne. Au total, lexception des conomies dEurope centrale qui continueraient de crotre vigoureusement, lactivit des pays mergents dclrerait et leurs importations ralentiraient (+1,2 % puis +1,7 % aux deux premiers trimestres 2014). ... mais la reprise se prolongerait dans les conomies avances Dans les conomies avances, les enqutes de conjoncture se sont en revanche nettement redresses lt 2013 et le climat des affaires est revenu sa moyenne de longue priode (cf. graphique 1). Lactivit continuerait donc de crotre modrment lhorizon de la prvision (+0,5 % au premier trimestre puis +0,3 %). Aux tats-Unis, lactivit serait toujours solide, mme si la production aura pti des phnomnes mtorologiques extrmes du dbut danne. Au Royaume-Uni, la reprise se poursuivrait sur un rythme vigoureux : lactivit continuerait dtre dope par la hausse du prix des actifs et le redmarrage du crdit, notamment immobilier. Dans la zone euro, lim...