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Nouvelles N° 2126

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Nouvelles N° 2126 du 26 nov.

Text of Nouvelles N° 2126

  • Rgionales avec

    Olivier Dartigolles

    La douleur au cur,nous reprenons la vie dmocratique

    SI LE CLIMAT TAIT UNE BANQUE, IL SERAIT DJ SAUV

    Jeudi 26 novembre 2015 - N 2126 - Hebdomadaire - 15, rue Furtado - 33800 BORDEAUX - Prix : 0,80 euro

  • 2 Les Nouvelles 26 novembre 2015

    ACTUALIT

    La direction dAir France na pas attendu la dcision du tri-bunal correctionnel de Bobigny devant lequel doivent com-paratre, le 2 dcembre prochain, 5 salaris de la compagnie arienne pour violence en runion aprs lenvahissement du comit central dentreprise du 5 octobre dernier au cours duquel deux cadres ont perdu leur chemise.

    Le 12 novembre dernier, elle a procd au licenciement pour faute lourde de 4 dentre eux et engag une procdure contre le cinquime, dtenteur dun mandat syndical CGT.

    Dans un communiqu dans lequel elle exige lannulation des sanctions, lintersyndicale des personnels au sol, stewards, htesses et pilotes (CGT, FO, Solidaires, CFTC, UNSA, SNPL, SPAF, Alter, SNPNC et UNAC), dnonce une parodie de proc-dure disciplinaire. Selon ces organisations qui ont assist les salaris au cours des entretiens pralables sanction, la direction na mme pas recueilli leurs explications. Mieux encore, elle a, dans un premier temps, refus de visionner les vidos quelle avait elle-mme mises dans le dossier charge.

    Et pour cause, explique lintersyndicale, aucune delles ne permet de mettre en cause les salaris sanctionns. Fort du soutien du premier ministre, Manuel Valls, qui avait qualifi les salaris dAir France de voyous, la direction a visiblement dcid de licencier pour lexemple. Histoire dintimider les salaris alors que son projet de suppression de 2900 postes est rejet en bloc et que seules la CFDT et la CFE-CGC sont prtes accepter de ngocier une nouvelle hausse de productivit malgr un bnfice record de 480 millions deuros au 3e trimestre.

    Faute de pouvoir manifester vraiment pour cause dtat durgence loccasion de la journe nationale interprofession-nelle daction pour ladfense du pouvoir dachat des retraits, environ200dentre eux sesont rassembls mardi matin place Stalingrad Bordeaux, avant daccompagner (sur les trottoirs et aprs force palabres avec la police) des dlgations vers les siges de Sud Ouest, de TV7 et de France Bleu Gironde.

    Histoire dtre vus, alors quils ont le sentiment que leur mou-vement, lanc depuis un an, reste inaperu des mdias et de lopinion.Forts de 100 000 cartes ptitions adresses au prsident de la Rpublique, et dun rendez-vous avec un conseiller de llyse, ils rclament un interlocuteur qui coute spcifique-ment les organisations syndicales sur le dossier des retraites.Il y a quinze millions de retraits en France, explique Andr Garuz, porte-parole de lintersyndicale girondine qui rassemble FO, CGT, FSU, Solidaire, LSR, et les ex-policiers de lASARP.

    Comme lors de manifestations et rassemblements du 17 mars et du premier octobre, les syndicats de retraits rclament la leve du gel des pensions, aucune pension infrieure au SMIC et une revalorisation annuelle prenant en compte lvolution des salaires. La rcente augmentation des pensions d 0,1% aprs trois ans de gel est pour eux du mpris envers les retraits.

    La loi du 20 novembre prolonge compter du 26 novembre et pour trois mois ltat durgence, dcrt le 14 novembre en conseil des ministres. Ce texte dexception prendra donc fin le 26 fvrier 2016, il est ventuellement renouvelable ou peut tre interrompu avant son terme.

    La loi sur les suspects, qui vise selon son tude dimpact renforcer les pouvoirs des autorits administratives et restreindre les liberts publiques com-porte deux dispositions essentielles : les assignations rsidence et les perquisitions de jour comme de nuit sans autorisation dun juge. Par ailleurs, elle autorise les prfets interdire la circulation des personnes ou des vhicules dans des lieux et des heures fixes par arrt. Le texte laisse une grande marge dapprcia-tion pour dissoudre les associations ou groupements qui participent la commission dactes portant une atteinte grave lordre public ou dont les activits facilitent cette commission ou y incitent

    La loi sur la prolongation de ltat durgence a t adopte en trois jours -prsentation en conseil des ministres mercredi 18 novembre, adoption par lAssemble le 20, par le Snat le 21, entre en vigueur samedi 22 novembre. Sur 577 dputs, 558 ont pris part au vote, 6 ont vot contre (3 socialistes, 3 cologistes), une sest abstenue. 336 snateurs ont vot pour, 12 se sont abstenus (11 communistes et un cologiste).

    La loi du 20 novembre nest quune disposition transitoire, le gouverne-ment entend inscrire ltat durgence dans notre Constitution , a indiqu Manuel Valls. Le prsident de la Rpu-blique veut tendre les possibilits de dchance de la nationalit franaise aux personnes nes franaises, disposant de la double nationalit (il est en effet interdit de crer des apatrides) et condamns pour des faits de terrorisme. Une mesure qui rencontrera davantage dopposition, dans les rangs du Front de gauche, liane Assenssi a dores et dj dclar que le groupe au Snat ne voterait pas la rvision constitutionnelle.

    Dans lHumanit du lundi 23 no-vembre 2015, Andr Chassaigne, prsident du groupe Front de gauche lAssemble nationale, explique que la dcision du groupe a t motive par le caractre extrmement grave de la situation avec toujours en tte que ce type dattentats extrmement meurtriers pou-vait se reproduire . Par ailleurs, dans le texte adopt, les voies de recours sont suprieures celles qui figuraient dans la loi de 1955. Le juge des rfrs admi-nistratifs peut se prononcer rapidement et annuler des mesures prises .

    Enfin, le dput considre comme un changement positif le contrle parle-mentaire tabli par la commission

    des Lois qui consiste en un rapport hebdomadaire sur la mise en uvre de ltat durgence devant les commissions concernes de lAssemble nationale et du Snat . Si nous navons pas considr que les dispositions retenues taient des atteintes dmesures aux liberts, cest parce quelles sont limites dans le temps, circonscrites dans un primtre prcis et contrles par le Parlement.

    Il assure que les dputs du Front de gauche seront en premire ligne pour exercer cette mission de contrle mais en appelle aussi une vigilance citoyenne . Il faut que nous puissions tre saisis si des citoyens constatent des abus.

    liane Assassi, prsidente du groupe communiste et rpublicain au Snat na pas constest la ncessit dun tat durgence pendant les attentats et juste aprs mais elle a mis un doute quant sa prolongation pendant trois mois . Nous estimons, bien entendu, que des mesures trs larges doivent tre prises pour faire face la situation, mais ne peuvent-elles pas ltre dans le cadre de notre droit commun, avec un contrle de lautorit judiciaire ?

    La cl de vote de ce projet de loi semble reposer sur une immense confusion pour les parlementaires et pour les citoyens : on nous enjoint de voter une loi suppose contribuer la lutte contre le terrorisme, alors quil sagit, en ralit, dune loi sur lordre public, dune loi grave dans le marbre pour les annes venir, qui pourra sappliquer dautres situations, dautres tats durgence. Il sagit, avec cette loi, de suspendre pendant trois mois ltat de droit, de mettre entre paren-thses la chane judiciaire.

    La situation est encore moins claire en ce qui concerne les modifications mat-rielles de la loi. Si nous pouvons nous fliciter de la suppression de la censure de la presse et de linstauration dune infor-mation du Parlement, nous ne parta-geons pas la dfiance gnralise lgard de notre systme judiciaire quinstaurent plusieurs dispositions, dont certaines ont t ajoutes par lAssemble nationale. Je pense, en particulier, llargissement du rgime dassignation rsidence toute personne dont le comportement semble menaant, accompagn de

    mesures de placement sous surveillance lectronique mobile le fameux bracelet lectronique.

    Monsieur le Premier ministre, vous avez dit que la scurit est la premire des liberts . Cette phrase, je l imagine, a t rflchie au regard de lhistoire du XXe sicle. Vous avez reproch hier certains dputs de senfermer dans le juridisme . Pensez-vous quil soit acceptable de tenir de tels propos dans lenceinte o se rdige la loi ? Le pouvoir excutif dtiendrait-il seul le pouvoir dcrire cette loi ? Le dbat doit vraiment avoir lieu, cest la force de la dmocratie, cest notre force face au djihadisme !

    Nous nous opposons ces dispositions dont on voit aisment poindre les limites et les drives pour notre dmocratie. Notre opposition est dautant plus ferme que nous sommes convaincus que la solution, terme, nest pas l. Comme le souligne lancien juge antiterroriste Marc Trvidic, dans la lutte contre le terrorisme, une seule cause majeure explique les insuffisances des forces de lordre : le manque de moyens humains et matriels de nos services de rensei-gnement et de nos autorits judiciaires spcialises.

    Ne cdons pas non plus cette colre bien comprhensible et aux facilits de la rhtorique martiale, sous couvert dunit nationale ou dunion sacre, laquelle a permis, ne loublions pas, monsieur le Premier ministre, les mas-sacres de la guerre de 1914-1918 aprs lassassinat de Jaurs.

    En rappelant que la pluralit des points de vue est la pierre angulaire de notre dmocratie, que ces assaillants terroristes veulent dtruire, permettez-moi, mes chers collgues, dopposer ces discours de guerre une logique de paix : la lutte dtermine contre Daech doit conduire la paix. Il faut le dire et le redire !

    Le texte qui nous est soumis s inscrit dans un projet de socit qui dpasse de toute vidence lobjectif de lurgence. Ce projet de socit nest pas le ntre, ni celui de nombreux dmocrates, qui s interrogent depuis deux jours.

    CD (avec Le Monde et lHumanit)

    APPEL DE LA CGT

    Soutien aux inculps dAir France