Oeuvres complètes de Buffon V 2

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OEUYRESCOMPLETES

DE BUFFON.TOME.0

TIIKOIUE DE LA TKUKE.Italie;

marbre enles

on en

voit

dans

les

pierres dont sontil

Llis les plus anciens difices des Romains;

y en

a

dans

montagnes dn Tyrol et dans le centre de l'Italie, au sommet du mont Paterne, prs de Bologne, dans les

mmes endroitsqu'on appelledes collines delala

qui produisent cette pierre lumineusepierre de Bologne;

on en trouve dansla!a

Fouille

;

dans celles de

Calabre, en

plusieurs endroits de l'Allemagne et de

Hongrie, et

gnralement dans tous

les lieux levs

de l'Europe^.

En([u

Asie et en Afrique, les voyageurs en ont remar:

en plusieurs endroits

par exemple, suril

la

mon-

tagne de Castravan au dessus de Barut,pierre blanche,

quefort

feuille

un lit de mince comme de l'ardoise, dont chacontient un grand nombre et une grandey ails

diversit

de poissons;

sont

la

plupart fort plats et

comprims, comme est la fougre fossile; et ils sont cependant si bien conservs, qu'on y remarqueparfaitement jusqu'aux moindrestraits

des nageoires,

des cailles, et de toutes

les parties

qui distinguent

chaque es])ce de poisson. On ti-ouve de mme l)eau-' coup d'oursins de mer et de coquilles ptrifies entre Suez et le Caire, et sur toutes les collines et les hauteurs de la Barbarie; la plupart sont exactement conformes aux espces qu'on prend actuellement dans ia mer Rouge ^. Dans notre Europe on trouve des poissons ptrifis en Suisse, en Allemagne, dansla carrir(

d'Oningen

,

etc.

M. Bour^fuel, qui s'tend d'occident en orient, depuis le fond du

La

loniiue chane de montaiines, dit

Portugal jusqu'aux parties1.2.

les plus^^ooti\var^.l,

orientales deetc.el 8/|.

la

Voyez sur cela Sleaon ,Kay Voyez les Voyages de Show,

,

vol, 11,

pages 70

ART. VIII.

PRODUCTIONS DE LA MER.

2

1

Chine, celles qui s'tendent collatralement du ct du nord et du midi, les montagnes d'Afrique et d'A-

mrique qui nous sont connues, les valles et les plaines de l'Europe, renferment toutes des couches de terres et de pierres qui sont rempHes de coquillages, et de l on peut conclure pour les autres parties du

mondeLes

qui nous sont inconnues.

les

que odans

les

de l'Europe, celles de l'Asie et de l'AmriEuropens ont eu occasion de creuser, soitsoit

Jes

montagnes,

dans

les plaines, fournissent

aussi des coquilles, ce qui fait voir qu'elles ont cela

de

communEn

avec les continents qui les avoisinent^.

voil assez

pour prouver, qu'en

effet

on trouve

des coquilles de mer, des poissons ptrifis et d'autres productions marines, presque dans tous les lieux

o on

a

voulu

les

chercher, et qu'elles y sont en pro-

digieuse quantit.Il

est vrai

,

dit

ques coquilles deparles

un auteur anglois^, ^u'ilj ^ ^u quelmer disperses et l sur la terreles habitants des villes et des vil-

armes, par

lages, et

que la Loubre rapporte dans son Voyage deSiaiij que les singes au cap de Bonne-Esprance s'amusent contirmellement transporter des coquilles du rivage de la mer au dessus des montagnes; mais cela ne peut pas rsoudre la question pourquoi ces coquilles sont disperses

dans tous

les climats

de

la terre,

et jusque dans

l'intrieur des plus hauteslit,

montagnes,dans

ole

elles sont

poses par

comme

elles le sont

fond de

la

mer.

En lisant une lettre italienne sur les changements ar1.

Voyez

Lettres philosophiques sur la formation des sels^

P^ge 2o5.

2.

Taucred. Robinson.liLFFOiN.II.

2

^12

THEORIE DE EA TERRE.imprime Paris cette

rivs au globe terrestre,

anneles

(174^)'parla

i^'

ni'attendois y trouveril

ce

fait

rapport

Loubre;

s'accorde parfaitement avecles

ides de l'auteur

:

poissons ptrifis ne sont, la lable

son avis, que des poissons rares, rejets de

des Romains parce qu'ils n'toient pas frais; et

l'-

gard des coquilles

,

ce sontle

qui ont rapport, dans

dit-il les plerins de Syrie temps des croisades, celles, ,

des mers du Levant qu'on trouve actuellement ptrifies

en France, en

Italie, et

dans

les autres tats

de

la

chrtient.les singes

Pourquoi

n'a-t-il

pas ajout que ce sont

qui ont transport les coquilles au

sommetles

des hautes montagnes et dans tous les lieux o

hommes ne penvent

habiter? cela n'et rien gt et

et rendu son explication encore plus vraisemblable.

Comment sese

peut-il

que des personnes claires et quide philosophie, aient encore des

piquent

mmej'ai critles

ides fausses sur ce sujet ^? ISous nous contenteronst.

Sur ce quedit

,

au sujet de

la lettre italienne

,

dans laquelle

il est

que

ce sont

plerins et autres qui,les

dans

le

temps des croile

sades, ont rapport de Syriede la terre en France, etc.,

coquiHes que nous trouvons dans

sein

ou a pu trouver, comme je le trouve moimme, que je n'ai pas trait M. de Voltaire assez srieusement j'avoue que jaurois mieux fait de laisser tomber cette opinion que dt; la;

relever par

une

plaisanterie, d'autant

que ce

n'est pascrits.,

mon

ton, et

queest

c'est

peut-tre la seule qui soit dans,

mes

M. de Voltairemritele

un homme qui

par

la

supriorit de ses talents

les

plus

grands gards.

On

m'apporta cette lettre italienne dans

temps;

mmeje

que

je corrigeois la feuille

de,

mon

livre

o

il

en

est

question

ne

lus cette lettre qu'en partie

imaginant que

c'toit

louvrage de quelque

rudit d'Italie,suivi

qui,

d'aprs ses connoissances historiques, n'avoit

que son prjug, sans consulter la nature; et ce ne fut qu'aprs l'impression dmon volume sur la Thorie de la terre, qu'on m'assuraquela lettre toit

de M. de Voltaire:

:

j'eus regret alors

sions. Voil la vrit

je

la

dclare autant pour M. de Voltaire

mes expresque

,

ART. VIII.

PRODUCriOiNS DE LA MER.les endroits

2.)

donc

d'avoir dit qu'on trouve des coquilles ptrifies

dans presque touspour moi-inmclaisser

de

la terre

o

l'on a

etla

pour

la postrit,

laquelle

je

ne voudrois pas

douter de,

haute estime que

j'ai

toujours eue pour un

homme

aussi rare

et

qui

fait

tant d'honneur son sicle.fait

L'autorit de

M. de Voltaire ayant

impression sur quelques pervrifier par

sonnes

,

il

s'en est trouv qui ont

voulu

eux-mmes,

si les

objections contre les coquilles avoient quelque fondement

et je crois

devoir donner

ici l'extrail

d'un mmoire qui m'a t envoy, et qui

me

parot n'avoir t fait que dans cette vue.

En parcourant

diffrentes provinces

du royaumeet

et

mme

d'Italie,

j'ai

vu, dit le P. Ghabenat, des pierres figures de toutes paris, etsi

dans certains endroits en

grande quantit

arranges de faonla terre n'aient

qu'on ne peut s'empcher de croire que ces parties det autrefois leetlit

de

la

mer.

J'ai

vu des coquillages de toute espceai

qui sont parfaitement semblables leurs analogues vivants. J'enla

vu deparu

mme

figure et de la

mme

grandeur

:

cette observation

m'a

suffisante

pourmais

me

persuader que tous ces individus loient deloient de la

diffrents ges,

qu'ils

mme

espce. J'ai

vu des

cornes

d'ammonJ'ai

depuis

un demi-pouce

jusqu' prs de trois pieds de

diamtre.

et des univalves galement.

vu des ptoncles de toutes grandeurs, d'autres bivalves J'ai vu outre cela des blemnites, destoutes ces pierres figures nous prou-

champignons de mer, etc. La forme et la quantit de

vent presque invinciblement cpielles toieut autrefois des animaux qui vivoient dans la mer. La coquille surtout dont elles sont couvertes,

semble ne

laisser,

aucun doute, parce que, dans

certaines,

elle,

se trouve aussi luisante

aussi frache;, et aussi naturelle

que dans

les

vivants:

si

elle loit

spare

du no3au, on ne

croiroit