Prise en charge et prvention du paludisme d’importation ... Prise en charge et prvention du paludisme d’importation Mise jour 2017 des RPC 2007 Organisation : Groupe recommandations de la Socit de ...

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    Prise en charge et prvention du paludisme dimportation

    Misejour2017desRPC2007

    Organisation : Groupe recommandations de la Socit de Pathologie Infectieuse

    de Langue Franaise (SPILF)

    Avec la participation :

    Collge des Universitaires de Maladies Infectieuses et Tropicales (CMIT)

    Socit Franaise de Parasitologie (SFP)

    Socit de Mdecine des Voyages (SMV)

    Socit de Pathologie Exotique (SPE)

    Socit Franaise de Pdiatrie (SFP) (Groupe de Pdiatrie Tropicale)

    Socit de Ranimation de Langue Franaise (SRLF)

  • 2

    Comit dorganisation :

    O. Bouchaud (Service des Maladies infectieuses et Tropicales, Universit Paris 13),

    F. Bruneel (Ranimation Mdico-Chirurgicale, CH de Versailles, Hpital Mignot, Le Chesnay),

    E. Caumes (Service de Maladies Infectieuses et Tropicales, CHU Piti-Salptrire, Paris), S. Houz

    (Service de Parasitologie, Centre National de Rfrence du Paludisme, CHU Bichat, APHP, UMR

    216, Mre et enfant face aux infections tropicales, Universit Paris Descartes, Paris), P. Imbert

    (Centre de vaccinations internationales, Hpital dinstruction des armes Bgin, Saint-Mand), B.

    Pradines (Unit Parasitologie et Entomologie, Institut de recherche biomdicale des armes,

    UMR7278, Aix-Marseille universit et Centre national de rfrence du paludisme, Marseille), C.

    Rapp (CMETE Paris, Service des Maladies infectieuses et Tropicales, Hpital Bgin, Saint-Mand),

    C. Strady (Groupe Recommandations SPILF - Cabinet d' Infectiologie , Groupe Courlancy, Reims)

    .

    Groupe de travail n1 : Quelles sont les tendances pidmiologiques mondiales et

    nationales (coordination : B. Pradines)

    Rdacteurs : M. Cot (unit Mre et enfant face aux infections tropicales, UMR2016, Institut de

    recherche pour le dveloppement, Paris), L. Musset (Laboratoire de Parasitologie, Institut Pasteur

    de la Guyane et Centre national de rfrence du paludisme, Cayenne), , F. Simard (unit Maladies

    infectieuses et vecteurs : cologie, gntique, volution et contrle, Institut de recherche pour le

    dveloppement, Montpellier), M. Thellier (Service de Parasitologie-Mycologie, Hpital Piti-

    Salptrire, Centre dimmunologie et des maladies infectieuses, Universit Pierre et Marie Curie et

    Centre national de rfrence du paludisme, Paris)

    Relecteurs : Grard Duvallet (Centre dcologie fonctionnelle et volutive, UMR5175,

    Montpellier), Rmy Michel (Centre dpidmiologie et sant publique des armes, Marseille)

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    Groupe de travail n 2 : Diagnostic biologique (coordination : S. Houz)

    Rdacteurs : A. Berry (Service de Parasitologie-Mycologie, CHU Purpan, Toulouse), O. Fenneteau

    (Service dHmatologie Biologique, CHU Robert Debr, APHP, Paris), P. Gillet (Department of

    Clinical Sciences, Institute of Tropical Medicine, Anvers, Belgique).

    Bibliographes : C. Aug (Centre National de Rffence du Paludisme, Hpital Bichat, APHP,

    UMR 216, Mre et enfant face aux infections tropicales, Institut de recherche pour le

    dveloppement, Paris), M. Le Bouar (Service de Parasitologie-Mycologie, CHU Purpan, Toulouse).

    Relecteurs : E. Candolfi (Laboratoire de Parasitologie, Institut de Parasitologie et de Pathologie

    Tropicale, CHU Hpitaux Civils de Strasbourg, Strasbourg), N. Godineau (Service de

    Parasitologie, CH Delafontaine, Saint-Denis).

    Groupe de travail n3 : Modalits de prise en charge dune forme non

    complique de paludisme dimportation (adulte/enfant) (coordination : E.

    Caumes, P. Imbert et C. Rapp)

    Rdacteurs : JF. Faucher (Service des Maladies Infectieuses et Tropicales, Limoges, France), E.

    Bottieau (Institute of Tropical Medicine, Anvers, Belgique), N. de Suremain (Urgences

    pdiatriques, Hpital denfants A. Trousseau, Paris), F. Mechai (Service des Maladies Infectieuses

    et Tropicales, Hpital Avicenne, Bobigny, France), P. Minodier, (Urgence enfants, Hpital Nord,

    Marseille, France).

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    Bibliographes : L. Epelboin (Service des Maladies Infectieuses et Tropicales, Cayenne, France), C.

    Leblanc, (Pdiatrie Gnrale et Maladies Infectieuses, CHU Robert Debr, Paris) C. Vasse (Service

    d'Accueil des Urgences pdiatriques, CHU Robert Debr, Paris).

    Relecteurs : A. Faye (Pdiatrie Gnrale et Maladies Infectieuses, hpital Robert Debr, Paris,

    France), B. Quinet (Service de pdiatrie gnrale, Hpital denfants A. Trousseau, Paris), D. Malvy,

    (Service des Maladies Infectieuses et Tropicales, Bordeaux, France) S. Matheron (Service des

    Maladies Infectieuses et Tropicales, hpital Bichat, Paris, France), JY. Siriez, (Service d'Accueil

    des Urgences pdiatriques, Hpital Robert Debr, Paris, France).

    Groupe de travail n4 : Modalits de prise en charge dune forme grave de

    paludisme dimportation (adulte/enfant) (coordination : F. Bruneel)

    Rdacteurs : P. Corne (Ranimation Mdicale, CHU de Montpellier), S. Jaurguiberry (Maladies

    Infectieuses et Tropicales, CHU Piti-Salptrire, Paris), V. Laurent (Ranimation Mdico-

    Chirurgicale, CH de Versailles, Hpital Mignot, Le Chesnay), B. Mourvillier (Ranimation

    Mdicale et Infectieuse, CHU Bichat Claude Bernard, Paris), J. Naudin (Ranimation Pdiatrique,

    CHU Robert Debr, Paris).

    Bibliographes : JF. Llitjos (Ranimation Mdicale, CHU Cochin, Paris), A. Raffetin (Mdecine

    Interne, Maladies Infectieuses et Tropicales, CHI Villeneuve Saint Georges).

    Relecteurs : L. Argaud, (Ranimation Mdicale, CHU Edouard Herriot, Lyon), M. Wolff

    (Ranimation Mdicale et Infectieuse, CHU Bichat Claude Bernard, Paris)

  • 5

    Groupe de travail n5 : Comment prvenir le paludisme dimportation ?

    (coordination : O. Bouchaud et C. Strady)

    Rdacteurs : PH Consigny (centre mdical de lInstitut Pasteur, Paris), P. Gautret (URMITE, Aix

    Marseille Universit, UMR63, CNRS 7278, IRD 198, INSERM 1095, IHU - Mditerrane

    Infection, Marseille), L. de Gentile (Laboratoire de Parasitologie-Mycologie, CHU dAngers), E.

    dOrtenzio, (Inserm, IAME, UMR 1137, Service de Maladies Infectieuses et Tropicales, AP-HP,

    Hpital Bichat-Claude Bernard, , Paris), F. Sorge, (service de pdiatrie, Hpital Necker, CHU Paris

    5).

    Bibliographes : S. Delaigue (service de maladies infectieuses et tropicales, CHU de Cayenne), I.

    Signolet, (Laboratoire de Pharmacologie-Toxicologie, pharmacovigilance CHU dAngers).

    Relecteurs : Z. Bisoffi (Centre for Tropical Diseases, Negrar Verona, Italie), D. Tessier (Clinique

    Sant Voyage, Montral, Canada)

  • 6

    Question 1 : Quelles sont les tendances pidmiologiques mondiales et

    nationales ?

    Points forts

    3,2 milliards de personnes exposes au niveau mondial,

    2015 : transmission dans 91 pays ou territoires, 212 millions de cas et 429 000

    dcs au niveau mondial,

    2000-2015 : diminution de lincidence mondiale (-41%) et des dcs (-62%),

    Emergence danophles rsistants aux insecticides,

    Emergence de parasites rsistants aux antipaludiques, mme aux derniers mis sur

    le march comme les associations base dartmisinine,

    2011-2015 : augmentation du nombre de paludisme dimportation et des formes

    graves sur le territoire mtropolitain (2000 : 6,4% - 2015 : 12,4%),

    95% du paludisme dimportation mtropolitain en provenance dAfrique

    subsaharienne, essentiellement Plasmodium falciparum (85%),

    Ile de Mayotte : paludisme en phase dlimination en 2015 (moins de 15 cas par

    an),

    Guyane : moins de 500 cas par an (-85% depuis 2003) mais prvalence

    importante dans certaines rgions minires (jusqu 46%).

  • 7

    Question 2 : Diagnostic biologique

    Points forts

    Le diagnostic du paludisme dimportation devrait associer une technique sensible (goutte

    paisse, QBC ou technique de biologie molculaire rponse rapide) un frottis mince

    (valuation de la parasitmie et identification des espces) afin de rendre un diagnostic dans

    les deux heures.

    En pratique, lassociation dun frottis mince et dun TDR (test de diagnostic rapide) est une

    alternative quand cet algorithme ne peut tre mis en uvre.

    Le TDR doit imprativement dtecter lantigne HRP2 pour le diagnostic spcifique du

    paludisme P. falciparum

    Lassociation frottis mince et TDR na cependant pas une sensibilit optimale et en cas de

    premier rsultat ngatif ou douteux, il est ncessaire de ritrer le diagnostic 12h 24h plus

    tard. Un contrle par PCR peut galement tre ralis dans une structure de rfrence

    (pauci-infection, identification despce ou recherche dassociation despces).

  • 8

    Goutte paisse ou QBC ou Frottis/Goutte paisse ou

    Technique de biologie molculaire rapide

    Frottis positif et TDR ngatif

    Absence de Plasmodium

    Diagnostic de paludisme rfut sur ce prlvement, ritrer 12h 24h plus tard

    si un doute persiste sur ltiologie palustre des

    symptmes

    Positive

    Dtermination de lespce et de la

    parasitmie (frottis mince ou

    GE si faible parasitmie)

    Infection Plasmodium A prendre en charge selon

    recommandations

    Frottis sanguin et

    TDR

    Non applicable

    Ngative

    Frottis ngatif et TDR ngatif

    Transfert un centre expert ou

    de rfrence

    Dlaisderendu2heures

    Frottis positif et TDR positif

    Frottis ngatif et TDR positif

    Logigramme du diagnostic biologique du paludisme

    Discordance (BM positive

    Frottis/GE ngatifs)

    Transfert un centre expert ou

    de rfrence

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    Question 3 : Modalits de prise en charge dune forme non complique de paludisme dimportation (adulte/enfant)

    Points forts :

    En labsence de spcificit des manifestations cliniques, le diagnostic de paludisme doit tre

    voqu devant toute fivre ou histoire de fivre, isole ou associe des symptmes

    gnraux, digestifs, respiratoires, aprs un sjour en zone dendmie, mme en cas de prise

    de chimioprophylaxie.

    La prise en charge ambulatoire dun paludisme non compliqu P. falciparum est possible

    sous rserve de critres cliniques et biologiques prcis et de la possibilit dun suivi mdical.

    Chez le jeune enfant et les autres personnes risque de complication (ge avanc,

    comorbidits, grossesse, splnectomie ), une hospitalisation initiale est recommande.

    Le paludisme non compliqu P. falciparum de ladulte doit tre trait en premire

    intention par une combinaison base de drivs de lartmisinine (ACT). Latovaquone -

    proguanil est une alternative en cas dindisponibilit, dintolrance, de contre-indication,

    dinteraction avec un traitement concomitant ou en cas dchec dun traitement par ACT.

    Le paludisme non compliqu P. falciparum de lenfant doit tre trait en premire

    intention par une combinaison base de drivs de lartmisinine (ACT). Latovaquone -

    proguanil et la mfloquine sont des mdicaments de seconde intention.

    Chez la femme enceinte, le paludisme non compliqu P. falciparum justifie une

    hospitalisation et peut tre trait par la quinine ou latovaquone-proguanil lors du 1er

    trimestre. A partir du 2me trimestre, lartmether-lumfantrine doit tre privilgi.

    Le traitement du paludisme non compliqu P. non falciparum (P. vivax, P. ovale, P.

    malariae, P. knowlesi) repose sur la chloroquine ou un ACT. Ce dernier sera prfr en cas

    dinfection mixte ou de paludisme P. vivax survenant au retour dune zone de rsistance

    la chloroquine.

  • 10

    La prvention des accs de reviviscence P. vivax et P. ovale repose sur lradication des

    formes quiescentes hpatiques par la primaquine, disponible en autorisation temporaire

    dutilisation (ATU) partir de lge de 6 mois et aprs limination dune contre-indication

    (dficit en glucose 6 phosphate deshydrognase (G6PD), grossesse, allaitement).

    Figure 1. Conduite tenir devant un paludisme dimportation chez ladulte

    ACT : Combinaison base de drivs de lartmisinine

    A/PQ : Artnimol-Pipraquine

    A/L : Artmther-Lumfantrine

    Avis du ranimateur pour Hospitalisation en urgence en : Ranimation Unit de surveillance continue Units spcialises

    Traitement par artsunate IV : Au moins 3 premires doses

    Recherche de signes de gravit

    Suivi avec frottis - goutte paisse J3, J7, J28 NFS J7, J14,J21 et J28 si accs grave

    - Troubles de la conscience, convulsions - choc, dfaillance respiratoire - Syndrome hmorragique - Ictre ou bilirubine totale > 50 mol/L - Hmoglobine < 7 g/dL - Cratininmie > 265 mol/L - Glycmie < 2,2mmol/L - Parasitmie > 4 % - Hyperlactatmie, acidose mtabolique

    OUI

    NON

    - Diagnostic parasitologique fiable, absence dchec dun premier traitement - Absence de facteur de risque de mauvaise observance - Absence de facteur de risque associ (isolement, grossesse, splnectomie,

    immunodpression) - Mise disposition de lantipaludique (pharmacie hospitalire ou service) - Proximit dun hpital, n de tlphone fourni - Suivi possible J3 et J7 - Plaquettes > 50.000/mm3, hmoglobine > 10 g/dL, cratininmie < 150 mol/L - Parasitmie < 2 %

    Si tous les critres sont vrifis Traitement ambulatoire possible En 1 re intention ACT (A/PQ ou A/L) Atovaquone-proguanil Quinine (3 me intention)

    Si 1 seul critre pas vrifi Hospitalisation ACT (A/PQ ou A/L) Atovaquone-proguanil Quinine (3 me intention)

    Vomissements ? OUi Hospitalisation en urgence Quinine IV

    NON

    Prise en charge en ambulatoire ?

    Ds lamlioration

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    Tableau 1. Principaux antipaludiques utilisables chez ladulte pour le traitement du paludisme non compliqu dimportation Plasmodium. falciparum avec critres de choix

    *ilestncessairederaliserunlectrocardiogramme(ECG)pourlimineruntroubledeconductionavant linstaurationdutraitement.

    **lasurvenueduncinchonismeetnotammentdacouphnesnestpasunsignedesurdosagemaisunsigne dimprgnationparquinine:ellenedoitpasentrainerunerductiondeposologie.

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    Figure 2 : Conduite tenir devant un paludisme dimportation chez lenfant

    Recherchedesignesdegravit

    -Troublesdelaconscience,convulsions,prostra4on

    -Dtresserespiratoireouoedmepulmonaire

    -Dfaillancecirculatoireouchoc

    -Syndromehmorragique

    -Ictreoubilirubinmietotale>50mol/L

    -Hypoglycmie(

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