La métaphore chez les enfants avec troubles envahissants du développement non spécifiés

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  • Neuropsychiatrie de lenfance et de ladolescence 59 (2011) 4147

    Cas clinique

    La mtaphore chez les enfants avec troubles envahissants dudveloppement non spcifis

    Metaphor in children with pervasive developmental disorders not otherwise speciedS. Melogno , C. DArdia , B. Mazzoncini , G. Levi

    Dipartimento di Scienze Neurologiche, Psichiatriche e Riabilitative dellet evolutiva, Sapienza Universit di Roma,Via dei Sabelli, 108, 00185 Rome, Italie

    Rsum

    But. Les aude ses compMthode. Ldeux diffrede trois ansde neuf ans.Rsultats. rapport auxneuf ans. pendant la cautrui, lorsqConclusion.contribuer caractrisen 2010 Else

    Mots cls : A

    Abstract

    Backgroundaspects of hquite probleMethod. Sa cognitive pfirst diagnosResults. Athe usages ocommunicatConclusion.in productio 2010 Else

    Keywords: A

    Auteur coAdresse e

    0222-9617/$doi:10.1016/jteurs illustrent le cas dun enfant avec troubles envahissants du dveloppement non spcifis (TED-NS), en analysant certains aspectstences linguistiques et communicatives, en particulier, les usages mtaphoriques, en comprhension et en production.es auteurs confrontent et analysent du point de vue cognitif et linguistique certains chantillons de langage spontan correspondant

    ntes phases du dveloppement de lenfant tudi. Les premiers sont extraits dune cassette vido tourne en famille, remontant geet 11 mois, lorsque lenfant avait t diagnostiqu comme tant TED-NS. Les seconds font partie dune rvaluation effectue lge

    Lenfant, lge de trois ans et 11 mois, prsente des atypies linguistiques et communicatives dans ses usages mtaphoriques, parcomptences des enfants de mme ge dveloppement typique. Ces atypies sont toujours prsentes et mme accentues lge decet ge-l, que ce soit au cours dun testing spcifique de comprhension de mtaphores ou dans le langage spontanment utilis

    onsultation, on assiste, dune part, des usages pseudomtaphoriques et, de lautre, une perte de rapport dans la communication avecue le langage devient mtaphorique. Ce cas suggre limportance de prendre en compte les comptences mtaphoriques en tant que domaine de recherche pouvantidentifier ultrieurement certaines caractristiques des TED-NS et spcifier les sous-types linguistiques et communicatifs qui

    t cette population clinique.vier Masson SAS. Tous droits rservs.

    utisme ; Troubles envahissants du dveloppement non spcifis ; Langage ; Mtaphore

    . The authors describe the case of a child with pervasive developmental disorder not otherwise specified (PDS-NOS) by analyzingis language skills and communication, in particular the way he uses metaphorical language. As is known from literature, such use ismatic in autism.amples of spontaneous speech of the child are analyzed and compared at two different stages of his development from a linguistic andoint of view. The first stage has been video-recorded at home and dates back to 3 years and 11 months, when the child received his

    is of PDD-NOS, while the second stage has been documented by a complete new evaluation in a clinical setting, at the age of 9.t 3 years and 11 months the child displays forms of atypical language, which appear as metaphorical but in a way that differs fromf normally developing children. These atypical forms are still present and even emphasized at 9, and create specific troubles inion with adults. This case study underlines the importance of considering metaphorical competence in all its aspects, in comprehension as well asn, as a privileged way for accessing core communicative deficits in PDD-NOS.vier Masson SAS. All rights reserved.

    utism; Pervasive developmental disorder not otherwise specified; Language; Metaphor

    rrespondant.-mail : sergio.melogno@uniroma1.it (S. Melogno).

    see front matter 2010 Elsevier Masson SAS. Tous droits rservs..neurenf.2010.06.010

  • 42 S. Melogno et al. / Neuropsychiatrie de lenfance et de ladolescence 59 (2011) 4147

    1. Introduction

    lexception des observations pionnires effectues parKanner suren neuropscauses de cpartie, recola possibilimtaphore, un aspectla fois danslorisation dtypique sedans la comt pleinemle langage

    En relat1980 que lphorique, ela thorie dlhtrogntrisent leschercheurs[8,9].

    Cest, ploppementlaquelle lessymptmesqui ne permou dautremis de recuintressantnique et thle groupe lest caractrdes symptpar un niveimportant dTED-NS cfacteur de rdes contrquils soienTED, ils solautisme, senfin vers d

    Parmi tlusage destion, offrenessentiellesinteractivesle discours

    Le statutions dansdans celuiindicateur

    Dans nPaolo, diag

    lge de neuf ans. la consultation, ses parents ont apportquelques cassettes vidos dans lesquelles on peut voir lenfant

    ations de jeu et de vie quotidienne. Sur la base dunesquence vido remontant au moment o Paolo avaitns et 11 mois, ainsi qu partir dobservations tires deatio

    compprseypiqt.

    dvection

    premmpx ds semdtrn forqueent

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    phor, otivefarpeutjecti

    s tradtels Wles enfants autistes [1], la recherche sur la mtaphoreychiatrie de lenfance en est encore ses dbuts. Lese retard sont multiples et peuvent tre, au moins ennduites linfluence des thories qui conditionnrentt mme de concevoir un rapport entre lenfant et lace qui eut pour effet de limiter le rle de la mtaphorepurement dcoratif du langage. Grce aux avances le domaine linguistique et psychologique, une reva-u phnomne mtaphorique dans le dveloppementst impose : dun ct, la frquence des mtaphoresmunication et leur centralit dans la cognition ont

    ent reconnues [2], et, de lautre, leur prcocit dansde lenfant est apparue de facon manifeste [35].ion aux troubles autistiques, cest au dbut des anneson assiste la redcouverte du phnomne mta-n particulier dans le cadre des recherches concernante lesprit [6,7]. Encore aujourdhui, conscients deit des profils linguistiques et cognitifs qui carac-troubles envahissants du dveloppement (TED), lescontinuent de sinterroger sur beaucoup de points

    ar exemple, le cas des troubles envahissants du dve-non spcifis (TED-NS), catgorie lintrieur decadres cliniques se caractrisent par la prsence detypiques des TED, mais en quantit insuffisante, ceet pas de formuler un diagnostic dautisme typique

    catgorie de TED. Des recherches rcentes ont per-eillir un certain nombre de donnes particulirementes du point de vue la fois pidmiologique, cli-rapeutique [10,11]. Les TED-NS forment, en effet,e plus reprsent lintrieur des TED ; leur cadreis par une grande variabilit clinique, ainsi que parmes instables et en transformation, de mme queau cognitif moins atteint que dans lautisme. Il este souligner que linstabilit et la trasformabilit des

    onstituent aussi bien un facteur de protection quunisque, et que, pour cela, il est ncessaire deffectuer

    les prcis et rguliers dans le temps. En effet, bient considrs comme tant moins graves que les

    nt frquemment sujets des transformations, soit versoit vers un retard ou vers une volution cognitive, oues formes psychopathologiques diverses.ous les dficits observs, ceux qui touchent mtaphores, en comprhension comme en produc-t un point dobservation intressant des carencesque les TED-NS prsentent dans leurs capacitset communicatives, telles quelles apparaissent dansspontan.t des comptences mtaphoriques et leurs modifica-le temps, tant sur le versant de la production commede la comprhension, pourraient donc constituer unde lvolution mme de ces troubles.otre travail, nous illustrerons le cas dun enfant,nostiqu comme TED-NS, valu dans notre centre,

    en situbrvetrois alvalude sesdunement tlenfan

    2. Leprodu

    Lesdes cocurieuenfantavantversiolidegalemmtap

    Leurednoger ledautredans uen obs neigephoriqbien cla conndu mominatiDans lou du

    Lesmmerechertion [5mtap

    Lesrednophoresschmle reb mtariellesqui mo neige

    Ondes ob

    1 Nouphonesn actuelle, nous tracerons et discuterons les aspectstences mtaphoriques. La description sera prcdentation du cadre thorique concernant le dveloppe-

    ue et atypique des comptences mtaphoriques chez

    loppement typique des capacits deet de comprhension de la mtaphore

    ires tudes concernant le dveloppement typiquetences mtaphoriques chez lenfant signalrent uncalage entre la production et la comprhension : les

    blaient capables de produire des mtaphores biene en tat de les comprendre [12]. Actuellement, late de cette hypothse a t carte et remplace parles enfants, ds lge prscolaire, produisent et sontcapables de comprendre au moins certains types de.remires crations consistent en une sorte de

    ation1 des objets, par laquelle ils sembleraient chan-des choses [13,14] en les rebaptisant au moyennifiants [15]. Par exemple, un enfant enfile son piedorbeille papier et dit ensuite : botte ; un autre,nt de la farine verse dans une casserole, lappeller, on peut attribuer ces expressions un statut mta-ulement condition dtre srs que lenfant possde

    nes connaissances linguistiques de base [4,13], telleance de ltiquette littrale de lobjet rebaptis , oule fait que les deux objets impliqus dans la redno-e sont pas identiques, mais simplement semblables.contraire, il sagirait dune erreur de catgorisationrextension smantique.

    des dchantillons de langage spontan [16,17] decertaines enqutes longitudinales [13] et certainesexprimentales concernant ce type de rednomina-

    t fourni la preuve du fait que lenfant sait manier lads lge prscolaire.eurs [5,17] ont distingu deux types principaux deation : les mtaphores bases sur laction ou mta-eu symbolique , dans lesquelles lenfant applique unction un objet (sur le plan de la fiction) et ensuitese (cest le cas du couple corbeillebotte ) et leses bases sur la perception ou mtaphores senso-, au contraire, cest la ressemblance entre les chosesla substitution linguistique (cest le cas du couple

    ine ).exclure que de telles rednominations rpondent

    fs purement ornementaux du discours, car lenfant

    uisons l le terme renaming utilis par certaines auteurs anglo-inner (1979) et Elbers (1988).

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    les gnre intuitivement, sans les appuyer sur une base mta-linguistique ; de plus, elles vhiculent des contenus affectifs etcognitifs que lenfant ne saurait exprimer dans un langage littral[14] cet ge-l, ce qui pourrait expliquer sa recherche dautrespossibilits linguistiques, par le biais dune rednomination.

    Du point de vue volutif, les mtaphores bases sur lactionapparaissenremplacesdeviennentPar la suitmoins intulorsque dement se proles termesdent, lenfaqui indiquelue, le concorrecteme[13].

    Les reclorsque dabases sur lcomprendrlide prcbase sur leses insuccLes premien effet deles mtaphchement e(exemple :des adjecti chaud ,La manipumodalitsjeux de rllinsertiondans de codexpressiovers le bassion et, dediffrenci[22].

    3. Autism

    Les prelusage m symptmrfrence aOr, le fait dnelles chezdu diagnos

    2 Autism diavore PC, Ri

    rs comme les rfrences par excellence pour le diagnostic delautisme, contiennent galement de nombreux items et sectionsconcernant le langage idiosyncrasique . Par ce terme, on serfre des formes linguistiques qui, du point de vue communi-catif, sont limites des domaines particuliers, y compris lesnologismes et certaines expressions qui peuvent voquer la

    ore31946nven

    ssifiisait

    , c

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    e, o

    -reviS; 20ple :t entre deux et trois ans pour ensuite dcliner,par des mtaphores bases sur la perception, quiprpondrantes vers lge de quatre cinq ans [5].

    e, on peut observer des usages plus conscients etitifs. En particulier, vers lge de cinq six ans,s formes plus labores apparaissent, un change-duit grce lintroduction du mot comme entremtaphoriques [3,17]. Reprenant lexemple prc-nt dira alors : la farine est comme la neige , cerait une conscience mtacommunicative plus vo-necteur tant l pour aider linterlocuteur effectuernt une interprtation non littrale de la mtaphore

    herches de ces dernires annes ont montr que,utres, adultes ou enfants, produisent des mtaphoresaction ou sur la perception, lenfant est capable de lese ds lge de cinq ans [1820], Cela a redimensionndente du dcalage productioncomprhension ,contraste entre la production spontane de lenfant et

    s dans les preuves de comprhension de mtaphores.res recherches reportant ces rsultats utilisaients typologies de mtaphores plus complexes, tellesores physicopsychologiques, bases sur le rappro-ntre la personne humaine et des objets inanims le gardien de la prison est une pierre ) [13] ou

    fs double fonctions (exemple : les adjectifs dur , amer , utiliss dans un sens psychologique) [21].lation de diffrents facteurs exprimentaux, tels lesde mesure (choix multiples verbaux ou iconiques,es avec des jouets, au lieu dexplications verbales),de mtaphores dans un contexte donn (par exemple,urtes histoires) et lemploi de typologies diffrentesns mtaphoriques, ont permis, dun ct, de dplacerlge-seuil des premires formes de comprhen-

    lautre, de mettre en vidence des lignes volutiveses en fonction des diffrents types de mtaphore

    e et mtaphore

    mires tudes concernant lautisme considraienttaphorique de la part de lenfant comme lee dune pathologie nigmatique, sans faire aucuneu dveloppement typique de ce genre de capacit.e dceler des formes linguistiques non convention-les TED est un aspect particulirement important

    tic. ADI-R et ADOS-2, traditionnellement consid-

    gnostic observation schedule (ADOS) (Lord C, Rutter M, DiLa-si S. dition italienne Giunti OS; 2005) ; autism diagnostic

    mtaphEn

    non co

    une clarebaptmaisonsagissguer dtout paPar exmre produimme,mtaphlisaiende leulangag

    Descrasiquayantchez lqui ondifficulaire achoses

    Lesvolutduit det lingsont riphoriqremarqnationautistecas potypiqulittralle faitexpresLes endincocomm

    feed-bblmemtaphtypiqu

    interviewGiunti O

    3 Exem.

    , Kanner avait constat certains usages linguistiquestionnels chez les enfants autistes et en avait proposcation [1]. Par exemple, Donald, lge de sept ans,le panier pain par lexpression boulangerie de lae qui peut voquer une mtaphore. Pour Kanner il

    dun cas de substitution par analogie , distin- substitution par restriction , o lon se rfre aupartie, selon un procd typiquement mtonymique.le, Anthony, lge de cinq ans, appelait sa grand-, nombre qui correspondait celui de ses annes,ainsi une rednomination base mtonymique. Deerger [23] avait remarqu, sans toutefois parler deque les enfants ayant une psychopathie autistique uti-expressions particulirement insolites, compte tenuscolaire, expressions qui correspondaient plutt au

    ratif spontan des enfants prscolaires.des successives ont montr que ce langage idiosyn-ait plus utilis par les enfants autistes que par ceuxroubles spcifiques du langage [24,25]. Cependant,nt autiste, les tiquettes verbales quil produit etpparence de mtaphores, pourraient driver de salaborer les indices perceptifs lis au contact ocu-ladulte, lorsque celui-ci lui apprend le nom des

    ges non conventionnels seraient donc des erreursqui pers...

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